cruche

cruche

adjectif

Grammaire et formes (1)
  • cruche — forme de base

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée cruche#130096.

cruche

nom, féminin, /kʁyʃə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Vase en poterie à large panse. Aller querir de l'eau avec une cruche.

    D'un vin pur et vermeil il fait remplir sa coupe ; Il l'avale d'un trait, et, chacun l'imitant, La cruche au large ventre est vide en un instant — Boileau (1636-1711)

    Le pilote couronné de fleurs laissait le gouvernail et tenait en sa main une grande cruche de vin qu'il avait presque vidée — Fénelon (1651-1715)

  2. Quantité de liquide contenue dans une cruche. Une cruche d'huile. Répandre une cruche d'eau.

    Joseph ne cessa de me donner à boire de grandes cruches d'eau — Chateaubriand (1768-1848)

    Une cruche de vin de Falerne se vendait cent deniers romains — Montesquieu (1689-1755)

  3. Familièrement. Personne ignorante et stupide. Vous le feriez devenir cruche, se dit à ceux qui veulent trop s'opiniâtrer ou trop tourmenter un homme.

    J'aimerais mieux cent fois être grosse pécore, Devenir cruche, chou, lanterne, loup-garou, Et que monsieur Satan vous vînt tordre le cou — Molière (1622-1673)

    Cornes cela ! vous me prenez pour cruche ! Ce sont oreilles que Dieu fit — La Fontaine (1621-1695)

Étymologie : Kymri, crwc, dont le radical est aussi dans l'allemand : anc. h. allem. cruoc, krôg ; allem. mod. Krug.

Historique : XVe s. Jehanne print sa cruye ou bouteille, pour aler à l'eaue en une fontaine Pour ce est bien dit que tant va la cruche à l'eaue que le cul y demeure XVIe s. La cruche va si souvent à la fontaine, qu'à la fin elle se rompt le col Telle terre, telle cruche Ce chien, estant en peine d'avoir l'huile qui estoit dans le fond d'une cruche où il ne pouvoit arriver de la langue, alla querir des cailloux et en meit dans cette cruche jusques à ce qu'il eust faict haulser l'huile plus prez du bord, où il la peust attaindre

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Vase de terre ou de grès, à anse, qui a ordinairement la panse large et le col étroit. Cruche pleine d’huile, pleine d’eau, ou Cruche d’huile, cruche d’eau. Mettre de l’eau, porter de l’eau dans une cruche. Cette cruche est fêlée. Casser une cruche.

  2. Prov. et fig., Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse, qu’enfin elle se brise, Quand on retombe souvent dans la même faute, on finit par s’en trouver mal ; ou, Quand on s’expose trop souvent à un péril, on finit par y succomber. Cela se dit par forme de menace ou de prédiction.

  3. CRUCHE se dit familièrement d’une Personne inintelligente.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • cruches — pluriel — /kʁyʃə/
  • cruche — singulier — /kʁyʃə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée cruche#19267.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.