coup
nom, masculin, /ku/
Définitions
Choc porté à un être ou à un objet avec la main, le pied ou un instrument.
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Mouvement bref et rapide d'un organe ou d'un instrument accompli pour produire un effet.
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Détonation d'une arme à feu ou bruit sec produit par un choc.
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Événement soudain et pénible qui ébranle moralement une personne.
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Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (24 sens) — Académie 1935 (103 sens)
Littré (1873)
s. m.
Impression qu'un corps fait sur un autre en le heurtant. Donner un coup de bâton, un coup de fouet, un coup de marteau. Se donner un coup contre un mur, se faire une contusion en se heurtant. Faire le coup de poing, se battre avec le poing fermé. Coup de poing, instrument pour percer les tonneaux ; espèce de pistolets fort petits. Fig. Rabattre les coups, adoucir, apaiser des gens aigris les uns contre les autres. Casser le nez à coups d'encensoir, donner en face des louanges exagérées et grossières. Faire d'une pierre deux coups, venir à bout de deux choses par un seul moyen. Frapper les grands coups, employer les moyens décisifs. Frapper des coups en l'air, perdre sa peine. C'est un coup dans l'eau, c'est un coup d'épée dans l'eau, se dit d'une tentative inutile. Avoir un coup de hache à la tête, ou, simplement, avoir un coup de hache, un coup de marteau, être un peu fou. Terme de manége. Coup de hache, dépression existant au point de jonction de l'encolure avec le garrot. Coup de lance, cavité à la base de l'encolure, à l'épaule, au bras ou à la fesse. Coup de reins, mouvement par lequel le cheval roidit les reins. Coup de fouet, coup porté avec un fouet. Le soldat anglais reçoit des coups de fouet. Un coup de fouet vigoureusement assené fit partir le cheval au galop. Terme de pathologie. Coup de fouet, rupture de fibres musculaires ou de muscles minces, qui survient à la jambe pendant un effort, et qui fait éprouver au patient une sensation comme s'il recevait un coup de fouet. Terme de vétérinaire. Coup de fouet, mouvement brusque observé aux flancs dans la respiration d'un cheval poussif, surtout pendant l'expiration. Dans le langage général, coup de fouet, effort redoublé par lequel on tente d'obtenir ou d'emporter quelque chose, et, en musique, effort plus brillant que tout le reste, par lequel on finit un morceau. Coup de fouet signifie aussi excitation, action d'animer, de presser. Terme de marine. Coup de fouet, la dernière crise du coup de vent, ou le coup de vent lui-même, s'il est de peu de durée. Coup de talon, choc qu'éprouve un navire en passant sur un écueil. Coup de boutoir, coup porté par le sanglier avec son boutoir ; et, figurément, attaque brusque et inattendue en paroles. Terme de maréchalerie. Coup de boutoir dans la sole, plaie faite par le maréchal, lorsque avec le boutoir il pare trop profondément la sole du cheval. Terme d'escrime. Coup pour coup, action de deux tireurs qui se touchent en même temps. Coup de temps, coup pris d'opposition sur un développement ; et fig. circonstance inopinée, ou occasion qui passe vite. Il a su profiter du coup de temps. Coup fourré, dans un combat au fleuret, à l'épée, se dit quand chacun des deux adversaires en même temps donne et reçoit un coup. Et, figurément faire un coup fourré, se rendre mutuellement et en même temps de mauvais offices. Ils ont fait un coup fourré. Dans un autre sens, porter un coup fourré, rendre en secret un mauvais office. Terme de jeu de paume. Coup de brèche, coup qui fait entrer la balle dans le dedans, près des encoignures. Terme de fauconnerie. On dit qu'un oiseau prend coup, quand il heurte trop rudement sa proie. Terme de maçonnerie. Un mur prend coup, il menace de chute, il fait ventre, il n'est plus à plomb.
Où chacun seul témoin des grands coups qu'il portait.... — Pierre Corneille (1606-1684)
Je veux ici l'attendre et le rouer de coups — Scarron (1610-1660)
Les coups, le combat. Fig. Juger des coups, rester spectateur d'une lutte, d'un débat. Sans coup férir, sans combattre, sans en venir aux mains. Il s'empara des positions de l'ennemi sans coup férir. Et fig. et familièrement, sans résistance. Il en est venu à bout sans coup férir.
