Littré (1873) — entrée 1
v. n.
Croire, penser.
Me cuidant tromper, tu voudrais faire accroire.... — Mathurin Régnier (1573-1613)
Il se plaît aux trésors qu'il cuide ravager — Mathurin Régnier (1573-1613)
Se cuider, v. réfl. Se pavaner, faire l'outrecuidant.
Quelques vieux et plats courtisans, comme Dangeau, Cavoie, regrettèrent de n'avoir plus à se cuider parmi les sots et les ignorants, dans les raisonnements et l'amusement journalier d'une cour qui s'éteignait avec le roi — Saint-Simon (1675-1755)
Étymologie : Provenç. cuidar, cuiar ; espagn. cuidar ; ital. coitare ; du latin cogitare, penser, de cum, avec, et agitare (voy. AGITER).
Historique : XIe s. Et des mellors qui al champ [de bataille] quient estre Si grand duel [deuil] a, sempres cuida morir XIIe s. Je le cuidai à mon neveu doner Bien [je] cuidai vivre sans amour Des ore en pais tout mon aé [âge, vie] Or quidout qu'il fust tels cum il l'out ainz veü XIIIe s. Cil qui onques mès ne l'avoient veüe ne cuidoient mie que si riche cité peüst avoir en tout le monde Quiconque cuide ne qui die Que soit folor ou musardie De croire que songes aviengne, Qui ce voldra, pour fol m'en tiengne XVe s. Ceste beste [l'ours] est de telle nature que ce qu'elle tient, soit homme ou beste, quant il …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).