déclamation

déclamation

nom, féminin, /dɛklamasjɔ̃/ ou /deklamasjɔ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. L'art de la prononciation dans les discours publics, avec les accompagnements de la contenance et des gestes. (Cette assertion de Rollin repose sur une erreur ; il ne paraît pas que les anciens aient pu jamais noter les paroles comme nous notons un récitatif). L'art de la déclamation. Il a du talent pour la déclamation.

    La déclamation des acteurs sur le théâtre [chez les anciens] était composée et écrite en notes qui déterminaient le ton qu'il fallait prendre, — Rollin (1661-1741)

  2. Chez les Romains, exercice qu'on faisait faire aux jeunes gens, pour les disposer à l'éloquence du barreau. Dans l'ancienne université, composition dont le régent était auteur et qu'il faisait réciter, à un certain jour, à ses écoliers en présence des camarades et des parents.

    Déclamation est un mot connu dans Horace et encore plus dans Juvénal ; il ne le fut point à Rome avant Cicéron et Calvus ; on appelait ainsi des compositions par lesquelles on s'exerçait à l'éloquence — Rollin (1661-1741)

    Le grand Pompée s'appliqua très sérieusement à la déclamation peu avant les guerres civiles, pour se mettre en état de répondre à Curion — Rollin (1661-1741)

  3. Emploi vicieux d'expressions et de phrases pompeuses. Tomber dans la déclamation. Discours, écrit plein de recherche et d'affectation et vide de choses. Ce discours n'est qu'une ennuyeuse déclamation. Discours injurieux, violent. Son plaidoyer ne contient que des déclamations contre sa partie. Les déclamations de la place publique.

    Vous trouverez, à la fin de l'article Goût, des réflexions sur l'application de l'esprit philosophique aux matières de goût, où j'ai tâché de mettre de la vérité sans déclamation ; car je déteste la déclamation — D'Alembert (1717-1783)

    Il faudrait remplir l'action [d'une tragédie] d'une infinité de déclamations où l'on ferait dire aux acteurs tout le contraire de ce qu'ils devraient dire — Jean Racine (1639-1699)

  4. Terme de musique. Art de rendre, par les inflexions de la voix et le nombre de la mélodie, l'accent grammatical et l'accent oratoire convenables aux paroles.

Étymologie : Lat. declamatio, de declamare, déclamer.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Pièce d’éloquence que les rhéteurs de l’Antiquité composaient pour s’exercer. Les déclamations de Sénèque le père, de Quintilien.

  2. Il signifie aujourd’hui Action, manière, art de déclamer. Déclamation oratoire. Déclamation théâtrale. Professeur de déclamation. La déclamation est une des parties de l’art oratoire. Avoir une mauvaise déclamation, une déclamation froide, fausse, outrée.

  3. Il se dit, par extension, de l’Emploi d’expressions et de phrases pompeuses dans un sujet, dans un ouvrage qui ne le comporte pas, ainsi que d’un Discours, d’un écrit où l’on remarque ce genre d’affectation. Il y a un peu de déclamation dans ce discours, dans cet ouvrage. Une déclamation de collège. C’est une assez plate déclamation. Son plaidoyer, son factum ne contient aucune raison solide, c’est une déclamation continuelle.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • déclamations — pluriel — /deklamasjɔ̃/ ou /dɛklamasjɔ̃/
  • déclamation — singulier — /deklamasjɔ̃/ ou /dɛklamasjɔ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée déclamation#22313.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.