curé
nom, masculin · /kyʁe/
Usage : fréquent (34 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Religion. Prêtre catholique responsable de la direction spirituelle d'une paroisse.
Le curé du village célèbre la messe le dimanche.
« Ce que je trouvai de plus ferme à Paris dans la consternation, furent les curés ; ils travaillèrent dans ces sept ou huit jours-là parmi le peuple avec un zèle incroyable »Cardinal de Retz (1613-1679)
« Mon bon ami, je ne trouve rien de si beau que d'être curé ; un bon curé est un ministre de bonté, comme un bon magistrat est un ministre de justice »Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : bouffer du curé
Grammaire et formes (2)
- curés : pluriel · /kyʁe/
- curé : singulier · /kyʁe/
Témoignages historiques
Littré (1873), entrée 1 · 3 sens
s. m.
Prêtre placé à la tête d'une paroisse, et soumis dans l'exercice de ses fonctions à l'évêque du diocèse. Spécialement, en termes d'administration, le curé d'une église paroissiale, par opposition à la succursale. Dans le langage ordinaire, par politesse, on donne le nom de curé au simple succursaliste. Familièrement. C'est Gros-Jean qui remontre à son curé, se dit d'un ignorant qui prétend conseiller un plus habile que lui. Curé primitif, titre porté par certaines communautés régulières qui avaient jadis possédé des cures et qui en avaient gardé quelques droits. Monsieur le curé n'aime pas les os, que lui donnez-vous à manger ? Jeu d'enfants ou attrape fondée sur l'homophonie d'os et de la voyelle o. Il faut répondre par un mot dans le nom duquel la voyelle o n'entre pas : des navets, du veau, un canard, etc. Mais si l'on dit des carottes, des abricots, etc. on donne un gage.
On ne peut pas faire une loi qui obligeât les curés à dire la messePascal (1623-1662)
Ce que je trouvai de plus ferme à Paris dans la consternation, furent les curés ; ils travaillèrent dans ces sept ou huit jours-là parmi le peuple avec un zèle incroyableCardinal de Retz (1613-1679)
Morceau de chapeau dont le coutelier se sert pour tenir les pointes des pièces sur le polissoir.
Variété de tulipe d'un gris de lin fort pâle.
Étymologie : Bas-latin, curatus, curé, de cura, soin (voy. CURE 1) : celui qui est chargé d'un soin, du soin des âmes. Quelques-uns ont voulu le rattacher au latin curio, prêtre de la curie ; mais la forme du mot ne le permet pas.
Historique : XIIIe s. Laie gent aiment moult leur bon prestre curé Sans avoir cureur [souci], [les moines] ont l'avoir, Et li curez n'en puet avoir, S'à peine non, du pain pour vivre, Ne achater un petit livre Où il puisse dire complies XIVe s. Je més la main à vous pour che que vous devés à monsignor che prestre qui est no bons curés
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 2 sens
n. m.
Prêtre pourvu d’une cure. Curé d’une paroisse de Paris. Le curé et les paroissiens.
Fig. et fam., C’est Gros Jean qui en remontre à son curé, se dit Lorsqu’un ignorant veut donner des leçons à un homme qui en sait plus que lui.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée curé#19628.
cure
nom, féminin · /kyʁə/
Usage : d'usage courant (7.60 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Médecine. Traitement médical suivi pendant une période déterminée, destiné à guérir ou à soulager.
Elle fait une cure thermale à Vichy chaque automne.
« Cette cure coûta à M. Littre quatre mois de soins les plus assidus et les plus fatigants »Fontenelle (1657-1757)
« S'il fait cette cure, il ne sera pas mal à la cour »Mme de Sévigné (1626-1696)
Religion. Charge ecclésiastique du curé responsable d'une paroisse.
Il a été nommé à la cure d'un petit village de montagne.
« Si j'avais quelque pauvre cure de bonnes gens à desservir »Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Littéraire. Indifférence ou manque d'intérêt pour quelque chose, exprimé dans l'expression « n'avoir cure de ».
Elle n'a cure de l'opinion des autres.
« L'âne, qui goûtait fort l'autre façon d'aller, Se plaint en son patois ; le meunier n'en a cure »La Fontaine (1621-1695)
« Sa femme languit et meurt ; le mari n'en a cure, et c'est là, dit-on, ce qui l'a tuée »Paul-Louis Courier (1772-1825)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : cure de jouvence
Grammaire et formes (2)
- cures : pluriel · /kyʁə/
- cure : singulier · /kyʁə/
Témoignages historiques
Littré (1873), entrée 1 · 4 sens
s. f.
