cours

cours

nom, masculin, /kuʁ/

Définitions

  1. Série de leçons données sur une matière par un enseignant.

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  2. Déroulement d'un phénomène ou d'une suite d'événements dans le temps.

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  3. Mouvement de l'eau d'une rivière ou d'un fleuve le long de son trajet.

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  4. Valeur d'une monnaie, d'un titre ou d'une marchandise sur un marché.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (15 sens) — Académie 1935 (21 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Action de courir, cheminement, progrès, au propre et au figuré. Interrompre le cours d'une chose, l'arrêter, l'empêcher. Terme de marine. Voyage de long cours, par opposition au cabotage qui se fait sans presque quitter la côte, tandis qu'on s'en éloigne tous les jours dans le voyage de long cours. Capitaine au long cours, celui qui commande les navires qui font le long cours. Terme de filature. L'allée et la venue de la navette, dans les fabriques de soie.

    Que d'un cours si rapide La victoire vous ait ramené dans l'Aulide — Jean Racine (1639-1699)

    C'est pour vous qu'on l'a vu, vainqueur de tant de princes, D'un cours impétueux traverser nos provinces — Jean Racine (1639-1699)

  2. Mouvement réel ou apparent des astres.

    Que puisses-tu, grand soleil de nos jours, Faire sans fin le même cours ! — Malherbe (1555-1628)

    Je n'entends point le cours du ciel ni des planètes — Mathurin Régnier (1573-1613)

  3. Mouvement d'écoulement, et aussi étendue que parcourt le fleuve, etc. Cette rivière a un cours rapide. Les rivières ne sont guère navigables que dans la dernière moitié de leur cours. Un cours d'eau, un ruisseau, une rivière. Les grands cours d'eau qui traversent l'Amérique méridionale. Donner cours à l'eau, lui procurer de l'écoulement. Donner cours à ses larmes, les laisser couler. Fig. Donner cours à ses transports, à sa fureur. Prendre son cours, se dit d'une eau qui prend sa pente. Et fig. avoir origine. Laisser passer le cours, attendre qu'une eau soit écoulée ; et fig. attendre que quelque chose ait cessé. Par comparaison avec le cours d'un fleuve, on dit le cours d'une chaîne de montagnes.

    Une rivière dont le cours, Image d'un sommeil doux, paisible et tranquille, Lui fit croire d'abord ce trajet fort facile — La Fontaine (1621-1695)

    Les bateaux qui suivent le cours d'une rivière — Descartes (1596-1650)

  4. Par analogie. Le cours du sang. Il faut que cette humeur ait son cours.

    Je voudrais que du ciel le barbare secours De mon sang dans mon cœur eût arrêté le cours — Voltaire (1694-1778)

  5. Cours de ventre, diarrhée.

  6. Développement, enchaînement. Le cours des saisons, des événements.

    Je lui prête mon bras sans engager mon âme ; Je m'abandonne au cours de sa félicité, Tandis que tous mes vœux sont pour la liberté — Pierre Corneille (1606-1684)

    Les choses quelquefois prennent un autre cours — Pierre Corneille (1606-1684)

  7. Durée. La nuit est au milieu de son cours. Le cours de notre existence. Dans le cours de la guerre. Cours de la lune, le temps qui s'écoule depuis le premier quartier jusqu'à la pleine lune. On dit qu'une maladie a son cours quand elle passe inévitablement par certaines périodes.

    J'en romprai bien le cours [de sa vie] — Pierre Corneille (1606-1684)

    Dans le cours d'une seule journée Je suis Héraclius, Léonce et Martian — Pierre Corneille (1606-1684)

  8. Enseignement suivi sur une matière. Suivre un cours de chimie, d'algèbre, de littérature. Traité spécial sur un enseignement. Ce professeur a publié un cours de philosophie. Études universitaires. Ce jeune homme a fini ses cours. Ancien terme de jurisprudence. Recueil de lois, de canons. Cours civil. Cours canonique.

