débris
nom, masculin, /debʁi/ ou /dɛbʁi/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
s. m.
Reste d'une chose brisée.
Du débris d'un vieux vase, autre injure des ans — La Fontaine (1621-1695)
Tout à coup elle aperçut les débris d'un navire qui venait de faire naufrage, des bancs de rameurs mis en pièces, des rames écartées çà et là sur le sable — Fénelon (1651-1715)
Fig. Ce qui reste de ce qui a été détruit. Absolument.
Et cet asile ouvert aux illustres proscrits Réunit du sénat le précieux débris — Pierre Corneille (1606-1684)
Il règne sur le débris et sur les ruines de sa fortune — Fléchier (1632-1710)
Les restes d'une chose consommée. Les débris d'un repas, d'un pâté.
Au moment où sa bouche, Comme un gouffre profond, revomit sur sa couche Parmi des flots de sang la chair des malheureux, Effroyable débris de son festin affreux — Jacques Delille (1738-1813)
Action de briser, perte, destruction, ruine ; en ce sens il ne s'emploie qu'au singulier.
Si peu, que la moindre chose De son débris serait cause [serait cause que lui, pot de terre, serait brisé] — La Fontaine (1621-1695)
Qui de la créature embrasse les appas Trébuchera comme elle et suivra pas à pas D'un si fragile appui le débris infaillible — Pierre Corneille (1606-1684)
Poétiquement, les restes mortels de l'homme. Là reposent les débris de nos aïeux.
Ce potentat jadis si grand, si vénérable, N'est plus qu'un tronc sanglant, qu'un débris déplorable — Jacques Delille (1738-1813)
Anciennement, dommage, ce qui se casse et se brise en une maison où beaucoup de monde aborde. Quand le roi logeait quelque part, il faisait payer tant pour le débris.
Étymologie : Dé.... préfixe, et bris.
Historique : XVIe s. Le but de tant que nous sommes qui voulons avoir part au debris du roiaume, est.... Le butin fut grand, pource que, sur le debris de l'armée, plusieurs qui voioient plier leurs drapeaux....
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Reste d’une chose brisée ou en partie détruite. Un débris de vases et de meubles. Débris épars. Les débris d’un édifice qui vient de s’écrouler. Il ne put rien sauver du débris, des débris de son navire. Les débris d’un naufrage. On voyait les débris flotter çà et là. Les débris de coquillages, de végétaux que l’on trouve dans la terre.
Fig. et fam., Les débris d’un souper, les débris d’un pâté, Les restes d’un souper, d’un pâté.
Il se dit figurément de Ce qui reste d’une chose après sa ruine, sa destruction, son abolition; du Bien qui reste à quelqu’un après un grand revers de fortune; des Troupes qui restent après la défaite d’une armée, d’un corps, etc. Cette monarchie périt et plusieurs états se formèrent de ses débris. Ce qui lui reste encore n’est que le débris d’une grande fortune. Ce général fit, avec les débris de son armée, une savante retraite.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (1)
- débris — forme de base — /debʁi/ ou /dɛbʁi/
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