s. f.
Suite de sauts et de pas réglés par une cadence et habituellement dirigés par la musique. Danse basse, terme ancien, aujourd'hui remplacé par danse noble, celle où l'on ne quittait pas terre, comme la courante, et en dernier lieu le menuet, qui consistait en pas tranquilles et en belles attitudes. Elle était opposée à la danse par haut, nommée aussi baladinage, aujourd'hui danse légère, celle où l'on fait des sauts et des pirouettes, par exemple la gavotte. Manière de danser. Il a une danse noble, libre, aisée.
D'un essaim de beautés la danse enchanteresse — Casimir Delavigne (1793-1843)
La danse française, si remarquable par l'élégance et la difficulté des pas — Mme de Staël (1766-1817)
Action de plusieurs personnes qui dansent. Commencer la danse. Entrer en danse. Entrer en danse, se mettre du nombre de ceux qui dansent. Fig. et familièrement. Entrer en danse, se mettre d'une entreprise, d'une affaire, d'une guerre, etc. dont on était jusque-là simple spectateur. En danse, à l'œuvre. Commencer la danse, mener la danse, être le premier à faire ou à souffrir quelque chose de fâcheux. C'est vous qui commencerez la danse. Familièrement. Avoir l'air à la danse, être en disposition de beaucoup danser ; et fig. Être tout disposé à la circonstance, ou avoir l'air vif, éveillé. Avoir le cœur à la danse, être dispos, de bonne humeur. N'avoir pas le cœur à la danse, être triste. Fig. et populairement. Donner une danse à quelqu'un, le bien battre.
Vraiment vous n'avez garde en l'état où vous êtes De songer de festins, de danses et de fêtes — Jean Mairet (1604-1686)
Ces lâches Lydiens, nourris dans l'abondance, Parmi les jeux, l'amour, les festins et la danse — Tristan L'Hermite (1601-1655)
Air de danse. Jouer toutes sortes de danses. Terme de musique. Danse d'ours, composition dans laquelle on cherche à imiter les airs de musette.
Populairement, le lieu où l'on danse. Aller à la danse.
Danse se prend encore en d'autres sens, et pour des arts tout autres que la danse proprement dite. Danse d'expression, c'est proprement une sorte de pantomime, comme la pyrrhique des Grecs. Danse d'imitation en charge ou danse comique : c'est moins une danse qu'un jeu de physionomie ou de geste, par lequel on imite en ridicule des personnes connues ou celles qu'on vient de voir.
Leurs danses [des sauvages] sont presque toujours une image de la guerre et communément exécutées les armes à la main ; elles sont si vraies, si rapides, si terribles, qu'un Européen qui les voit pour la première fois ne peut s'empêcher de frémir — Raynal (1713-1796)
N'est-il pas singulier que, dans les premiers âges du monde et chez les sauvages, la danse soit un art d'imitation, et qu'elle ait perdu ce caractère dans les pays policés ? — Raynal (1713-1796)
Danse sur la corde : c'est une sorte de voltige ou de tours d'adresse et d'équilibre. Quelquefois aussi on y fait des jetés, des pliés, des assemblés, des entrechats et autres pas de danse. Danse sur les chevaux : c'est encore une voltige plutôt qu'une danse.
Danse macabre (voy. MACABRE).
Terme de physique. Danse des pantins, expérience pour manifester les attractions et les répulsions électriques.
Terme de médecine. Danse de St Guy, nom vulgaire de la chorée, dite aussi danse de St Witt, parce que, pour la guérir, on s'adressait à St Guy ou Witt. Après la panse vient la danse, après avoir fait bonne chère on ne songe qu'à se divertir.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).