coutume

coutume

nom, féminin, /kutymə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (9 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Manière à laquelle la plupart se conforment. Cela est passé en coutume.

    Cette vieille coutume en ces lieux établie — Pierre Corneille (1606-1684)

    La coutume ne doit être suivie que parce qu'elle est coutume, et non parce qu'elle soit raisonnable — Pascal (1623-1662)

  2. Terme de jurisprudence féodale. Législation introduite par l'usage seul en certaines provinces, par opposition à droit écrit. La coutume de Normandie, de Bretagne. Recueil de droit coutumier particulier à un pays. Il s'est dit de certains péages et impôts. Payer la coutume. Terme de pêche. Poissons de coutume, redevance qu'on donne avant la vente au propriétaire du bateau ou au maître pêcheur.

    Le roi Pepin ordonna que partout où il n'y aurait point de loi, on suivrait la coutume, mais que la coutume ne serait pas préférée à la loi — Montesquieu (1689-1755)

    Bientôt les coutumes détruisirent les lois — Montesquieu (1689-1755)

  3. Manière ordinaire d'agir, de se comporter, de parler, etc. Avoir la coutume, faire comme chose déterminée par une coutume. Avoir coutume, faire d'ordinaire. De coutume, loc. adv. À l'ordinaire. Il en use comme de coutume. Il se porte mieux que de coutume. Avoir de coutume, locution vieillie pour avoir coutume.

    Si c'est par instinct de nature Ou par coutume de m'aimer — Pierre Corneille (1606-1684)

    Sa coutume l'emporte et non pas la raison — Pierre Corneille (1606-1684)

  4. Fig. En parlant des choses. Ce pommier a coutume de donner du fruit. Cette cheminée a coutume de fumer.

Étymologie : Berry, cotume, couteume ; provenç. costum, s. m. et costuma, cosdumna, s. f. ; espagn. costumbre, s. f. ; portug. costume, s. m. ; ital. costume, s. m. et costuma, s. f. ; bas-lat. coustuma, dans un texte du commencement du VIIIe siècle. Il y a des distinctions à faire dans ces mots romans. Diez fait remarquer que les masculins ne peuvent venir directement de consuetudinem, et qu'il faut supposer que le suffixe s'est transformé en umen : consuetumen. Quant aux féminins en e : coutume et costumbre, ils viennent de consuetudinem, comme amertume, de amaritudinem. Enfin les féminins en a répondent

Historique : XIe s. Ço'st la custume en.... Sa coustume est qu'il parole à leisir XIIe s. Il vous a de chevage la costume requise Custume n'est pas dreiz, bien le poez veeir ; Kar chascuns riches hum, qui ne volt nul cremeir [craindre], Alieve sur sa gent custume à sun voleir XIIIe s. [Il y] Avoit une coustume ens au Tyois païs Mainte male coustume [impôt] i ot ele establie Dessur les marcheans [elle] fist coustume [impôt] asseïr Chascun jour [il] l'avoit [cela] à coustume Ceste floiche ot fiere coustume, Douçor i ot et amertume Nous disons qu'il soit mis en trois pures defautes, toz sans les jors qu'il pu…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Façon d’agir établie par l’usage, habitude contractée par un individu dans ses manières, dans ses discours, dans ses actions. Il a coutume d’agir ainsi. J’ai coutume de venir à telle époque. On dit plutôt HABITUDE quand il s’agit d’un Individu.

  2. Prov., Une fois n’est pas coutume, On peut faire exceptionnellement une chose qu’on aurait tort de faire habituellement.

  3. COUTUME s’emploie le plus souvent dans un sens collectif et se dit de Ce qu’on pratique ordinairement en de certains pays et en de certaines choses. Vieille, ancienne coutume. C’est la coutume de tel pays, de telle ville, de solenniser telle fête, de faire telle cérémonie, telle réjouissance, etc. Cette coutume s’est introduite s’est conservée, s’est perdue, abolie. Cela est passé en coutume.

  4. Il désigne dans un sens spécial Certains droits locaux qui, s’étant établis par l’usage et par la commune pratique d’une ville, ou d’une province, ou d’une région, y tiennent lieu et y ont force de loi. Une législation uniforme a remplacé les anciennes coutumes. Coutume générale d’une province. Coutume de Normandie, de Champagne. Coutume locale. Rédiger par écrit une coutume. Ce n’est pas un pays de droit écrit, c’est un pays de coutume. Les us et coutumes. Voyez

  5. US.

  6. Il signifie par extension Codification du droit créé par l’usage dans certains pays. Il a commenté la Coutume du Nivernais. Vous trouverez cela dans la Coutume de Bretagne.

  7. DE COUTUME

  8. loc. adv.

  9. à l’ordinaire. Il en use comme de coutume. Il est plus gai que de coutume. Il se porte mieux que de coutume. Il s’est levé plus tard que de coutume.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • coutumes — pluriel — /kutymə/
  • coutume — singulier — /kutymə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée coutume#18822.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.