couvert
nom, masculin · /kuvɛʁ/
Usage : fréquent (17 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Ensemble des ustensiles disposés à table pour un convive.
Elle a mis un couvert supplémentaire pour l'invité.
« Mais, que vois-je ! de bons amis Que rassemble un couvert bien mis »Béranger (1780-1857)
« Mais je vois en pitié le Crésus imbécile Qui jusque dans les champs me transporte la ville ; Avec pompe on le couche, on l'habille, on le sert, Et Mondor au village est à son grand couvert »Jacques Delille (1738-1813)
Au pluriel, ensemble des ustensiles de table servant à manger, comme les cuillères, les fourchettes et les couteaux : des couverts en inox.
Il a rangé les couverts dans le tiroir.
Abri contre les intempéries, logement.
Les promeneurs se sont mis à couvert sous un porche.
Synonyme : abri.
« Étant seul à couvert des traits de la satire »Boileau (1636-1711)
« La vengeance dont Dieu avait voulu les mettre à couvert »Bossuet (1627-1704)
Chasse. Ombrage formé par un massif d'arbres : le cerf se cache sous le couvert.
Les chevreuils quittent le couvert à la tombée de la nuit.
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Voir aussi : forme féminine couverte
Expressions : dresser le couvert · le vivre et le couvert · offrir le gîte et le couvert · sous couvert de
Grammaire et formes (2)
- couverts : pluriel · /kuvɛʁ/
- couvert : singulier · /kuvɛʁ/
Témoignages historiques
Littré (1873), entrée 2 · 6 sens
s. m.
Logis où l'on est couvert des intempéries. Terme de blason. Château ou tour avec un comble.
Qu'en peu de jours il eut au fond de l'ermitage Le vivre et le couvert : que faut-il davantage ?La Fontaine (1621-1695)
Des hommes ayant souvent à peine le couvert et la pâtureVoltaire (1694-1778)
Terme de fortification. Ouvrage défendu par un autre. Glacis qui sert de parapet au grand chemin des rondes.
Ombrage que donne un massif d'arbres. Ce jeune bois donne un beau couvert.
Ces boutures de peupliers et des épines qui, après avoir pris racine, ont fait un peu de couvertBuffon (1707-1788)
Sous le couvert, avec une enveloppe qui porte l'adresse d'un tiers. Fig. Sous le couvert de l'amitié, en prenant les dehors de l'amitié. Sous le couvert des formes judiciaires, en usant loyalement ou déloyalement des formes qu'imposent les lois.
Je supplie V. A. R. d'adresser les ordres sous le couvert de M. du BreuilVoltaire (1694-1778)
On m'a déjà adressé quelques volumes sous le couvert du général MiollisPaul-Louis Courier (1772-1825)
À couvert, loc. adv. Fig. Mettre son bien, sa fortune à couvert, les garantir contre les dangers de les perdre, contre des répétitions qui pourraient les compromettre. Voyant ses affaires embarrassées, il a mis la dot de sa femme à couvert. Terme de commerce. Être à couvert, avoir des garanties sûres pour les avances faites à quelqu'un.
Les troupeaux ne pouvaient trouver d'étables pour être mis à couvertFénelon (1651-1715)
Ma fourbe est à couvert, l'autre a tout avouéJean Mairet (1604-1686)
À couvert de, loc. prépos. Dans une situation où l'on est couvert, et défendu contre quelque chose. Être à couvert du canon. Fig. Dans un tout autre sens, à couvert de, protégé par. Le régiment était à couvert d'un bois.
Une tente où l'on pourra se mettre à couvert de toutMme de Sévigné (1626-1696)
Vous qui mettez sa tête à couvert de la foudrePierre Corneille (1606-1684)
Étymologie : Couvert 1 ; provenç. cubert ; portug. coberta ; ital. coperto.
Historique : XIIIe s. Il deit jurer sur sains que il n'a, ne autre por lui, dou sien à covert ne à descovert, de quei il li puisse fere que plege.... Meson en laquele ele doit avoir le covert por son cors garder et garantir XVIe s. S'estant jecté hors du couvert d'un moulin à vent Il ne change, pour hyver et temps qu'il face, le mesme bonnet qu'il porte au couvert Nul moyen de loger à couvert ses blecez Il le fit lever, lui priant de lui donner le couvert pour cette nuit. - Endurez que je demeure ici à couvert, attendant qu'il soit jour Un grand couvert [hangar] comme hale de marché, y sera dressé Ce que l…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Littré (1873), entrée 3 · 4 sens
s. m.
