créance

créance

nom, féminin, /kʁeɑ̃sə/ ou /kʁɛɑ̃sə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens) · 1873 (6 sens) — Académie 1935 (6 sens)

Littré (1873) — entrée 2

s. f.

  1. Terme de droit. Droit d'exiger l'accomplissement d'une obligation. Exercer un simple droit de créance. On oppose les droits de créance aux droits réels. Dans l'usage ordinaire, droit d'exiger le payement d'une somme d'argent. Créance commerciale, litigieuse. Avoir une créance sur quelqu'un. Transporter sa créance. Dette active fondée sur un titre. Sa créance est bonne. Le titre même. Transférer sa créance.

Étymologie : Le même mot que créance 1. La créance, dette active, est un titre qui donne croyance que telle somme est réellement due.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 1

s. f.

  1. Action de croire, d'ajouter foi. Hors de créance, invraisemblable. Donner créance à une chose, la rendre croyable. Donner créance, ajouter créance, croire.

    Les opinions que j'avais reçues en ma créance — Descartes (1596-1650)

    S'il faut qu'à cent rapports ma créance réponde.... — Rotrou (1609-1650)

  2. Croyance religieuse.

    Avec le lait, pendante à la mamelle, Je suçai des chrétiens la créance et la foi — Rotrou (1609-1650)

    Il aura vécu conformément à sa créance et à sa religion — Bourdaloue (1632-1704)

  3. Confiance qu'on inspire et qui fait qu'on est cru.

    Et tâchez, comme en vous il prend grande créance.... — Molière (1622-1673)

    Perdre toute créance dans les esprits — Pascal (1623-1662)

  4. Terme de diplomatie. Instruction secrète qui, remise à un ambassadeur, lui permet de conférer avec le souverain auprès duquel il est envoyé. Lettres ou lettre de créance, lettre par laquelle un ambassadeur justifie de sa mission. Par extension, lettre de créance, lettre par laquelle un négociant ou un banquier autorise un tiers à toucher de l'argent selon ses besoins ou jusqu'à concurrence d'une somme déterminée.

  5. Terme de vénerie. Chien de bonne créance, chien sûr à la chasse. Chien de peu de créance, chien peu sûr. Terme de fauconnerie. Oiseau de peu de créance, oiseau dont les indications ne sont pas sûres. Ficelle ou filière avec laquelle on retient l'oiseau qui n'est pas encore bien assuré.

  6. Ancien terme de marine. Mouiller en créance, faire porter une ancre d'affourche, avec tout le câble, par une chaloupe qui rapporte ensuite le bout du câble à bord du vaisseau.

Étymologie : Autre prononciation de croyance, et qui provient du verbe creire, tandis que croyance vient du verbe croire ; creire et croire appartiennent à des dialectes différents de l'ancienne langue.

Historique : XIe s. Bons fut li secles al tens ancienur ; Si ert [était] creance, dunt or n'i a nul prut [preu, avantage] ; Tut est muez, perdut ad sa colur XIIe s. Sur cele gent qui en Deu n'ont creance Il guerpira sa creance et son Dé [Dieu] ... Ne t'esmaier mie, empereres courtois ; Tousjours te conduira ta creance et tes drois [ton droit] XIIIe s. De foi et de creance enterine et meüre Mès ce ne fust bone creance Dont nus ne doit avoir doutance L'on peut plaider en la haute court de totes carelles, mès que de sa fei, ce est de sa creance, et de mariage et de testament Et Haali, quant il vit ce, si traï…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Action de croire, de se fier à. Cela ne mérite aucune créance, n’est pas digne de créance. Cette nouvelle absurde a cependant trouvé créance chez les esprits faibles. Perdre créance. Ne donnez aucune créance à ce qu’il dit.

  2. Donner créance à une chose, Faire qu’on y ajoute foi, la rendre croyable. Son caractère donne créance à ses paroles.

  3. Lettre de créance. Voyez

  4. LETTRE.

  5. Par extension, CRÉANCE signifie Dette active ; titre, droit qui rend une personne créancière d’une autre. Sa créance est de tel jour. Sa créance est assurée par une hypothèque. Il n’y a rien à perdre sur cette créance. On lui contesta sa créance. Il a pour vingt mille francs de créances sur Marseille. Transférer sa créance. Créance douteuse, véreuse.

  6. Fig., Avoir créance sur quelqu’un, Lui avoir rendu un service qui fait de lui votre débiteur.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • créances — pluriel — /kʁeɑ̃sə/ ou /kʁɛɑ̃sə/
  • créance — singulier — /kʁeɑ̃sə/ ou /kʁɛɑ̃sə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée créance#19321.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.