courroie
nom, féminin, /kuʁwa/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. f.
Lanière de cuir. Attacher avec des courroies. Nouer, serrer, lâcher la courroie. Fig. Allonger, étendre la courroie, user avec économie des ressources dont on dispose ; et aussi, étendre les profits d'un emploi au delà de ce qui est permis. Serrer la courroie à quelqu'un, restreindre les ressources qu'on lui procure. Lâcher la courroie, laisser faire, donner des facilités. Faire du cuir d'autrui large courroie, ne pas ménager la bourse d'autrui.
Il [le régent] se garderait bien de lâcher à l'empereur la courroie assez longue pour que sa puissance pût s'augmenter — Saint-Simon (1675-1755)
Bandes de cuir qu'on emploie quelquefois pour communiquer les mouvements. Courroies de guindage, liens de cuir qui servent au carrosse. Ancien proverbe. Mieux vaut ami en voie que denier en courroie [la courroie était la ceinture, la bourse], c'est-à-dire, en voyage, il vaut mieux trouver un ami que d'avoir de l'argent en sa bourse.
Étymologie : Berry, courraie ; bourguig. corroo ; wallon, coriète ; namurois, scoriète ; rouchi, ecoriète ; liégeois, corie, bande de cuir ; provenç. correya, coritja, correja, et aussi au masculin correg, correy, corretz ; catal. corretj, au masculin ; espagn. correa ; ital. correggia ; du latin corrigia, courroie, fouet, de corrigere, corriger. Quant à l'ancien mot corgie, qui a le même sens, il est difficile à expliquer, à cause du déplacement de l'accent, et peut être d'autre origine, à moins qu'on ne suppose que corrigia a donné par métathèse corgiia, d'où corgie.
Historique : XIe s. Les mains [ils] lui lient à curreies de cerf XIIe s. [Ils] portent bones coreges por les mieux esfreer Mainte en i a ceinte d'une corroie, Qui leur ami ne font fors de guiller [tromper] Dunc veneit à Robert, e sil feseit lever, Baillout lui les curgies à lui discipliner S'il eüssent sun cors tut nu à nu cergié [cherché, examiné] Des curgies l'eüssent trové tut despecié Elle tenoit une corgie Dont la mule [elle] feroit [frappait] grans cous XIIIe s. Nus ne puet estre baudroier à Paris, ce est à savoir conreeur de quir por fere courroies à ceindre et por fere semeles à souliers, se il n'a…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Pièce de cuir ou d’étoffe, coupée en long, étroite, qui sert à lier, à attacher quelque chose. Attacher avec des courroies. Mettre, attacher des courroies. Les courroies d’une cuirasse, d’une malle, d’un harnais. Nouer, dénouer les courroies. Serrer, lâcher la courroie. Les courroies d’un dossier.
En termes d’Arts, Courroies de transmission, Courroies qui sont enroulées sur des poulies pour transmettre le mouvement. Courroie sans fin, Bande de cuir dont les bouts se rejoignent.
Fig. et fam., Allonger la courroie. Voyez
ALLONGER.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- courroies — pluriel — /kuʁwa/
- courroie — singulier — /kuʁwa/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée courroie#18742.