Littré (1873)
s. f.
Espèce de poignard, qui se porte dans plusieurs pays, pendu à la ceinture du côté droit. Fig. Il est fin comme une dague de plomb, se dit d'un homme qui, ayant l'esprit grossier, veut faire le fin.
Aod se fit faire une dague à deux tranchants, qui avait une garde de la longueur de la paume de la main — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
Je la vis [Cléopatre] l'autre jour aiguiser une dague — La Fontaine (1621-1695)
Terme de vénerie. Les dagues du cerf sont la première tête qu'il porte à sa seconde année, où, étant encore sans andouillers et sans chevillures, il n'a que deux petites cornes pointues. S. f. pl. Se dit quelquefois des défenses du sanglier.
Lame de fer garnie d'un manche qui sert, dans la reliure, à ratisser les peaux de veau.
Ancien terme de marine. Bout de cordage avec lequel on frappait les matelots condamnés au fouet.
Étymologie : Espagn. daga ; portug. daga et adaga ; ital. daga ; angl. dagger ; bas-bret. dag, dager ; bas-latin, daca dans la Philippide de Guillaume Breton (XIIIe siècle). D'après Diez, l'allemand Degen, épée, est un mot introduit au XVe siècle et formé de dague, dont l'origine reste douteuse. Dans le celtique vient-il du français ; ou le mot français vient-il du celtique ? La forme portugaise a-daga pourrait indiquer une origine arabe.
Historique : XIIIe s. Un de nos gendarmes gecta sa dague à un de ces Turcs XIVe s. Les cousteaulx que on porte maintenant, que on nomme dagues Et pour ce qu'il sembla au dit Touse qu'il deist ce par maniere de raffarde ou moquerie, lui dist : Je te prie, ne me baille point de dague [raillerie], j'en ai assez d'une [poignard à mon côté] Se icelle dague n'eust encontré une armiole pleine de vin XVe s. En ce temps le roi fit casser et abatre tous les francs archiers du royaulme de France, et en leur place y voult estre et demourer, pour servir en ses guerres, les Souisses et picquiers, et fit faire par tous c…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).