dais
nom, masculin, /dɛ/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. m.
Ouvrage dans la forme des anciens ciels de lit et qui sert de couronnement à un autel, à un trône, etc. Poétiquement, sous le dais, sur le trône, au sein des grandeurs. Fig.
Près de lui [le légat], pour Mayenne un dais est préparé — Voltaire (1694-1778)
Elle seule [la satire], bravant l'orgueil et l'injustice, Va jusque sous le dais faire pâlir le vice — Boileau (1636-1711)
Toute espèce de voûte de verdure. Un dais de feuillage.
Amis reposons-nous sur ce siége sauvage, Sous ce dais qu'ont formé la mousse et le feuillage — Voltaire (1694-1778)
Poêle soutenu de deux ou quatre petites colonnes, sous lequel on porte le saint sacrement, surtout dans les processions, et sous lequel on reçoit les rois, les princes, lorsqu'ils font une entrée solennelle.
Estrade, lieu élevé. Haut dais, estrade où le roi et la reine étaient assis dans les assemblées publiques, soit qu'il y eût un dais, soit qu'il n'y en eût pas.
[Dans la description de la salle des machines du château des Tuileries, après le parterre] On monte ensuite sur un haut dais conservé pour les places des personnes royales et de ce qu'il y a de plus considérable à la cour
Arbrisseau du Cap. Arbrisseau de l'Inde.
Étymologie : Provenç. deis. Le sens primitif est table à manger, comme le prouvent les anciens exemples et cette phrase de Mathieu Paris : Priore prandente ad magnam mensam quam dais vocamus. Il vient donc de discus (voy. DISQUE), table à manger. Comme la place où l'on posait le dais était élevée quand il s'agissait de grands personnages, dais a pris le sens d'estrade ; enfin, l'estrade étant garnie de tentures, on en est venu au sens d'aujourd'hui.
Historique : XIIe s. Dunc fu apresté lur mangiers, Si s'i asistrent volentiers ; N'i orent tables n'autres deis Fors la vert herbe e le junc freis Quant fu la cort des chevaliers de pris, Li mangiers fu aprestez et garnis ; L'eve demandent, au mangier sont assis ; Au plus haut dois sist li rois Anseïs Et à curt esteras, et à mun deis tuz jurs mangeras Par l'uis qu'il ont trové overt, Entrent enz et voient covert Un dois [table] d'un tablier grant et lé XIIIe s. El plus haut liu del dois [il] s'asiet De princes est nés et de rois, Bien doit aseïr à haut dois Al maistre dois li escançon Ne misrent boivre s'e…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Ouvrage de bois, de tenture, etc., fait dans l’ancienne forme des ciels de lit et que l’on met à quelque hauteur, au- dessus d’un maître-autel, d’une chaire à prêcher, d’un trône, de la place où siègent, dans les occasions solennelles, certains personnages éminents, etc. Un autel surmonté d’un dais. Se placer sous un dais. Les princes, les ducs, etc., avaient le dais. Tendre un dais.
Par extension, Dais de feuillage, de verdure, Berceau de feuillage.
Il se dit aussi d’un Poêle soutenu de deux ou de quatre petits montants, sous lequel on porte le Saint Sacrement, surtout dans les processions. Porter le dais. Tenir les cordons du dais. Marcher sous un dais.
En termes d’Automobilisme, il se dit d’un Toit démontable que l’on met sur les voitures découvertes.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (1)
- dais — forme de base — /dɛ/
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