    Apprenez, ma fille ; faites votre cours [de médecine] — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Outre les leçons publiques, M. Chirac faisait chez lui des cours particuliers — Fontenelle (1657-1757)

  9. Circulation, crédit. Cette monnaie n'a plus cours. Donner cours forcé aux billets, obliger de les recevoir comme argent. Par extension, se dit des écrits ou idées qui ont circulation et crédit. Donner cours à une monnaie, à un papier ; et, par extension, donner cours à un bruit, à une opinion.

    Une monnaie de cuivre qui avait cours il y a deux mille ans — Montesquieu (1689-1755)

    Semblable à une monnaie qui n'a point de cours — La Bruyère (1645-1696)

  10. Terme de commerce. Valeur sur le marché. Acheter des marchandises au cours de la place ou du marché. Fig.

    Rien n'eut cours ni crédit — La Fontaine (1621-1695)

    C'est le cours du marché des affaires humaines — Mathurin Régnier (1573-1613)

  11. Terme de bourse. Le cours est ouvert. Le cours du change, de la rente, des obligations. Les cours sont élevés, les fonds sont en hausse. Cours moyen, cours également distant du plus haut et du plus bas de la bourse courante Acheter de la rente au cours moyen.

    Puisque le change, dans son cours, éprouve nécessairement des hausses et des baisses alternatives, il est évident que les marchands, tour à tour, donneront tantôt une plus grande somme pour une plus petite, tantôt une plus petite pour une plus grande — Condillac (1714-1780)

  12. L'étendue d'une chose en longueur. Une tapisserie de dix mètres de cours.

  13. Terme d'architecture. Cours de plinthe, plinthe de pierre ou de plâtre continuée dans les murs de face, à l'effet de marquer la continuation des étages. Cours de pannes, réunion de toutes les pannes pour faire la longueur du comble. Cours d'assise, rang continu de pierres dans une bâtisse.

  14. Lieu agréable qui est un rendez-vous pour se promener à certaines heures à cheval ou en voiture, et qui est ordinairement en dehors de la ville. Au XVIIe siècle, le cours du mardi gras se tenait au bout du faubourg St-Antoine. Nom de promenades publiques dans des villes.

    Hyde-Park, comme on sait, est le cours de Londres — Antoine Hamilton (1646-1720)

    Il se promène avec des femmes à la plaine ou au cours — La Bruyère (1645-1696)

  15. Terme de liturgie. Cours ecclésiastique, heures canoniales ou bréviaire.

Étymologie : Bourguig. cor de ventre ; provenç. cors ; esp. curso ; ital. corso ; du latin cursus, de currere (voy. COURIR).

Historique : XIe s. [Il] Descent à pied, alet i est plein curs XIIe s. El curs del tens e del termine Qui est, qui vient et qui sera Cum li fluies [fleuve] remfle suvent E creist pur la mer dusqu'en som Par les curs de la luneison XIIIe s. Des douze signes par coi li solaus fait son cours Des testamens ont hui ces deux ordres [les moines mendiants] le cours ; Et si s'en entremetent par commun entre-cours ; Testamens, sepultures leur font si grant secours, Que de quanque il leur fault treuvent ilec recours Le cours de nostre vie humaine Gardez-vous del trot ou del cors XIVe s. Elle [la monnaie] n'a pas son …

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Flux, mouvement de quelque chose de liquide.

  2. Il se dit particulièrement de l’Eau des fleuves, des rivières et des ruisseaux. Cours rapide. Cours lent. Cours impétueux. Arrêter, empêcher, retarder, détourner le cours d’un fleuve, d’un ruisseau. Descendre, remonter le cours d’un fleuve. Son cours est insensible. Donner cours à l’eau.

  3. Il se dit aussi de l’étendue que parcourt en longueur un fleuve, une rivière, un ruisseau, etc. Cette rivière est navigable dans la plus grande partie de son cours. Le cours de ce fleuve est long de plus de quatre cents lieues.

