coupure

coupure

nom, féminin, /kupyʁə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (6 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Division faite par un instrument tranchant. J'ai une coupure au doigt. Il y a une coupure à cette étoffe. Plaie faite par un cheval qui s'entretaille, qui se coupe.

  2. Fossé qu'on ouvre pour faire écouler des eaux. Saigner une rizière, un marais par des coupures. Par extension, se dit des coupures qui ne sont pas de main d'homme.

    Dans ses marches Philopémen observait exactement la position des lieux hauts et des lieux bas, toutes les coupures et les irrégularités du terrain — Rollin (1661-1741)

  3. Terme de fortification. Fossé retranché qui, fait en arrière d'une brèche, coupe tout accès aux assaillants.

    Il [Charles XII] faisait faire des coupures et des retranchements derrière les murailles — Voltaire (1694-1778)

  4. Suppression qu'on fait dans une œuvre littéraire, surtout dans les pièces de théâtre, et aussi dans un morceau de musique pour en rendre la marche plus rapide.

    Pour rassurer les imprimeurs, Courier a fait de grandes coupures [dans le Pamphlet des pamphlets] — Paul-Louis Courier (1772-1825)

  5. Coupures des monnaies, fraction de l'unité monétaire, du billet de banque type. Multiplier les petites coupures des billets de banque, c'est-à-dire les billets de 200 fr. de 100 fr. et au-dessous.

    Suivant l'état de la société, suivant le nombre et la valeur des choses qu'elle vend et achète le plus communément, elle a besoin d'une plus ou moins grande quantité de coupures, de fractions des grosses pièces — J. B. SAY

Étymologie : Couper ; picard, copure.

Historique : XIVe s. La chaleur du soleil cuiroit la coupeure [de la plante], et ainsi ne regetteroit jamais par icelui endroit de la coupure XVIe s. Si ces impetueuses furies exercent tousjours cruauté par prisons, fouets, gehennes, coppures, bruslures Pour la douleur il avoit lasché la couppeure, et puis y avoit remis le ferrement à plusieurs fois Tu delieras la premiere ligature que tu avois faite au dessus du lieu de la coupure [amputation]

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Séparation, division faite en tranchant dans un corps continu. J’ai une coupure au doigt. Il y a une coupure à cette étoffe, à ce cuir. Cette coupure a été faite avec un canif.

  2. Il se dit figurément des Retranchements que l’on fait dans une composition littéraire. La pièce était trop longue : l’auteur y a fait de nombreuses coupures.

  3. Coupure de journal, Fragment détaché d’un journal pour le conserver ou pour le reproduire.

  4. Il se dit, en termes de Banque, des Fractions du billet de banque type. Des coupures de cent francs, de cinquante francs.

  5. Il se dit aussi des Rigoles, des petits canaux que l’on pratique pour faciliter l’écoulement ou changer le cours des eaux. Saigner une rivière, des étangs, un marais par des coupures.

  6. Par extension, il se dit aussi, en termes militaires, des Séparations pratiquées dans les lignes, dans les groupements.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • coupures — pluriel — /kupyʁə/
  • coupure — singulier — /kupyʁə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée coupure#18687.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.