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couverture

couverture

nom, féminin · /kuvɛʁtyʁə/

Usage : fréquent (48 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Pièce de tissu épaisse dont on se couvre, en particulier sur un lit, pour se protéger du froid.

    Elle s'est enroulée dans une couverture de laine en regardant la pluie.

    « Des domestiques qui étaient entrés dans sa chambre lui jetèrent des couvertures sur la tête et l'étouffèrent [Démétrius] »Rollin (1661-1741)

  2. Toiture d'un bâtiment et matériaux qui la composent.

    La couverture de la maison a été refaite en tuiles neuves.

    Synonyme : toiture.

  3. Pages cartonnées ou souples qui protègent et présentent un livre, une revue.

    Ce livre a une couverture rigide de couleur bleue.

  4. Garantie apportée en contrepartie d'un risque, notamment en matière d'assurance.

    Ce contrat assure une bonne couverture contre les risques de vol.

    Synonyme : garantie.

    « Il fallait trouver quelque couverture à un défaut si visible »Bossuet (1627-1704)

    « Puis outre le saint vœu qui sert de couverture.... »Mathurin Régnier (1573-1613)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : ramener la couverture à soi

Grammaire et formes (2)
  • couvertures : pluriel · /kuvɛʁtyʁə/
  • couverture : singulier · /kuvɛʁtyʁə/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 11 sens

s. f.

  1. Toile, drap, étoffe quelconque qu'on étend ou qu'on dresse sur une chose pour la couvrir. Couverture de canapé.

    Les capuchons sont les plus anciennes couvertures de tête que les ecclésiastiques aient portées à l'égliseAdolphe Thiers (1797-1877)

  2. Papier, peau, etc. qui sert à couvrir un livre. La couverture d'un livre. Une riche couverture. On dit plutôt reliure, quand la couverture est en peau.

  3. Absolument, la couverture d'un lit. Une couverture de laine. Faire la couverture, replier le drap et la couverture et préparer le lit de façon à ce qu'il n'y ait plus qu'à se glisser dedans. Mettre un homme dans la couverture, le berner ; et fig. se moquer de lui. Fig. Tirer la couverture à soi, de son côté, se faire sa part plus grosse qu'il ne serait juste.

    Il mit la tête sous les couverturesAntoine Hamilton (1646-1720)

    De peur que son père ne découvrît par la lumière qui était dans sa chambre toutes les nuits, qu'il les passait à travailler, il étendait devant sa fenêtre les couvertures de son lit qui ne lui servaient plus qu'à cacher qu'il ne dormait pasFontenelle (1657-1757)

  4. Pièce d'étoffe en fil ou en laine, plus ou moins ornée, et attachée par un surfaix sur le corps des animaux et surtout des chevaux, pour les protéger contre le froid, la malpropreté, les insectes.

  5. Terme de jardinage. Objet mauvais conducteur du calorique, employé par les jardiniers pour protéger les semis ou plantes contre le froid ou les rayons du soleil, et qui est fait de paille de litière, de feuilles, de branches sèches, de paillassons, de caisses en bois, de cloches.

  6. Ce qui forme la surface extérieure d'un toit. Couverture en tuile, en chaume, etc.

  7. Le droit, en Espagne, de se couvrir devant le souverain, droit dont l'octroi est l'objet d'une certaine solennité. D'abord le nouveau grand ou celui qui succède à un autre, car cela est pareil pour la couverture, visite tous les grands ; j'y menai mon fils ; ensuite il en choisit un pour être son parrain.

