décadence

décadence

nom, féminin, /dɛkadɑ̃sə/ ou /dekadɑ̃sə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. État de ce qui commence à choir, à tomber. Cette maison tombe en décadence. Cet emploi, au propre, est maintenant peu usité.

    Que j'aime à voir la décadence De ces vieux palais ruinés, Contre qui les ans mutinés Ont déployé leur insolence — ST-AMAND

    Les plus fermes bâtiments tombent enfin en décadence — Descartes (1596-1650)

  2. État de ce qui déchoit, au propre.

    Rimeurs en état si piteux Ne doivent rompre le silence ; Car d'un corps faible et langoureux L'esprit ressent la décadence — Chaulieu (1639-1720)

    Le soleil, comme nous, marche à sa décadence — Lamartine (1790-1869)

  3. Fig. En parlant des choses abstraites. Décadence se dit quelquefois absolument de l'abaissement des choses littéraires, intellectuelles, scientifiques. La décadence fut produite par la facilité de faire et par la paresse de bien faire, par la satiété du beau et par le goût du bizarre. Absolument. La décadence, l'époque de la littérature latine qui comprend les derniers siècles de l'empire romain. Les poëtes de la décadence.

    Toutes les institutions étaient allées en décadence — Bossuet (1627-1704)

    Depuis ce malheureux moment, tout alla visiblement en décadence, et les affaires furent sans retour — Bossuet (1627-1704)

Étymologie : Bas-lat. decadentia, qui a donné dans les temps modernes décadence, et, à l'origine de la langue, déchéance (voy. ce mot).

Historique : XVIe s. Ils ne sont pas tresbuchez du premier coup en extremité, mais sont allez en decadence par certains degrez Traittant de l'origine des royaumes, pour quelles causes ils diminuent, et qui leur apporte finale decadence et totale ruine Voylà un pas en arriere ; je reculeray d'un aultre.... si coyement qu'il me fauldra estre aveugle, avant que je sente la decadence de ma veue Je ne leur ai tesmoigné de mon affection [à des maîtresses] que ce que j'en sentois, et leur en ay representé naïfvement la decadence, la vigueur et la naissance, les accez et les remises

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Commencement de dégradation, d’abaissement. La décadence d’une ville, d’un empire. La décadence des affaires d’un état. La décadence des lettres.

  2. Il se dit spécialement des Derniers siècles de l’Empire romain. Les Romains de la décadence. Les poètes latins de la décadence.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • décadences — pluriel — /dekadɑ̃sə/ ou /dɛkadɑ̃sə/
  • décadence — singulier — /dekadɑ̃sə/ ou /dɛkadɑ̃sə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée décadence#22094.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.