Mais s'il fallait encor que l'on en vînt aux coups, Je combattrais pour elle en soupirant pour vous — Pierre Corneille (1606-1684)
Elle-même leur dresse une embûche au passage, Se mêle dans les coups, porte partout sa rage — Pierre Corneille (1606-1684)
Blessure, contusion. Il est tout couvert de coups. Il tomba percé de coups. Coup de feu, plaie produite par une arme à feu. Le coup de la mort, la blessure, l'accident qui la détermine. Le coup de grâce, celui par lequel le bourreau achevait le patient ; et, par extension, ce qui consomme la ruine de quelqu'un. Populairement et ironiquement. Il a été le plus fort, il a porté les coups, il a été battu.
L'époux expirant sous les coups d'une épouse barbare — Massillon (1663-1742)
Percé de tant de coups, comment t'es-tu sauvé ? — Jean Racine (1639-1699)
La décharge d'une arme à feu. Tirer un coup de canon. Tirer à coup perdu, tirer hors de portée. Fusil à deux coups, fusil à double canon. Faire le coup de fusil, prendre part à un combat d'infanterie, se battre en tirailleurs. On dit de même pour la cavalerie, faire le coup de pistolet. Se dit aussi de la charge de l'arme. J'ai encore deux coups de poudre et un coup de plomb. Terme de chasse. Coup double, coup qui tue deux pièces de gibier. Et fig. Par extension. Coup de tonnerre, bruit violent qui accompagne une décharge d'électricité dans un orage. Un violent coup de tonnerre fit trembler toutes les vitres. Familièrement et par ironie, il est secret comme un coup de tonnerre, comme un coup de canon, il divulgue ce qu'on lui confie. Coup de foudre, coup que frappe l'électricité dans un orage. Un coup de foudre fendit le peuplier. Fig.
Cent pièces de canon tonnèrent sur elle à son arrivée, et la maison où elle entra fut percée de leurs coups — Bossuet (1627-1704)
Des filous effrontés, d'un coup de pistolet, Ébranlent ma fenêtre et percent mon volet — Boileau (1636-1711)
Fig. Atteinte, attaque, blessure morale. Le dernier coup, ce qui achève d'accabler, de ruiner, etc. Tenir coup, tenir tête. Le coup de pied de l'âne, insulte qu'un lâche adresse à un homme jadis puissant et maintenant hors d'état de se venger. Locution tirée de la fable où l'âne vient en dernier frapper le lion mourant. Coup de Jarnac, manœuvre perfide, déloyale.
En vos beautés parfaites Vous ne pouvez savoir tous les coups que vous faites — Mathurin Régnier (1573-1613)
Il veut frapper le coup sans notre ministère — Pierre Corneille (1606-1684)
Son, bruit que rendent certains corps par le choc. Le premier coup de cloche le réveilla. Au coup de minuit, de midi. Les coups de marteau retentissaient dans toute la maison. Tout est prêt ; nous partirons au coup de dix heures. Familièrement. N'être pas sujet au coup de cloche, au coup de marteau, n'être pas sujet à la cloche, au marteau qui demande que la porte soit ouverte et qui indique qu'on vient réclamer votre office, être libre et maître de son temps.
