croupière

croupière

nom, féminin, /kʁupjɛʁə/

Voir aussi : féminin de croupier

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Partie du harnais qui, passant par-dessous la queue du cheval, vient se rattacher à la selle par-dessus la croupe. Mettre, passer la croupière. Tailler des croupières, se dit des cavaliers qui en poursuivent d'autres l'épée dans les reins, d'assez près pour couper les croupières des chevaux. Fig. Malmener quelqu'un, lui susciter des embarras. Je m'en vais lui tailler des croupières. Hausser la croupière, se dit, dans un langage très libre, d'une femme qui a des galants.

    Je fis cinq charges en tout ; j'en fus quitte pour la croupière de mon courtaut coupée — Saint-Simon (1675-1755)

    Les ennemis pensant nous tailler des croupières Firent trois pelotons de leurs gens à cheval — Molière (1622-1673)

  2. Terme de marine. Grelin qui, attaché par un bout au câble près de l'ancre avant de la mouiller, passe de l'autre bout par l'un des sabords de l'arrière. Mouiller en croupière, jeter une ancre du côté de la poupe pour maintenir les ancres de l'avant et empêcher un vaisseau de se tourmenter.

  3. S. f. plur. Pièces qui tiennent en état le devant ou le derrière d'un train de bois.

Étymologie : Croupe ; saintong. courpière ; Berry, cropiere ; provenç. cropiera ; catal. gropera ; espagn. grupera ; ital. groppiera.

Historique : XIIIe s. Tardif, qui porte la baniere, Li a donné une cropiere XVIe s. La vieille prit le bas du mulet du moine, mit la croupiere dans son cou, le bas sur son ventre Quelqu'un d'eux qui eut l'œil à la croupiere, vid que ceux qui les devoient soustenir estoient à l'eau

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Morceau de cuir rembourré, que l’on passe sous la queue d’un cheval, d’un mulet, etc., et qui, tenant à la selle ou au bât, l’empêche d’avancer sur le garrot. Mettre une croupière à une selle. Mettre une croupière à un cheval. Serrer la croupière d’un cheval.

  2. Fig., Tailler des croupières à une troupe de gens de guerre signifiait La mettre en fuite à coups d’épée dans les reins, la poursuivre. On dit encore Tailler des croupières à quelqu’un, Lui susciter des affaires, des embarras, lui donner bien de l’ennui.

  3. En termes de Marine, il se dit, par analogie, d’une Amarre qui pend à l’arrière d’un grand bâtiment. Mouiller en croupière.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • croupières — pluriel — /kʁupjɛʁə/
  • croupière — singulier — /kʁupjɛʁə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée croupière#19239.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.