courtier

courtier

nom, masculin, /kuʁtje/

Voir aussi : forme féminine courtière

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Terme de commerce. Agent qui s'entremet pour l'achat ou la vente des marchandises, pour les placements de fonds, les opérations de bourse, etc. Il y a cinq sortes de courtiers : 1° les courtiers de marchandises, ayant seuls le droit de faire le courtage des marchandises, d'en constater le cours et d'exercer, concurremment avec les agents de change, le courtage des matières métalliques ; 2° les courtiers d'assurances (maritime et fluviale), rédigeant les contrats ou polices d'assurance, concurremment avec les notaires, en attestant par leur signature et certifiant le taux des primes pour tous les voyages de mer ou de rivière ; 3° les courtiers-interprètes et conducteurs de navires, faisant le courtage des affrétements ; 4° les courtiers de transport par terre et par mer, seuls autorisés, dans les lieux où ils sont établis, à faire les transports par terre et par eau ; 5° les courtiers-gourmets-piqueurs de vin, servant, dans l'entrepôt, d'intermédiaire, quand ils sont requis, entre les vendeurs et les acheteurs de boissons, dégustant à cet effet ces boissons et en indiquant fidèlement le cru et la qualité. Courtier marron, celui qui exerce sans titre.

    Les Juifs allaient faire le métier de courtiers en Asie — Voltaire (1694-1778)

    Aussitôt un courtier juif prit la parole.... — BERN. DE S.-P.

  2. Fig. Courtier électoral, personne qui s'entremet d'élections et qui agit auprès des électeurs au nom et en faveur de quelqu'un. Au sens figuré, courtier a un féminin. Une courtière de mariage.

    Je n'ai point vu de plus insolent vieillard, s'écria un des courtiers de chair humaine [négrier] — Chateaubriand (1768-1848)

    C'est une chose merveilleuse que la facilité avec laquelle il se forme une liaison entre les courtiers de galanterie et les femmes qui ont besoin d'eux — Lesage (1668-1747)

Étymologie : Génev. couriatier, ière, couratier, ière, celui, celle qui perd son temps en course ; Berry, picard et saintongeois, couratier, vagabond, coureur ; wallon, coultî ; rouchi, coultier ; provenç. corratier ; anc. catal. corrater ; ital. curattiere. Ménage et, après lui, Raynouard le tirent de cursitarius ; mais les formes s'y opposent absolument ; il vient d'une forme curatarius, dérivée de curare, soigner (voy. CURE) ; le courtier est celui qui prend soin d'une affaire.

Historique : XIIIe s. On fait le ban qu'il ne soit nus si hardis couletiers ne autres qui accate warde [provision pour autrui], se cieus [celui] n'est presens pour cui il l'acate El mestier devant dit ne puet ne ne doit avoir nul couratier Et s'il n'i a coretier ne home qui fist le marchié XIVe s. Coppin et Jehan corretiers XVe s. Alors envoyerent querir des plus souffisans et feables coratiers de chevaulx Faulx laboureurs, faulx couratiers, Faulx marcheans, faulx regratiers On passe par hic ou par hoc, Sans courratiers ou truchemens, On se rencontre bec à bec XVIe s. Il ne prend courtier qui ne veut Celui…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. T. de Commerce — Celui, celle qui, moyennant une prime, s’entremet pour la vente ou l’achat de certaines marchandises, pour faire prêter de l’argent sur la place, ou pour les affrètements, les assurances, etc. Courtier de marchandises. Courtier maritime.

  2. Courtier marron, Celui qui exerce irrégulièrement.

  3. Fig., Courtier électoral, Agent d’élection.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • courtiers — pluriel — /kuʁtje/
  • courtier — singulier — /kuʁtje/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée courtier#18767.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.