cri
nom, masculin, /kʁi/
Définitions
Son vocal aigu et puissant émis sous l'effet d'une émotion ou pour se faire entendre.
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Voix caractéristique, propre à une espèce, que pousse un animal.
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Manifestation collective et bruyante d'une opinion ou d'une protestation.
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Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens) — Académie 1935 (14 sens)
Littré (1873)
s. m.
Voix poussée avec effort, de manière à être entendue au loin ; et, par extension, d'abord les voix inarticulées que nous arrache la douleur ou une passion violente, et ensuite les voix confuses, les sons indistincts d'une multitude qui demande une chose ; enfin, par exagération, les paroles emphatiques ou trop enflées d'un orateur ou d'un poëte. N'avoir qu'un cri, ne jeter qu'un cri, crier constamment, se plaindre sans discontinuer. Ce pauvre malade n'a qu'un cri, tant la douleur est vive. Familièrement. N'avoir qu'un cri après quelqu'un, se dit de plusieurs personnes qui en désirent une autre impatiemment. Ne faire qu'un cri, pousser un seul cri. Fig. Jeter, pousser les hauts cris, se récrier, se plaindre amèrement. On dit aussi dans le même sens crier les hauts cris, faire les hauts cris.
Nous nous levons alors, et tous en même temps Poussons jusques au ciel mille cris éclatants — Pierre Corneille (1606-1684)
Un grand peuple, seigneur, dont cette cour est pleine, Par des cris redoublés demande à voir la reine — Pierre Corneille (1606-1684)
Paroles prononcées en criant et de manière à être entendues au loin. Cri de guerre. Cri de ralliement. Un cri d'alarme se fit entendre. Cris de Paris, cris des petits marchands qui offrent de vendre ou d'acheter par la ville de menues denrées, des ouvriers ambulants qui offrent de faire de menus ouvrages. Acclamation. Les cris de vive le roi ! retentissaient de tous côtés. Cri public, ce qu'on publie à son de trompe par ordre de justice. Il est défendu par cri public. Les cris de l'école, les paroles bruyantes, qui se font entendre dans les argumentations des écoles. Terme de chasse. Mots que prononcent les chasseurs quand ils parlent aux chiens pour les flatter ou les exciter à poursuivre la bête. Chasser à cor et à cri, chasser avec le cor et les chiens ; et fig. Demander à cor et à cri, demander à haute voix, d'une voix pressante. Terme de blason. Cri d'armes, cri de guerre, ou, simplement, cri, un ou plusieurs mots en forme de devise qu'on place ordinairement au cimier des armes. Comme ces mots étaient anciennement sur les bannières, c'était dans les batailles le cri de ceux qui suivaient une bannière.
J'ai vu de rang en rang cette ardeur répandue, Par des cris généreux éclater à ma vue — Jean Racine (1639-1699)
Sont autant de témoins dont le cri glorieux A déposé pour vous au tribunal des Dieux — Voltaire (1694-1778)
Gémissement, plainte, accusation. Dieu entend les cris des veuves et des orphelins.
Et mes cris éternels L'arrachèrent du sein et des bras paternels — Jean Racine (1639-1699)
Son père par vos cris dès longtemps prévenu — Jean Racine (1639-1699)
Opinion publique. Il n'y a qu'un cri contre lui. Le cri public.
La renommée se fait entendre et le cri de la louange devient général — DESFONTAINES
Quoiqu'il n'y ait qu'un cri contre ceux qui ont l'imprudence de jouer, sans s'être informés de la valeur des jetons, chacun peut impunément parler sans avoir appris la valeur des mots — Condillac (1714-1780)
Fig. Appel qui émane des choses, des sentiments. Étouffer le cri de la conscience.
Les cris du sang, sa force et ses impressions — Voltaire (1694-1778)
Allez, sacrés vengeurs de vos princes meurtris, De leur sang par sa mort faire cesser les cris — Jean Racine (1639-1699)
Voix propre à chaque animal. Le cri de la corneille annonce de la pluie.
La poule qui partage un ver à ses enfants N'a pas le même cri que la poule éperdue Dont l'horrible faucon vient de frapper la vue — Jacques Delille (1738-1813)
Un effroyable cri [d'un monstre] sorti du sein des flots Des airs en ce moment a troublé le repos — Jean Racine (1639-1699)
Bruit strident. Le cri de la scie. Poétiquement.
