débit

débit

nom, masculin, /dɛbi/ ou /debi/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (8 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Vente continue qui se fait dans une boutique, dans un magasin. Il y a du débit dans cette boutique. Le débit des marchandises. Ces étoffes sont hors de mode, elles n'ont plus de débit. Fig.

    Il fait difficulté de l'imprimer parce qu'elle n'aura nul débit ici — Bossuet (1627-1704)

    Nous voulons faire un livre qui aura pour titre les peines légères et salutaires de l'amitié ; nous le ferions imprimer, sans que nous craignions de ruiner le libraire par le peu de débit ; tant il est vrai que peu de gens sont persuadés de cette vérité — Mme de Sévigné (1626-1696)

  2. Commerce en détail et en boutique des boissons, vin, bière, cidre, eau-de-vie, etc. Débit de vin. Boutique d'un débitant, lieu où l'on débite.

  3. Droit de vendre certaines marchandises monopolisées par le gouvernement. Tenir un débit de tabac, un débit de poudre.

  4. Terme de commerce. Partie d'un compte où l'on porte ce qui a été fourni à quelqu'un ou payé à quelqu'un (voy. CRÉDIT).

  5. Coupe de bois selon ses diverses destinations, par exemple en poutres, planches, échalas, etc.

  6. Action de raconter, de réciter. Manière de parler, de raconter, de réciter. Il a un débit pénible, froid. Cet orateur a une grande netteté de débit. Terme de musique. Récitation qui se modifie suivant le sens des paroles. Un débit chaleureux.

    Le récit des fausses nouvelles, les vagues réflexions sur le gouvernement présent, le débit des beaux sentiments — La Bruyère (1645-1696)

    Leurs discours ingénieux et fleuris, à l'aide d'un débit imposant, soutenaient l'attention d'une assemblée indulgente et disposée à l'approbation — ST-FOIX

  7. Terme d'hydraulique. Débit d'une fontaine, d'une conduite d'eau, de gaz, la quantité qu'elle fournit dans une certaine unité de temps.

    L'examen attentif des plis de la courbe fluviométrique fait découvrir de petits ressauts qui, correspondant à des augmentations du débit [du Rhône], indiquent sans doute l'apport des plaines durant les vicissitudes de cette phase — FOURNET

    L'auteur s'est proposé de déterminer les hauteurs d'eau et les débits qui ont lieu successivement, par suite des oscillations de la marée dans une série de profils en travers de la Loire — ID.

Étymologie : Génev. débite, vente. On le tire de debitum, chose due ; on trouve en effet debite au XIIIe s. avec ce sens, Voy. DU CANGE, debitum. Mais chose due et débit ne sont pas même chose ; il faudrait un intermédiaire. On pense le trouver dans débiter, qui, du sens de créditer, aurait passé à celui de vendre en détail ; mais à l'historique il n'a que ce dernier sens. Un doute reste donc ; alors se présente le latin deputare, débiter : vinum deputandum venale ; il mérite attention.

Historique : XVIe s. Cet article sera pour le debit de fruicts et denrées, dont le pere de famille desire tirer argent La cognoissance du bestail, sa nourriture et sa debite [vente], seront toute son estude Dont la debite est d'autant plus avilée, que moins l'on tire d'argent des choses legeres que des pesantes se vendans au poids

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Vente continue, répétée, surtout au détail. Débit de draps, de dentelles. Marchandises, étoffes de débit, de bon débit, de mauvais débit. Ce magasin a un grand débit.

  2. Débit de vins, de liqueurs, Commerce de vin, de liqueurs, au détail et en boutique.

  3. Il se dit particulièrement du Droit de vendre certaines marchandises dont le gouvernement s’est réservé le monopole. Il obtint un débit de tabac.

  4. Il désigne aussi l’Endroit où se vendent les boissons, le tabac.

  5. Il se dit, en termes d’Arts, de la Quantité d’eau que débite une source, une fontaine; du Fluide que débite un bec de gaz et aussi du Nombre de pièces que peut produire une machine, une usine dans une unité de temps.

  6. Il se dit encore de l’Exploitation du bois, selon ses diverses destinations, comme lorsqu’on le met en poutres, en merrains, en cerceaux, etc. Le débit du châtaignier en planches, en échalas, en bois à brûler.

  7. Il signifie, au figuré, Manière de s’énoncer, de réciter. Ce conférencier a le débit aisé, le débit agréable. Un débit pénible, fatigant.

  8. Il signifie, en termes de Musique, Récitation précipitée qui ressemble à la parole.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • débits — pluriel — /debi/ ou /dɛbi/
  • débit — singulier — /debi/ ou /dɛbi/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée débit#21955.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.