Action rapide d'un organe, d'un instrument, etc. Un coup de langue. Des coups de gosier sonores. En quelques coups de balai la maison fut nettoyée. Un coup de dent, action de faire aller la mâchoire pour manger. Coup de pinceau, application du pinceau pour peindre ; et fig. description. Coup de chapeau, salutation donnée au passage. Traduire à coups de dictionnaire, ne pouvoir traduire qu'en ayant recours fréquemment au dictionnaire. Coups de ciseaux, coupures qu'on fait avec des ciseaux dans quelque écrit pour les insérer textuellement dans une composition. Faire un journal à coups de ciseaux. Donner à quelqu'un un coup de main, d'épaule, lui venir en aide, unir momentanément ses efforts aux siens. Donner un coup de collier, faire un nouvel effort, locution prise des chevaux qui, faisant un effort, appuient sur le collier. Familièrement. Donner un coup de pied jusqu'à tel endroit, y aller : cela ne se dit que d'un endroit peu éloigné. Terme de peinture. Application, sur la toile, de la brosse ou du pinceau chargé de couleur. Peindre au premier coup, peindre d'une manière large, facile, rapide. Coup de jour, trait vif de lumière ou de clair placé à propos. Terme de musique. Coup de langue, coup de gosier, coup d'archet, manière de lancer le son. Fig. Coup de bec, de dent, de langue, de patte, propos médisant. Coup de filet, action de lancer le filet, et résultat de cette action, prise de poisson ; et fig. une capture, un gain. La police, d'un coup de filet, a saisi plusieurs malfaiteurs. Ce seul coup de filet lui a rapporté une grosse somme. Terme de typographie. Coup de planche, action de poser la planche sur le papier pour l'imprimer. Coup de piston, la course entière accomplie par un piston dans un corps de pompe, pour se rendre d'une extrémité à l'autre.
[L'âne] Craignit qu'en perdant un moment Il ne perdît un coup de dent — La Fontaine (1621-1695)
Il y procédait d'une vitesse toujours égale et trouvait moyen, sans perdre un coup de dent, de me donner louanges sur louanges — Lesage (1668-1747)
Terme de guerre. Coups de main, ceux qui se donnent avec les armes ordinaires, sans artillerie. Une place emportée à coups de main, c'est une place emportée d'emblée, l'épée à la main. Coup de main, expédition, attaque de vive force, et, en général, toute espèce d'entreprise hardie.
S'il est permis, sous ce prétexte, de faire des coups de main, quels États sont en sûreté dans la jeunesse des rois ? — Bossuet (1627-1704)
La Grande-Bretagne n'oublia pas, à Utrecht, que ces voisins entreprenants, soutenus des Canadiens, accoutumés à la chasse et aux coups de main, avaient porté, durant les deux dernières guerres, la désolation dans ses divers établissements — Raynal (1713-1796)
Coup d'œil, vue, regard. Jetez un coup d'œil sur ce tableau. Fig. Coup d'œil, sûreté dans l'appréciation des choses. Coup d'œil, aspect.
Et dès qu'il m'aura plu d'abattre votre orgueil, Vos têtes pour tomber n'attendront qu'un coup d'œil — Pierre Corneille (1606-1684)
Je crains d'en recevoir quelque coup d'œil fatal, Et chasse un ennemi dont je me défends mal — Pierre Corneille (1606-1684)
Action vive, effet subit de certaines choses. Un coup de vent fit écrouler une partie de la muraille. Terme de marine. Coup de mer, choc d'une grosse lame. Bien tenir le coup, résister aux coups de vent et de mer. Faire un coup d'écoute, forcer sa voilure par une brise fraîche. Terme de médecine. Coup de sang, attaque d'apoplexie, et aussi congestion momentanée du sang vers la tête. Coup de lumière, effet subit d'une lumière qui apparaît. Coup de soleil, effet produit, sur une partie quelconque d'un être vivant, animal ou végétal, par l'action d'un soleil ardent. Coup de soleil, sorte d'érysipèle causé par le soleil. Coup de soleil, ensemble d'accidents cérébraux causés par le soleil, et qui peuvent causer rapidement la mort. Populairement. Coup de soleil, action de rougir soudainement par honte ou par embarras. Coup d'air, fluxion ou douleur causée par un courant d'air. Terme de vétérinaire. Coup de chaleur, congestion sanguine, brusque, rapide, du poumon, quelquefois de l'intestin et plus rarement de l'encéphale, arrivant communément sur les chevaux de trait rapide, pendant le travail et au temps des chaleurs. Terme d'arts. Coup de feu, action d'activer le feu pour la cuisson ou la fusion de différentes matières. Terme de cuisine. Coup de feu, l'action d'activer le feu des fourneaux au moment d'achever la cuisson des mets ; et figurément, moment de presse. Coup de feu, action d'un feu trop ardent sur une préparation culinaire. Le rôti a un coup de feu.