N'entend-on pas le qui-vive des gardes, Qui se mêle au cri des verrous ? — Béranger (1780-1857)
J'ai souvent sur ma tête Entendu les fureurs, les cris de la tempête — Ducis (1733-1816)
Le cri de l'étain, craquement que ce métal fait entendre quand on le plie.
Donner du cri à la soie, la soufrer.
Étymologie : Provenç. crit, crida ; catal. crit ; espagn. grito ; ital. grido (voy. CRIER).
Historique : XIe s. Cil Ki prendra larun sanz suite et cri Donc [ils] recomencent et le hu et le cri XIIe s. Li quens Ernouf en out de traïson grant cri [blâme], Mais onques por le blasme le chastel ne guerpi [quitta] Qu'à l'assembler [à l'attaque] ot tel noise et tel cri Grans fu la noise et li cris de la gent Devant lui vient, si lui crie à haut cri Charles li rois fist faire et son ban et son cri Que, s'en tute la terre eüst clerc si hardi, Qui à Rome apelast al lues le rei Henri, Sereient erranment tuit si chasel saisi, E il mis en prisun, cum s'il eüst mal cri Seignur, par amur Deu, nel faites pas ein…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Son aigu et perçant émis par la voix. Un cri de douleur. Cri de joie, d’allégresse. Cri d’horreur. Cri perçant. Jeter un cri. Pousser un grand cri. Les cris, les lamentations des femmes. Il fit un cri que nous entendîmes de très loin.
Il se dit quelquefois au singulier des Cris poussés par plusieurs personnes à la fois. Un cri s’éleva dans l’assemblée. Un cri général se fit entendre.
Fig. et fam., Jeter, pousser les hauts cris, Se récrier, se plaindre hautement. Cette innovation fit jeter les hauts cris.
Ne faire qu’un cri, se dit familièrement d’un Malade qui crie sans discontinuer.
Il se dit aussi de la Voix ordinaire des animaux, et particulièrement des quadrupèdes et des oiseaux. Son cri ordinaire est un rugissement prolongé. Le cri du pivert annonce de la pluie. La chouette a un vilain cri, un triste cri. Imiter le cri d’un oiseau.
Fig. et fam., Pousser des cris de paon, Protester avec aigreur, avec indignation.
En termes de Chasse, Chasser à cor et à cri. Voyez — COR.
Il se dit par analogie en parlant des Marchands et ouvriers ambulants qui annoncent à haute voix leur genre de commerce ou d’industrie, le prix de ce qu’ils vendent, etc. Les cris de Paris. Le cri d’un remouleur.
Il se dit également de Certaines phrases brèves que l’on prononce à très haute voix, pour donner quelque avertissement, pour exprimer quelque émotion vive, etc. Un cri d’alarme se fit entendre. Dans ce danger pressant, il poussa un cri de détresse. Le cri de " Sauve qui peut! ". J’entendais les cris " Au meurtre! à l’assassin! ". Des cris séditieux.
Cri de guerre, cri d’armes, ou simplement Cri, se disait de Certains mots qu’une nation, une ville, une maison illustre portait écrits sur ses drapeaux, sur les cottes d’armes, et que les gens de guerre, marchant sous ses bannières, avaient coutume de crier en allant au combat. Le cri des Français était " Montjoie Saint-Denis " ; le cri de la maison de Bourbon : " Notre-Dame ".
Il se prend figurément pour les Plaintes et les gémissements des personnes qui sont dans l’oppression, dans l’affliction, etc. Dieu entend les cris des veuves et des orphelins. Les cris de l’opprimé. Fermer l’oreille au cri de la misère. Le cri de la douleur publique.
Il se dit aussi figurément de Toute opinion manifestée hautement ; et alors il s’emploie surtout en parlant de Plusieurs personnes qui s’accordent à blâmer, à désapprouver quelqu’un ou quelque chose. Il n’y a qu’un cri sur telle personne, sur telle chose. Un cri général s’éleva contre lui. Les cris d’une cabale impuissante.
Le cri public, L’opinion publique, favorable ou contraire. Braver le cri public.
Il se dit encore figurément des Mouvements intérieurs qui nous portent à faire une chose ou qui nous en détournent. Le cri du coeur. étouffer le cri de la conscience. Le cri de l’amour maternel. Le cri de la nature. Le cri du sang.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- cris — pluriel — /kʁi/
- cri — singulier — /kʁi/
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