déconfiture
nom, féminin, /dɛkɔ̃fityʁə/ ou /dekɔ̃fityʁə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (2 sens)
Littré (1873)
s. f.
Défaite entière, complète. Une grande, une sanglante déconfiture. Faire déconfiture de, détruire, exterminer. Les chasseurs firent une grande déconfiture de gibier. Fig. et familièrement, grande consommation. Il y avait à ce repas force pâtés excellents et force viande ; on en fit une grande déconfiture.
À propos de guerre, que pense votre majesté de notre déconfiture aux Antilles [défaite de l'amiral de Grasse] ? — D'Alembert (1717-1783)
Un chat.... Faisait de rats telle déconfiture Que l'on n'en voyait presque plus — La Fontaine (1621-1695)
Ruine, insolvabilité d'un débiteur. Sa déconfiture est complète. Terme de droit. État du débiteur non commerçant dans l'impossibilité de payer ses dettes. Tomber en déconfiture. Par extension, ruine d'une affaire.
Le libraire Panckoucke, qui voit toujours ses cent mille écus en l'air par la déconfiture de l'Encyclopédie, se propose d'aller incessamment vous rendre ses hommages — D'Alembert (1717-1783)
Délabrement, mauvaise condition.
Quand il aperçut Palinure En très grande déconfiture — Scarron (1610-1660)
Étymologie : Déconfire ; provenç. descofitura ; anc. ital. sconfittura.
Historique : XIIe s. De vostre gent est grans la desconfie Toute la gens del païs s'aseüre Por la grant guere dont il sont en ardure ; Et li rois tient à grant desconfiture Qu'en la cité li ont fait tel laidure XIIIe s. Ensi s'en alerent après la desconfiture, le jeudi de Pasques au soir Ne doit mourir qui de tout pris se rent [qui, pris, se rend sans réserve] ; Non voir, par droit ; mais tele est m'aventure, Pour loiauté [je] sui à desconfiture Pour conforter ma cruel aventure Qui m'est tournée à grant desconfiture Ceste desconfiture fut faite en l'an de l'incarnation MCC et XIII XIVe s. Si encontrerent à…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Entière défaite. La déconfiture des troupes. Il est vieux dans ce sens.
Il se dit, figurément et familièrement, de la Ruine entière d’un négociant, d’un banquier, etc. Tomber en déconfiture.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- déconfitures — pluriel — /dekɔ̃fityʁə/ ou /dɛkɔ̃fityʁə/
- déconfiture — singulier — /dekɔ̃fityʁə/ ou /dɛkɔ̃fityʁə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée déconfiture#22415.