Du premier coup de vent il me conduit au port — Pierre Corneille (1606-1684)
L'hiver était si près de nous, qu'il n'avait fallu qu'un coup de vent de quelques minutes pour l'amener âpre, mordant, dominateur — Philippe-Paul de Ségur (1780-1873)
Chance favorable ou défavorable, circonstance imprévue. Coup du ciel. Coup de bonheur.
Comment la retrouver sans un coup du hasard ? — BRIFAUT
Fais agir ta constance en ce coup de malheur — Pierre Corneille (1606-1684)
Action. Voilà un coup d'étourdi. C'est un coup de désespoir. Faire le coup, faire l'action dont il s'agit, en parlant d'une action mauvaise, ou tout au moins d'une action hardie. Faire de bons coups, faire de bons tours. Faire un mauvais coup, une mauvaise action. Faire un coup de tête, faire étourdiment une chose hardie ou extravagante. Faire un coup de sa tête, ne demander conseil à personne. Un coup de maître, une action digne d'un maître, d'un homme habile, vaillant, etc. Coup d'essai, la première fois qu'on tente une chose. Coup d'éclat, action qui fait grand bruit, qui attire beaucoup de renom, et aussi action qui rompt avec des habitudes, avec une situation, etc. Coup monté, coup préparé à l'avance, prémédité. Manquer son coup, ne pas réussir. Dans un sens opposé, porter coup, sans régime, produire un effet considérable. Porter coup, nuire, faire tort. Le coup est porté, le mal est fait. Être sous le coup, être menacé par, être en butte à. Il est sous le coup d'une accusation.
C'est là que votre main peut faire de beaux coups — Mathurin Régnier (1573-1613)
Quoi ! de tuer un homme auriez-vous conscience ? Loin que votre dessein vous fasse aimer d'Hortense, Ce coup augmentera sa haine, il est certain — La Fontaine (1621-1695)
Coup d'État, mesure violente à laquelle un gouvernement a recours. Action qui décide de quelque chose d'important pour le bien de l'État. La bataille de Denain fut un coup d'État. Entreprise violente par laquelle un personnage s'empare du pouvoir (coup d'État du 18 brumaire par lequel le général Bonaparte devint maître de la France), ou mesure par laquelle un gouvernement change violemment et en dehors des lois la constitution (le coup d'État tenté par Charles X en 1830). Fig. Tout ce qui est décisif dans quelque affaire importante. Ce mariage fut un coup d'État dans cette famille. Coup d'autorité, usage extraordinaire qu'une personne fait de son autorité envers ceux qui lui résistent. Coup de théâtre, se dit en poésie dramatique, d'un événement ou d'une situation, qui frappe tout d'un coup l'esprit, parce qu'on ne s'y attendait pas. Et fig. Son arrivée fut un coup de théâtre. Cela fit un coup de théâtre.
Il ne faut plus que vous parliez d'agir puissamment, ni de faire des coups d'État qu'avec la reine — Guez de Balzac (1597-1654)
Jamais un coup d'État ne fut mieux entrepris — Pierre Corneille (1606-1684)
Fois, occasion, moment.
[L'honneur qui] perdu pour un coup jamais ne se recouvre — Mathurin Régnier (1573-1613)
Elles n'arrivent pas à leur dernier degré de perfection du premier coup — Descartes (1596-1650)
Coup de vin, ce qu'on boit de vin en une fois. Le coup du milieu, le coup qu'on boit entre les deux services. Le coup de l'étrier, le coup qu'on boit en montant à cheval pour partir. Familièrement. Boire un coup, un verre de vin. Boire à petits coups, peu à la fois, mais souvent. Boire un coup est aussi faire un excès de vin. Il avait bu un coup. Populairement. Boire un coup, être en danger de se noyer.
