coupe-gorge
nom, masculin, /kupəɡɔʁʒə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (1 sens)
Littré (1873)
s. m.
Endroit écarté, maison mal famée où l'on court risque d'être assassiné ou volé. Par extension. Les académies de jeux sont souvent des coupe-gorge.
Il semble qu'il ait passé toute sa vie dans un coupe-gorge — Mme de Sévigné (1626-1696)
Moabdar est devenu fou, Babylone est un grand coupe-gorge — Voltaire (1694-1778)
Au lansquenet, coupe-gorge, se dit du malheur de celui qui, ayant la main, tire sa carte avant que d'en avoir tiré aucune de celles des joueurs ; ce qui lui fait perdre tout ce qui est sur le tapis.
Il a fait trente fois coupe-gorge aujourd'hui — Regnard (1655-1709)
Le hasard fit qu'elle [la grande duchesse] coupait M. le Grand, et qu'elle lui donna un coupe-gorge — Saint-Simon (1675-1755)
Terme de marine. Courbe de charpente qui, formant la gorge du vaisseau, se courbe vers l'étrave et sous l'éperon. Au plur. Des coupe-gorge.
Étymologie : Couper, et gorge.
Historique : XIIIe s. Et fist en sa manche glacier Ung bien trenchant rasoer d'acier, Qu'il fist forgier à une forge, Que l'en apele cope-gorge Coupe-gorge [sorte d'arme] qui n'ist du fuerre [ne sort du fourreau], Fors quand larrecin vet en fuerre XVe s. Un grand coustel, appellé coppegorge, autrement ganivete
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Endroit où l’on court risque d’être égorgé. Ne passez pas dans ce bois, c’est un coupe-gorge, un vrai coupe-gorge. Des coupe-gorge.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- coupe-gorge — forme de base
- coupe-gorges — pluriel
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