coupé
adjectif, /kupe/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens)
Littré (1873) — entrée 1
part. passé.
Tranché. Avoir le cou coupé, perdre la tête sur l'échafaud. Barbe coupée. Cheveux coupés. Familièrement. Cette locution n'est plus usitée du tout.
Rome a pour ma ruine une hydre trop fertile ; Une tête coupée en fait renaître mille — Pierre Corneille (1606-1684)
Et n'y voyant qu'un tronc dont la tête est coupée — Pierre Corneille (1606-1684)
Terme d'architecture. Pan coupé, surface qui remplace l'angle à la rencontre de deux pans de mur. Terme de peinture. Contour coupé, contour qui n'est pas bien tournant et qui, étant tranché trop net, paraît dur.
Interrompu. Pays coupé de canaux. Terme militaire. Dont la retraite est interceptée. L'ennemi coupé par une manœuvre audacieuse.
La route est fort coupée et le pays difficile — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Le royaume de Siam, quoique coupé par une chaîne de montagnes qui va se réunir aux rochers de la Tartarie, est d'une fertilité prodigieuse — Raynal (1713-1796)
Terme de marine. Pont coupé, élévation d'une partie du pont de certains bâtiments de commerce.
Châtré.
L'Angleterre ne permet pas la sortie de ses chevaux s'ils ne sont coupés — Montesquieu (1689-1755)
Fig. Voix coupée par les sanglots. Terme de littérature. Style coupé, style à phrases courtes, et aussi celui où l'orateur, paraissant entraîné par la passion, ne fait pas toujours les phrases complètes, supprime quelque liaison entre les propositions, n'achève pas toujours sa pensée et la laisse deviner en partie. Phrase, strophe bien coupée, phrase, strophe où les repos sont bien ménagés.
Les échos assoupis ne livrent au zéphyre Que des soupirs mourants, de silence coupés — Lamartine (1790-1869)
Sa conversation était légère, agréable et instructive par le grand nombre d'hommes et de peuples qu'il avait connus, elle était coupée comme son style, pleine de sel et de saillies, sans amertume et sans satire — D'Alembert (1717-1783)
Point coupé, espèce de dentelle faite avec des feuilles pointues.
Terme de blason. Écu coupé, écu divisé par le milieu, de droite à gauche, par une ligne horizontale ou dans le sens de la fasce. Animaux coupés, têtes de loups, de sangliers et autres animaux, ou pieds et autres membres, quand ils paraissent nettement séparés du corps. Coupé de l'un ou l'autre, se dit quand, sur un écu ainsi coupé, il y a un animal ou autre pièce ou meuble brochant sur le tout, qui est pareillement coupé, en sorte que l'émail du chef se trouve en la pointe, et, réciproquement, celui d'en bas se trouve en haut.
Mélangé avec un autre liquide de force moindre. Du vin coupé d'eau. Les vins forts sont coupés avec des vins plus légers. Absolument. Mélangé avec de l'eau. Lait coupé. Bouillon coupé. Pain coupé n'a point de maître.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Grammaire et formes (4)
- coupées — pluriel féminin — /kupe/
- coupés — pluriel masculin — /kupe/
- coupée — singulier féminin — /kupe/
- coupé — singulier masculin — /kupe/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée coupé#18689.