  4. Il se dit aussi, par extension, des Rivières et des fleuves eux-mêmes. Les grands cours d’eau qui traversent l’Amérique du Nord. Les pluies continuelles ont fait déborder tous les cours d’eau.

  5. Fig., Donner un libre cours à ses larmes, Les laisser couler, ne plus faire d’effort pour les retenir. Donner un libre cours à ses transports, à sa fureur, à sa couleur, etc., S’y abandonner, ne plus les contenir.

  6. Il se dit encore du Mouvement réel ou apparent du soleil et des autres astres. Le cours du soleil, de la lune. Le cours des astres. L’astronomie traite du cours des astres. Le cours apparent du soleil est d’orient en occident.

  7. Il se dit figurément de la Direction, de la marche que prennent certaines choses, ou qu’on leur donne. Nous verrons quel cours prendra cette affaire. Arrêter, retarder le cours d’une entreprise, d’un procès. Suspendre le cours de la justice. Ses idées prirent un nouveau cours. Tout a repris son cours habituel. Le cours des saisons. Le cours des événements.

  8. Il signifie également Durée. Pendant le cours des dix années qui viennent de s’écouler. Pendant le cours de la journée. La mort interrompit le cours d’une si belle vie. Le cours de ses années. Pendant tout le cours de son règne. Dans le cours de sa maladie. Au cours de son exposé.

  9. En termes de Marine, Voyage au long cours, Grand voyage sur mer, longue traversée, par opposition à Cabotage. Capitaine au long cours, Capitaine marchand qui fait des voyages de long cours.

  10. Il signifie encore Suite, enchaînement. Poursuivre le cours de ses victoires. Terminer le cours de ses études. Ouvrage en cours de publication.

  11. En termes d’Architecture, Cours d’assise, Rang continu de pierres de même hauteur, posées de niveau dans toute la longueur d’un mur.

  12. Il se dit particulièrement d’une Suite de leçons sur une matière quelconque. Cours de chimie, de physique, d’anatomie, de chirurgie, de philosophie, d’histoire, etc. Ouvrir un cours. Professer un cours. Cours public. Cours privés. L’ouverture d’un cours. Suivre les cours du Collège de France.

  13. Il se dit également des Traités qui renferment une suite de leçons sur quelque science. Ce professeur a publié un cours de philosophie. Il a fait imprimer son cours. Cours complet. Cours abrégé.

  14. Il se dit pareillement de l’étude de quelques sciences, qui exigent que l’on suive un ou plusieurs cours. Faire son cours de droit, de médecine. Le cours de droit dure trois ans. Ce jeune homme a fini ses cours.

  15. Il se dit encore pour Vogue, crédit. Cette mode a eu cours pendant quelque temps. Donner cours à une opinion, à un bruit.

  16. Il se dit dans un sens analogue, en parlant de la Monnaie. Monnaie de cours. Cette monnaie a cours, n’a plus de cours. La somme a été payée en pièces d’or et d’argent, le tout bon et ayant cours. Donner cours à la monnaie étrangère.

  17. Fig., Cette locution, ce mot, etc., n’a cours que parmi le peuple, qu’en province, Ils ne sont d’usage que parmi le peuple, qu’en province.

  18. En termes de Commerce et de Finance, il se dit du Prix auquel sont négociées, sur certaines places, à certains jours, des marchandises ou des valeurs. Acheter des marchandises, des effets au cours du marché, au cours du jour, ou absolument au cours. Le cours du change, de la rente, des effets publics.

  19. Cours de la Bourse, Relevé officiel des prix auxquels ont été faites les opérations de Bourse d’une journée, le prix le plus haut, le plus bas et le prix moyen.

  20. Cours forcé, Mesure par laquelle un gouvernement oblige à prendre comme espèces réelles les valeurs en papier qu’il émet ou fait émettre par des banques privilégiées.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (1)
  • cours — forme de base — /kuʁ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée cours#18746.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.