Un jour le cuisinier ayant bu trop d'un coup.... — La Fontaine (1621-1695)
[Tartuffe] But, à son déjeuner, quatre grands coups de vin — Molière (1622-1673)
Terme de jeu. Manière de jouer, chance du jeu. Il a fait un beau coup. Le donner en trois coups, quatre coups, etc. se dit pour exprimer qu'on défie quelqu'un de faire la chose dont il s'agit, qui est difficile, et qu'on n'a pas su ou qu'on ne saurait pas faire soi-même. Coup se dit de chaque fois qu'un des joueurs a donné une carte, lancé des dés, etc. Coup forcé, coup qu'il n'est pas possible de parer. Remettre un coup, autoriser quelqu'un à recommencer un coup mal joué. Coup sûr, coup qui ne peut manquer de réussir. Fig. À coup sûr, loc. adv. Immanquablement, avec certitude de gain, de succès. Nous réussirons à coup sûr. Ce n'est pas toujours à coup sûr qu'on spécule. Coup de dés, toute combinaison que les dés peuvent présenter. Et figurément, c'est un coup de dés ou de dé, c'est une affaire où le hasard aura beaucoup de part. Rompre le coup, arrêter, détourner une chance des dés, en les empêchant de rouler librement ; et fig. empêcher le succès d'une entreprise. Au trictrac, coup et dés, veut dire que la primauté appartiendra à celui qui amènera le dé le plus fort. Tout coup vaille, arrive ce qu'il pourra. Au billard, coup du roi, coup où, la bille étant placée en arrière de la blouse du milieu près de la bande, on va frapper de sa bille la bande du haut, de manière qu'en revenant elle pousse l'autre dans la blouse. Dans toute espèce de jeux, faux coup, se dit, en général, d'un coup qui n'a pas réussi ou qui n'a pas porté. Au billard, faux coup de la queue, faute que commet le joueur quand il touche la bille à faux. Coup de partie, ce qui décide du succès d'une partie de jeu ; et fig. du succès d'une affaire. Coup de bourse, opération de bourse qui réussit, qui apporte un grand profit.
Je le donne en six coups au fourbe le plus brave — Molière (1622-1673)
Imperceptiblement ensemble ils se rendront, Et malgré vos efforts, mon fils, ils se joindront ; C'est un coup sûr.... — La Fontaine (1621-1695)
Tout à coup, loc. adv. Soudain et sans qu'on s'y attende.
Faire accroire tout à coup à tout un peuple que.... — Bossuet (1627-1704)
Tout à coup elle aperçut les débris d'un navire — Fénelon (1651-1715)
À coup, à la fois.
Le sang des veines y entre si à coup et en si grande quantité que.... — Descartes (1596-1650)
Selon que ce froid vient plus lentement ou plus à coup — Descartes (1596-1650)
Tout d'un coup, loc. adv. Tout en une fois, à la fois, du premier coup. Dans le sens de tout à coup.
Et pour voir tout d'un coup vos malheurs terminés — Pierre Corneille (1606-1684)
Et de Servilius l'astre prédominant Dissipa tout d'un coup ce bonheur étonnant — Pierre Corneille (1606-1684)
Coup sur coup, loc. adv. Successivement et sans interruption.
Coup sur coup je verrai par leur intelligence De mes soins vigilants confondre la prudence — Molière (1622-1673)
Trois rendez-vous coup sur coup furent pris — La Fontaine (1621-1695)
Étymologie : Picard, keu ; bourguig. cô ; saintong. cot ; provenç. colp, cop, colbe ; espagn. et portug. golpe ; ital. colpo ; bas-latin, colpus, dans la loi salique, de colapus, colaphus qui se trouve avec le sens général de coup ; du latin colaphus, coup de poing, soufflet.
