courage
nom, masculin, /kuʁaʒə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (7 sens)
Littré (1873)
s. m.
L'ensemble des passions qu'on rapporte au cœur.
Au moins, que les travaux, Les dangers, les soins du voyage Changent un peu votre courage — La Fontaine (1621-1695)
Vous voilà, vains honneurs qui m'enfliez le courage, Écoulés en un jour comme l'eau d'un orage — Rotrou (1609-1650)
La personne même, considérée au point de vue de la passion qui l'anime. Homme courageux.
Ce grand prince calma les courages émus — Bossuet (1627-1704)
Il devient un objet de mépris aux uns, et, ce qui est le plus insupportable à un grand courage, un objet de pitié aux autres — Bossuet (1627-1704)
Zèle, bonne volonté, ardeur. Je vous servirai de grand courage.
Donner courage aux faibles — Pascal (1623-1662)
Il ne perdit pourtant pas courage — Pascal (1623-1662)
Fermeté qui fait supporter ou braver le péril, la souffrance, les revers, etc. Courage d'esprit, fermeté de l'intelligence qui fait saisir les idées hardies, par opposition à courage de cœur, qui fait braver les périls présents. Donner courage, inspirer du courage. Prendre courage, ne pas se laisser abattre ; reprendre courage, se relever après avoir été abattu moralement. Perdre courage, se décourager. Il se dit aussi des animaux. Ce chien a du courage. Familièrement. Prendre, tenir son courage à deux mains, faire effort pour s'affermir dans une résolution. Courage ! interjection d'encouragement, d'excitation.
Ses négociations, ses traités, tout ce que sa prudence et son courage opposaient à la fortune de l'État — Bossuet (1627-1704)
S'il y eut jamais une conjoncture où il fallut montrer de la prévoyance et un courage intrépide, ce fut lorsqu'il s'agit d'assurer la garde des trois illustres captifs — Bossuet (1627-1704)
Dureté de cœur (le courage de la fermeté ayant, par exagération, passé à la dureté de cœur, à l'insensibilité). Je n'ai pas le courage de lui refuser cela. Le traître eut le courage de livrer son meilleur ami. Il n'y a plus que courage, ou il n'y a plus que le courage, locution qui se dit pour encourager en avertissant qu'on est au bout de la peine, du travail, de la course, etc.
Sans que les larmes d'un si bon roi pussent amollir le courage de ces tigres qui le trahissaient si lâchement — VAUG.
Étymologie : Bourguig. coraige ; provenç. et catal. coratge ; espagn. corage ; portug. coragem ; ital. coraggio ; d'une forme coraticum (comme le prouvent le tg du provençal et le double g de l'italien), dérivée de cor, cœur. Palsgrave, p. 62, au XVIe siècle, dit qu'on prononçait couraige.
Historique : XIe s. Li reis est fiers, et sis curages pesmes Mais je ne sai quels en est sis curages [intention] Gardez, de nous ne turnez le curage [que vous ne changiez de sentiment à notre égard] En son curage [il] en est joieus et liét XIIe s. Entendez mon corage Respont Rollant : ne me vient en corage [je n'en ai pas envie] Li cuens Rolant o le courage fier Rolanz fu preus et de mout fier corage À Olivier [il] en a dit son corage Par vasselage [fermeté], son corage [ses sentiments] il cela Et de mout bon corage [il] a reclamé Jhesu Mais je n'ai pas corage [intention] que plus le respitons Au mont [mon…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Disposition de l’âme qui lui fait supporter la souffrance, braver le danger, entreprendre des choses difficiles, hardies. Le courage militaire. Le courage civil. Donner courage. Donner, inspirer du courage. Rendre le courage. Prendre, reprendre courage. S’armer de courage. Perdre courage. Perdre le courage. Exciter, réveiller, ranimer le courage. Relever, accroître, augmenter le courage de quelqu’un Le courage lui manque. Manquer de courage. Signaler son courage. Combattre avec courage Il eut le courage de lui résister. Au dernier moment, le courage lui manque.
Il se dit aussi en parlant des Animaux hardis. Le courage du lion.
Fig. et fam., Prendre son courage à deux mains, Faire effort sur soi-même pour accomplir un acte difficile devant lequel on a longtemps hésité.
Il se dit absolument et comme interjection, pour animer, pour exciter. Allons, courage! Courage, mes amis! Bon courage!
Il se dit quelquefois des Personnes mêmes, surtout dans le style élevé. Enflammer les courages.
Un grand courage se dit souvent d’un Homme qui se distingue par la noblesse d’âme ou par une grande force de caractère. Un grand courage dédaigne de se venger. Les grands courages ne se laissent point abattre par l’adversité.
Il s’emploie aussi quelquefois dans un sens défavorable et se dit de la Dureté de coeur. Auriez-vous bien le courage d’abandonner vos enfants? Je n’ai pas le courage de lui refuser cela. Ce misérable eut le courage de livrer son meilleur ami.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- courages — pluriel — /kuʁaʒə/
- courage — singulier — /kuʁaʒə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée courage#18694.