Ce dont on couvre une table, nappe, assiettes, cuillers, fourchettes, etc. avant de servir les mets. Grand couvert, repas qu'un monarque fait en public avec un certain cérémonial. Petit couvert, repas sans cérémonie des rois et princes.
On apporte la nappe et l'on met le couvertMathurin Régnier (1573-1613)
La vieille.... met le couvertLa Fontaine (1621-1695)
L'assiette, la serviette, la cuiller, la fourchette, le couteau et le verre de chaque convive. Mettez un couvert pour Monsieur. Avoir toujours son couvert mis chez quelqu'un, être certain qu'on y sera toujours reçu à dîner.
Il y avait dans un coin cinq ou six couverts où se mettaient tantôt les unes [des princesses] tantôt les autres, mais qui n'étaient tenus par personneSaint-Simon (1675-1755)
Alexandre dressa pour le festin une tente qui contenait cent tables, où par conséquent il pouvait y avoir neuf cents couvertsRollin (1661-1741)
La cuiller et la fourchette réunies. Une douzaine de couverts d'argent à filet.
Étui garni d'un couvert et du couteau. Couvert de vermeil. Il porte toujours son couvert en voyage.
Étymologie : Couvert 1 ; bourguig. couvar. Mettre le couvert se disait ainsi parce que, aux tables des rois et des princes, les plats, hanaps, salières avaient un couvercle, sorte de garantie extérieure contre l'empoisonnement ; de là couvert a pris le sens des assiettes, fourchette, cuiller, couteau, qu'on met devant un convive, et plus particulièrement encore, de la fourchette et de la cuiller.
Historique : XVe s. Messire Gautier de Passac et messire Guillaume de Lignac demourerent avec les chevaliers et les menerent en une belle chambre où on avoit couvert pour disner Madame ma mère vit que l'on servait madame la Dauphine à couvert, et madame la duchesse de Bourgogne point Quand madame la duchesse mangeoit là où monsieur le Dauphin estoit, l'on ne la servoit point à couvert, et ne faisoit on pas d'essay devant elle, mais beuvoit en sa coupe sans couvrir XVIe s. Puis furent amenez en la grande sale, qu'ils trouverent si riche parée, et le couvert de quatre longues tables si bien ordonné que....
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 15 sens
n. m.
La nappe avec les serviettes, les couteaux, les cuillers, etc. dont on garnit une table pour un repas. Mettre le couvert. Ranger le couvert. ôter le couvert.
Il désigne plus particulièrement l’Assiette, la serviette, etc., qu’on sert pour chaque personne. Donnez-moi mon couvert. Une table de vingt-quatre couverts.
Avoir toujours son couvert mis dans une maison, chez quelqu’un, être certain qu’on y sera toujours reçu à table comme un ami de la maison.
Il se dit aussi d’un étui garni d’une Cuiller, d’une fourchette et d’un couteau. Il emporte toujours son couvert à la campagne, en voyage.
Il se dit encore d’une Cuiller et d’une fourchette réunies. Une douzaine de couverts d’argent, de ruolz. Couvert de vermeil.
Il signifie, de plus, Logement, abri, et, dans cette acception, il s’emploie seulement avec l’article défini le. Donner le couvert à quelqu’un Il n’y est pas nourri, il n’a que le couvert. Il y a le vivre et le couvert.
Il se dit aussi d’un Lieu planté d’arbres qui donnent de l’ombre. Il y a un couvert dans ce jardin. Mettons-nous sous ce couvert.
Il signifie en outre Enveloppe adresse d’un paquet. Cela est arrivé franc de port sous le couvert du ministre.
Fig., Sous le couvert de, En prenant l’enveloppe, les dehors de... Il accomplit toutes ces trahisons sous le couvert de l’amitié, sous le couvert de l’intérêt qu’il prétend nous porter. Ces odieuses persécutions eurent lieu sous le couvert de la justice.
à COUVERT DE
loc. prép.
, et absolument à COUVERT
loc. adv.
, se disent en parlant d’un Lieu où l’on peut se garantir des intempéries ou de tout danger. être à couvert de l’orage, de la pluie. Il ne craint point le mauvais temps, il est à couvert. Il s’est mis à couvert. être à couvert du danger, à couvert des obus. être à couvert d’un bois, d’un marais d’une rivière, etc., être protégé, garanti par un bois, un marais, etc. Fig., être à couvert de ses ennemis. être à couvert de la nécessité. Mettre sa réputation à couvert de tout soupçon. Son honneur est à couvert.
En termes de Commerce, être à couvert, Avoir des garanties sûres pour les prêts ou les avances que l’on a faits à quelqu’un.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée couvert#18837.