coudée

coudée

nom, féminin, /kude/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Mesure de longueur d'environ un pied et demi, ainsi nommée parce qu'elle représente à peu près la distance du coude au bout du doigt du milieu. On distinguait plusieurs coudées : coudée naturelle chez les Égyptiens, de 450 millimètres ; coudée royale, de 525 ; coudée olympique, de 462 ; coudée haschémique, de 640.

    L'empereur Julien marque dans une lettre à Ecdice, préfet d'Égypte, que la hauteur du débordement du Nil s'était trouvée de quinze coudées le 20 septembre [en 362] — Rollin (1661-1741)

    Elle [une machine] jetait une pierre du poids de trois cents livres et une flèche de douze coudées à la distance d'un stade, c'est-à-dire à cent vingt-cinq pas de là — Rollin (1661-1741)

  2. Familièrement, coudée prise dans le sens d'usage du coude et usitée seulement dans la locution : avoir ses coudées franches, avoir, quand on est assis avec plusieurs personnes, quelque espace autour de soi, de manière à n'être pas gêné par ses voisins ; et fig. n'être ni contraint ni gêné dans ce qu'on veut faire.

    Si c'était une paysanne, vous auriez maintenant toutes vos coudées franches à vous en faire la justice à bons coups de bâton — Molière (1622-1673)

    Vous avez toutes vos coudées franches pour votre syndic — Mme de Sévigné (1626-1696)

Étymologie : Coude ; provenç. copdada ; catal. colsada. Il y a aussi une forme masculine : provenç. coydat. C'est une forme masculine semblable (colté) qu'il faut lire dans le passage du roman de Rou cité dans l'historique ; avec coltées, dans les deux vers, la mesure n'y est pas ; avec coltés elle y est. Or, il est de règle que, ces vieux poëtes versifiant très bien, la mesure doit toujours être exacte.

Historique : XIIe s. Roiz fu Nabugodonosor ; Une image fist faire d'or, Soisante coltées [lisez coltés] de haut tour, Et siz coltées out de laour [largeur] XVIe s. Par là, Caen eut ses coudées plus larges Estendre ses coudées Respondons à l'ambition, que c'est ellemesme qui nous donne goust à la solitude ; car que fuit elle tant que la société ? que cherche elle tant que ses coudées franches ?

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Toute l’étendue du bras depuis le coude jusqu’au bout du doigt du milieu. En ce sens, il ne se dit que dans Avoir ses coudées franches, les coudées franches, Avoir la liberté du mouvement des bras, des coudes. Il ne s’emploie plus qu’au sens figuré et signifie N’être point contraint ni gêné dans ce qu’on veut faire. Personne ne contrôle plus ses actions, il n’est plus en tutelle, il a ses coudées franches.

  2. Il se disait d’une Mesure de longueur prise sur l’étendue qu’il y a depuis le coude jusqu’au bout du doigt du milieu.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • coudées — pluriel — /kude/
  • coudée — singulier — /kude/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée coudée#18598.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.