couvert
adjectif, /kuvɛʁ/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (10 sens)
Littré (1873) — entrée 1
part. passé
Garni, muni de quelque chose qui couvre. Maison couverte en tuile. Clos et couvert, logé dans une maison qui est bien close et qui a bonne toiture. Le propriétaire doit tenir son locataire clos et couvert. Fig. Se tenir clos et couvert, se tenir en lieu de sûreté. Terme de marine. Batterie couverte, batterie de bouches à feu renfermée entre deux ponts. Ailes couvertes, ailes des insectes qui sont tout à fait cachées sous les élytres. Terme de botanique. Fruit couvert, fruit que le calice, persistant autour de l'ovaire, et se fermant vers le sommet, enveloppe en entier. Fig. Servir quelqu'un à plats couverts, ne lui confier un secret qu'en partie, et aussi lui rendre de mauvais offices secrètement.
Vêtu. Il n'était couvert que de simple serge. Un homme bien couvert. D'après de Caillières, 1690, dire un homme bien couvert, était une façon de parler du dernier bourgeois. Qui a son chapeau sur la tête. Terme de musique. Couvert, mot qui indique qu'on doit couvrir d'un drap les timbales afin d'en amortir le son.
Mais que veut ce soldat couvert à la romaine ? — Jean Mairet (1604-1686)
Dans ce désordre à mes yeux se présente Un jeune enfant couvert d'une robe éclatante — Jean Racine (1639-1699)
Mots couverts, paroles qui cachent un sens différent de celui qu'elles expriment. Mots couverts, paroles honnêtes qui en font entendre d'obscènes.
C'est me conseiller de mourir, en paroles couvertes — Mme de Sévigné (1626-1696)
Allée couverte, allée taillée en berceau. Pays couvert, pays très boisé.
Chargé, plein de. Une table couverte de mets. Pays couvert de bois. Par extension. Fig. Un discours couvert d'applaudissements.
Ces portiques, ces lieux que vous voyez déserts, De nombreux citoyens seront bientôt couverts — Voltaire (1694-1778)
L'océan était couvert de ses flottes — Raynal (1713-1796)
Protégé, défendu. Terme d'art militaire. Cette porte est couverte par une demi-lune. Chemin couvert, chemin sur le bord extérieur du fossé et où l'assiégé est à l'abri du feu des assiégeants.
Couverte de toutes parts, la France est capable de tenir la paix avec sûreté dans son sein, mais aussi de porter la guerre partout où il faut — Bossuet (1627-1704)
Marie est couverte de la vertu du Très Haut — Bossuet (1627-1704)
Caché. Terme de musique. Quinte, octave couverte, synonyme de quinte, octave cachée.
Et lorsque sous mon nom il se livre à sa perte, Tiendrai-je sous le sien ma fortune couverte ? — Pierre Corneille (1606-1684)
Il tient en ma faveur leur naissance couverte — Pierre Corneille (1606-1684)
Dissimulé. C'est un homme couvert. Se tenir couvert, cacher ses pensées, ses projets. On dit dans le même sens : clos et couvert.
Il [Monsieur] se tint couvert au dernier point au sujet des trois ministres — Cardinal de Retz (1613-1679)
Vin couvert, vin d'une couleur rouge foncée.
Il y pleut [dans l'île des Plaisirs] du vin couvert quand le temps est chargé, et, dans les plus beaux jours, la rosée du matin est toujours du vin blanc — Fénelon (1651-1715)
Drap couvert, drap qui n'a pas été tondu d'assez près.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Grammaire et formes (4)
- couvertes — pluriel féminin — /kuvɛʁtə/
- couverts — pluriel masculin — /kuvɛʁ/
- couverte — singulier féminin — /kuvɛʁtə/
- couvert — singulier masculin — /kuvɛʁ/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée couvert#18838.