défense
nom, féminin, /dɛfɑ̃sə/ ou /defɑ̃sə/
Définitions
Action de protéger quelqu'un ou quelque chose contre une attaque ou un danger.
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Ensemble des arguments et des moyens employés pour répondre à une accusation en justice.
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Longue dent saillante de certains animaux, comme l'éléphant ou le sanglier.
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Interdiction formelle de faire quelque chose.
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Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (8 sens) — Académie 1935 (12 sens)
Littré (1873)
s. f.
Action de défendre quelqu'un ou quelque chose ou de se défendre. Sa défense contre ceux qui l'assaillaient donna le temps de venir à son secours. Se mettre en défense, se mettre en état de se défendre. Être en défense, être en état de se défendre. Menacé, il se mit en défense. Être hors de défense, n'être plus en état de se défendre. Embrasser la défense de, se déclarer le défenseur de. Lisez. Terme de manége. Action d'un cheval qui se défend. Terme de blason. Un hérisson roulé est un hérisson en défense. Terme d'eaux et forêts. Ce bois est en défense, il est assez crû pour qu'on puisse sans dommage y laisser aller les bestiaux.
Jamais on n'a fait la guerre avec une force plus inévitable, puisqu'en méprisant les saisons, il a ôté jusqu'à la défense à ses ennemis — Bossuet (1627-1704)
J'aime un amour facile et de peu de défense — Mathurin Régnier (1573-1613)
Ce qui sert à la défense. Longue dent qui sort de la bouche de quelques animaux, et qui leur sert de moyen de défense ou d'attaque. Les défenses d'un sanglier, d'un éléphant. Ce vieux sanglier n'a plus qu'une défense. Corde à laquelle le couvreur s'attache pour travailler sur un toit dangereux. S. f. plur. Terme d'histoire naturelle. Ensemble des moyens de se protéger dont sont pourvus les végétaux ou les animaux. Moyens employés pour protéger les jeunes plants contre tout ce qui pourrait les blesser, ou leur nuire de quelque façon. Terme de marine. Bouts de mâts et câbles qu'on laisse pendre au côté des vaisseaux, pour empêcher qu'ils ne se touchent lorsqu'ils sont trop près l'un de l'autre ; et longues perches qui servent à repousser les brûlots dans un combat.
Rome sans défense du côté de ses empereurs — Bossuet (1627-1704)
Sans gardes, sans défense, il marche à cette fête — Jean Racine (1639-1699)
Action de défendre une place. Ce général a fait une belle défense. Fig. et familièrement. Faire une belle défense, résister longtemps à des propositions tentantes, à des sollicitations pressantes. Place en état de défense, place bien fortifiée. Cette place est de défense, elle peut soutenir un siége. S. f. pl. Nom donné à tous les ouvrages d'une place de guerre, qui servent à couvrir ou à défendre les postes. Ruiner les défenses d'une place.
Il brûle ses faubourgs pour faire une belle défense — Antoine Hamilton (1646-1720)
Les impériaux ne pourront jamais oublier cette vigoureuse défense de Mézières contre eux — Fénelon (1651-1715)
Ensemble des moyens par lesquels on repousse une accusation ou une demande en justice. Au plur. Terme de procédure. Ce qu'on répond, par écrit et par ministère d'avoué, à la demande de sa partie. Faire signifier ses défenses. Défenses est quelquefois synonyme de conclusion. Au sing. Exposition et développement des moyens qu'une partie emploie pour appuyer sa cause. La défense est présentée par un avocat. La situation de celui qui se défend ou qui défend un autre. On oppose la défense à l'accusation.
Donner ses défenses — Olivier Patru (1604-1681)
Sa défense de M. de Portes est digne de Démosthène — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Par extension, justification, excuse.