    .... Je remarquai la bonté du roi, qui, en peine que mon fils manquât à se couvrir à temps, lui fit deux fois signe de le faire comme il se relevait de son inclination après le cobrios [couvrez-vous] ; il obéit, et s'étant couvert, il fit, comme c'est l'usage, un remercîment au roi de demi-quart d'heure, pendant lequel il mit quelquefois la main au chapeau et le souleva deux fois, à une desquelles le roi mit la main au sienSaint-Simon (1675-1755)

    La couverture de mon second fils se fit le 1er février, jour pour jour, précisément quatre vingt-sept ans depuis la réception de mon père au parlement, comme duc et pair de FranceSaint-Simon (1675-1755)

  8. Fig. Prétexte, masque, faux-semblant. Des excuses de mal faire et des couvertures de crimes.

    Puis outre le saint vœu qui sert de couverture....Mathurin Régnier (1573-1613)

    L'étroite parenté leur sert de couvertureTristan L'Hermite (1601-1655)

  9. Terme de banque et de commerce. Provisions, cautions données pour assurer un payement. Ce négociant me doit beaucoup, mais j'ai de bonnes couvertures Terme de bourse. Dépôt de titres ou d'espèces exigé souvent du client par l'intermédiaire pour diminuer les risques que ce dernier a à courir dans la conclusion des marchés à terme.

  10. Morceau de gros acier forgé recouvrant un morceau d'acier fin. Plaque d'une serrure. Planches inclinées pour garantir de la pluie des piles de bois.

  11. S. f. plur. Plumes recouvrant le dessus et le dessous des pennes des ailes et de la queue des oiseaux.

Étymologie : Couvert 1 ; bourguig. couvature ; rouchi, couverto ; wallon, cofeteu ; provenç. coopertura, cubertura ; catal. cubertora ; espagn. cobertura ; ital. copritura. L'ancien français avait aussi covertor, covertur, couvretoir, qui étaient masculins et venaient de coopertorium. Fort sont li lac [liens] et grant li couvertour, Ce n'est pas gas, Enquelz cil est ki aime par amours,

Historique : XIIe s. E [tu] dunas à mei la coverture de la tue salut, e la tue destre receut mei À ma dolor n'a mestier couverture ; Si souspris sui, que je ne sai que faire Por ce ke il puist ferir et ocire les devotes pensées, s'atapist il desor la covreture de dolor Fiert soi [le feu] es tours, et el maistre clochier ; Les covretures covint jus trebuchier XIIIe s. Toute la couverture [du lit] à ses deus mains [elle] saisi La covreture de la sele Ert d'un brun paile de Castele XVe s. Et le bourgeois qui trahit les avoit, se mit à fuire par couverture avec eux [afin de couvrir sa trahison] Je vous vouldro…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 8 sens

n. f.

  1. Ce qui sert à couvrir quelque chose. La couverture d’une maison, La charpente et les tuiles ou ardoises qui la couvrent. Par extension, Couverture de cheval, de mulet, Qui sert à couvrir un cheval ou un mulet après une course. Couverture de voyage, Qui sert à garantir du froid en chemin de fer, en voiture, en automobile. Couverture de lit ou simplement Couverture, Celle que l’on met sur le drap. Couverture de laine, de soie. Couverture de coton.

  2. Faire la couverture, Replier le drap et la couverture d’un lit pour qu’on y puisse entrer plus facilement.

  3. Fig. et fam., Tirer la couverture à soi, de son côté, Prendre plus que sa part, chercher dans une affaire à s’emparer de profits, d’avantages qu’on doit partager avec d’autres.

  4. Fig., Troupes de couverture, Troupes qui sont placées à la frontière d’un pays pour la garder en cas d’attaque imprévue.

  5. Il se dit aussi d’une Enveloppe ou reliure mobile où l’on introduit un livre broché pour le protéger quand on le lit. Couverture de vélin, de veau, de basane, de maroquin, de chagrin.

  6. Il signifie au figuré Ce qui sert à cacher, à dissimuler. Sous couverture d’amitié. L’intérêt public sert de couverture à bien des trafics.

  7. Il se dit, en termes de Banque et de Commerce, d’une Garantie donnée pour assurer un paiement. Ce négociant me doit beaucoup, mais j’ai une bonne couverture. J’ai tiré sur vous une lettre de change, acceptez-la ; je vous en enverrai la couverture avant l’échéance, Je vous ferai passer les fonds avant l’échéance.

  8. Il se dit, en termes de Bourse, d’un Dépôt de titres ou d’espèces, que l’agent de change exige du client qui donne des ordres pour des marchés à terme.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée couverture#18840.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.