Soin, souci. Ce mot ne se dit guère qu'avec le verbe avoir et sans article. Il n'a cure de rien. On a beau prêcher à qui n'a cure de bien faire, se dit de ceux qui n'ont aucun soin de profiter des instructions qu'on leur donne. À beau parler qui n'a cure de bien faire, les belles paroles de celui qui se conduit mal ne persuadent pas.
L'âne, qui goûtait fort l'autre façon d'aller, Se plaint en son patois ; le meunier n'en a cureLa Fontaine (1621-1695)
Les Biron le sucèrent [Noyer] si parfaitement qu'il est mort sur un fumier, sans que pas un d'eux en ait eu souci ni cureSaint-Simon (1675-1755)
Terme de médecine. Traitement d'une maladie, d'une blessure, qui en produit la guérison. Il a entrepris cette cure. Cure difficile. Cure radicale, celle qui consiste à faire disparaître complétement une affection interne ou chirurgicale. Cure palliative, celle qui ne fait qu'enlever quelques-uns des symptômes d'une maladie et qui en laisse subsister le fond. Cure d'eaux minérales, cure de bains de mer, saison passée aux eaux, afin d'en faire un emploi méthodique pour un but déterminé. On dit de même : cure de petit-lait, cure de raisin, usage du petit-lait, du raisin pendant un certain temps et en grande quantité chaque jour.
Il en fit prendre soin, la cure fut complètePierre Corneille (1606-1684)
Un médecin d'importance qui fait des cures merveilleusesMolière (1622-1673)
Terme de fauconnerie. Peloton de chanvre, de coton ou de plume qu'on fait avaler à an oiseau de chasse pour dessécher son flegme. Les oiseaux se portent mieux quand ils ont rendu leur cure. Ce faucon tient sa cure. Armer les cures, les préparer pour les faire avaler Se dit aussi des excréments des oiseaux de proie.
Revêtement des moules à laiton avec de la bouse de vache.
Étymologie : Wallon, keure ; provenç. espagn. et ital. cura ; du latin cura, coira, coera, que quelques étymologistes ont essayé de ramener à une forme cov, cav, radical de cavere, avoir soin, prendre garde.
Historique : XIe s. Ce sait hom bien, n'ai cure de menace Dist Oliviers : n'ai cure de parler Qui si sont fier, n'ont cure de leur vie XIIe s. Nos bons Franzois n'ont cure de fuir J'aim et desir ce qui de moi n'a cure XIIIe s. Et Tybers et la vieille n'ont cure d'arester [de s'arrêter] Com cele qui n'avoit fors de bien faire cure Et fist souper ses chevaliers et sa gent de haute cure et donner avoine as chevaux De l'autre amor dirai la cure [guérison] Selonc la devine Escripture Ton cuer ne porras apaier, Ains iras encor essaier Se tu verras par aventure Ce dont tu ies en si grant cure XIVe s. La cure des …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Littré (1873), entrée 2 · 2 sens
s. f.
Terme du culte catholique. Anciennement bénéfice, aujourd'hui charge ecclésiastique dont le titulaire a soin de la conduite des âmes dans une certaine étendue de pays qu'on nomme une paroisse. Dans le langage ordinaire, cure signifie aussi succursale.
Si j'avais quelque pauvre cure de bonnes gens à desservirJean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Le presbytère, l'habitation du curé. Aller à la cure.
Étymologie : Voy. CURÉ ; saintongeois, chure ; wallon, keure.
Historique : XIVe s. [Le pape Jean] la cure de Ste Eglise gouvernoit, et l'avoit receue après le pape Hormisde XVe s. On ne peut desservir deux cures, Ne prendre gaiges en deux cours
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 4 sens
n. f.
Soin, souci. En ce sens, il n’est guère usité que dans l’expression N’avoir cure d’une chose.
Il signifie aussi Traitement, guérison de quelque maladie ou blessure. On le dit surtout en parlant des Affections graves ou chroniques. Cure d’eau, cure de raisin, cure d’air. J’ai fait ma cure à Aix-les-Bains.
Il signifie par extension Fonction ecclésiastique à laquelle est attachée la direction spirituelle d’une paroisse. Cure de village.
Il signifie aussi Demeure du curé, presbytère. La cure est en général dans le voisinage de l’église.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée cure#19600.