Historique : XIe s. Tans cols a pris sur son escu boucler Donez mon fief : c'est le colp de Rolant [c'est de frapper Rolant] De cous ferir, receveir et doner Franc et paien merveilleus colps i rendent Colp en auras ainz que nous departons XIIe s. Ja par cop d'arme [le haume] ne sera entamez Nus cops de lance, de dart et de penon D'ores en altres i [il] va grans cols donant XIIIe s. Apertement lui va Pepins tel cop donner En la senestre cuisse [elle] a tel cop assené Et veez chi un castiel qui a nom Tenis priès de chi à quatre lieues [Tunis, à quatre lieues de Damiette] que nous prendrons au premier cop Li …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Impression que fait un corps sur un autre en le frappant. Coup sec. Coup violent. La force, la pesanteur du coup. Frapper un coup ou deux coups à une porte avec le marteau. Frapper à coups redoublés. Coup d’épée, de sabre, de poignard. Coup de cognée, de hache, de marteau. Coup de pied, de poing. Coup de coude. Coup de bec. Coup de dent. Coup de griffe, de patte. Coup de bâton. Coup d’éperon. Coup de barre. Coup de bistouri. Donner, frapper, porter, allonger, assener un coup. Recevoir un coup. Détourner, parer, esquiver un coup. Amortir un coup. Faire tomber une grêle de coups sur les épaules de quelqu’un. Percé de coups.
En termes de Marine, Coup de talon, Choc qu’éprouve un navire en passant sur un écueil.
Fam., Faire le coup de poing, Se battre à coups de poing avec quelqu’un.
Par extension, Coup de poing, Instrument d’acier dont on se garnit le poing pour frapper.
Fig., Coup de fouet, Impression vive qui a pour résultat d’exciter l’activité physiologique. Ces enfants sont débiles : l’air de la mer leur donnent le coup de fouet dont ils ont besoin. Par analogie, il signifie, en termes de Médecine, Rupture de fibres musculaires, ou de muscles minces, qui survient à la jambe par suite d’un effort.
Coup de boutoir. Voyez
BOUTOIR.
Coup de grâce, Le dernier coup que l’exécuteur donne à un supplicié afin de terminer ses souffrances. Il se dit aussi du Coup donné par un chasseur, un boucher à une bête blessée pour l’achever. On le dit figurément de Ce qui achève de perdre, de ruiner quelqu’un. Cet événement fut son coup de grâce. Vous lui avez porté le coup de grâce, il ne s’en relèvera jamais. On dit même Donner, porter le dernier coup. Il donna le dernier coup à ce parti.
Fig. et fam., Faire d’une pierre deux coups, Venir à bout de deux choses par un seul moyen, profiter de la même occasion pour terminer deux affaires.
Fig., Frapper un grand coup, Produire un effet considérable et décisif.
Sans coup férir, Sans se battre, sans en venir aux mains. On a pris cette place sans coup férir. Il signifie aussi figurément et familièrement sans éprouver de résistance. Il en est venu à bout sans coup férir.
Fig. et fam., C’est un coup dans l’eau, un coup d’épée dans l’eau, se dit d’un Effort, d’une tentative qui n’a point de suite, d’effet.
Fig. et fam., Avoir un coup de marteau, être un peu fou.
Fig. et fam., Coup de bec, coup de dent, coup de langue, Médisance, raillerie piquante. On dit aussi Donner un coup de patte, des coups de patte à quelqu’un, Lâcher quelque trait malin contre quelqu’un.
Fig. et fam., Casser le nez à coups d’encensoir, Donner en face à quelqu’un des louanges maladroites et outrées.
Fig., Traduire à coups de dictionnaire, se dit de Ceux qui, peu familiarisés avec une langue, sont obligés, pour la traduire, d’avoir fréquemment recours au dictionnaire. On le dit quelquefois par dénigrement d’un Mauvais traducteur. Il a fait sa traduction à coups de dictionnaire.
Fig. et fam., Le coup de pied de l’âne, L’insulte qu’adresse un homme lâche ou faible à celui dont il n’a plus à redouter le pouvoir ou la force.
En termes d’Escrime, Coup fourré, se dit quand chacun des deux hommes qui se battent donne un coup et en reçoit un autre en même temps. On le dit figurément des Mauvais offices que deux personnes se rendent mutuellement et en même temps. Porter un coup fourré.
Fig., Juger des coups, Assister en spectateur à une lutte, à un débat.
Fig., Donner à quelqu’un un coup de Jarnac, le coup de Jarnac signifie Frapper quelqu’un par traîtrise, par allusion au duel où Jarnac tua La Châtaigneraie en lui portant un coup imprévu.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- coups — pluriel — /ku/
- coup — singulier — /ku/
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