Et l'État défendu me parle en ta défense — Pierre Corneille (1606-1684)
Contre ces charges, prince, avez-vous des défenses ? — Rotrou (1609-1650)
Injonction de ne pas faire une chose. Jugement, arrêt de défense, de défenses, ou, simplement, défenses, jugement qui défend de passer outre à l'exécution de quelque chose. Faire signifier des défenses.
Avec défense de plus enseigner une telle doctrine — Pascal (1623-1662)
Les défenses que Dieu a faites de l'homicide — Pascal (1623-1662)
Latte croisée que l'on suspend avec une corde à une maison, pour avertir les passants qu'il ne faut pas passer auprès, de peur de recevoir quelque débris qui tombe.
Terme de vénerie. Rangée d'hommes pour empêcher les loups de passer, et les forcer de se précipiter dans les filets.
Étymologie : Provenç. et espagn. defensa ; ital. aifensa ; du latin defensa, du supin defensum, de defendere, défendre. On trouve, en outre, dans les anciens textes, defension et defendement.
Historique : XIe s. Defense de plaid XIIIe s. Se vus plest, à vus parlerai, Jà defense ne garderai Se nous lessons nos deffenses que l'en nous a baillées à garder, nous sommes honnis Les Sarrazins se ferirent en la ville, là où il ne trouverent nulle deffense ; car elle n'estoit pas toute close Et quant sa gent virent que le roy metoit deffense en li, il pristrent cuer XVe s. Ces chevaliers et leurs gens estoient tous rangés devant la porte et montroient bonne defense Il fit assaillir ceux qui defendoient, et traire si ouniement [sans interruption] que à peine n'osoit nul apparoir aux defenses pour la defe…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Action de défendre, de se défendre. Prendre les armes pour la défense de son pays, de la religion. S’armer pour la commune défense, pour sa propre défense. être dans le cas de légitime défense.
Se mettre en défense, en état de défense, Se mettre en état de se défendre.
Il se dit particulièrement, en termes de Guerre, de l’Action ou de la Manière de défendre une place, un poste, etc., de s’y défendre. La défense de cette place lui fut confiée. Traité de l’attaque et de la défense des places fortes. Ligne de défense.
Fig. et fam., Faire une belle défense, Résister longtemps à quelque proposition, à quelque sollicitation, etc.
Au pluriel, il se dit de Ce qui sert à garantir, à couvrir une place. Démolir les défenses d’une place.
Fam., Il n’est pas de défense ou Il n’a pas de défense, Il ne sait pas se défendre contre les railleurs, la malveillance, la séduction.
En termes d’Eaux et Forêts, Ce bois est en défense, Il est en tel état de force qu’on n’a plus besoin d’empêcher les bestiaux d’y aller.
Il se dit spécialement de l’Action de défendre quelqu’un contre une accusation soit en justice, soit dans les rapports sociaux. La défense de sa cause. Prendre la défense de l’accusé. Il fut chargé de la défense de cet accusé. Qu’avez- vous à dire pour votre défense? On ne voulut point écouter ma défense.
Il signifie, en termes de Procédure, Ce qu’on répond, par écrit et par ministère d’avoué, à la demande de sa partie. Donner, fournir, faire signifier ses défenses.
Il se dit en outre de Chacune des deux longues dents, canines ou incisives, qui sortent de la bouche de certains quadrupèdes et dont ils se servent pour se défendre. Les défenses du sanglier, de l’éléphant.
Il signifie encore Prohibition, interdiction. On lui a fait défense de récidiver. Défense expresse de passer en tel endroit, de toucher à telle chose.
Spécialement, en termes de Procédure, Jugement, arrêt de défense, de défenses, ou simplement Défenses, Jugement qui défend de procéder, de passer outre à l’exécution de quelque chose. Obtenir des défenses. Faire lever des défenses.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- défenses — pluriel — /defɑ̃sə/ ou /dɛfɑ̃sə/
- défense — singulier — /defɑ̃sə/ ou /dɛfɑ̃sə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée défense#22645.