coton
nom, masculin, /kotɔ̃/ ou /kɔtɔ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (9 sens)
Littré (1873)
s. m.
Nom donné à une sorte de bourre végétale qui, formée de filaments longs et ténus, environne les semences du cotonnier, arbre que l'on cultive dans l'Inde, aux États-Unis, dans l'Égypte et, depuis peu, dans l'Algérie. Coton en laine, coton brut. Toile, étoffe de coton. Tricot de coton. Jeter son coton, se dit de certaines étoffes qui se couvrent d'une sorte de bourre. Cela jettera un beau coton, se dit d'une chose qui, mal entreprise, produira de mauvais effets. Locution basse, remarque DE CAILLIÈRES, 1690. Cet homme jette un vilain coton, il file un mauvais coton ; sa santé, son crédit, sa réputation est fortement compromise. Fig. Élever un enfant dans du coton, l'élever trop mollement. Par plaisanterie, porte-coton, valet de garde-robe.
L'arbrisseau qui fournit le coton à nos manufactures demande un sol sec et pierreux ; il préfère celui qui est déjà familiarisé par la culture — RAYN.
Chaque loge, en s'ouvrant, laisse apercevoir plusieurs graines arrondies, enveloppées d'une bourre blanche, qui est le coton proprement dit — ID.
Duvet long, entre-croisé et crépu, qui recouvre la surface de certaines feuilles ou d'autres parties de quelques végétaux.
Leurs fleurs tendres et délicates, et, durant l'hiver, enveloppées comme dans un petit coton — Bossuet (1627-1704)
Poil follet qui vient aux joues et au menton des jeunes gens.
À peine son menton S'était vêtu de son premier coton — La Fontaine (1621-1695)
Vraiment sur votre menton La main de l'aimable jeunesse N'a mis encor que son coton — Voltaire (1694-1778)
Coton-poudre, ou coton azotique, ou fulmi-coton, substance explosive qu'on obtient par l'action de l'acide azotique sur le coton.
Étymologie : Provenç. coton ; catal. cotó ; espagn. algodon ; portug. cotão ; de l'arabe qothon ou, avec l'article, al qothon.
Historique : XIIIe s. Et li atachierent la crois en un grant chapel de coton [ouatte] par devant, pour ce que il voloit que tous le veissent Quiconques est chapelier de coton à Paris, il doit jurer seur sains qu'il fera bone œuvre et leal Il peut metre devant son pis et devant son ventre un contrecuer de teille et de coton Il li lancerent le feu grejois qui se prist en la tour, qui estoit faite de planches de sapin et de telle [toile] de coton XVe s. Je cognoys approcher ma soif, Je crache blanc comme cotton Jacobins aussi gros que un oef XVIe s. L'arbrisseau, portant le cotton, jette des petites pommes, l…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Sorte de bourre végétale, composée de filaments longs, fins, soyeux, qui enveloppe les graines d’un arbuste appelé Cotonnier. Coton des Indes, de Géorgie, d’égypte. Coton longue soie. Coton courte soie. Coton brut. Coton filé. Coton cardé. Coton épluché. Balle de coton. Toile de coton. étoffe de coton. Bas de coton. Matelas de coton. Couverture de coton. Chemise de coton. Bonnet de coton. Papier de coton. Se boucher les oreilles avec du coton.
Fig. et fam., élever un enfant dans du coton, L’élever trop mollement.
Il se dit, par extension, d’une Espèce de duvet formé de poils longs, entrecroisés et crépus, qu’on observe à la surface des fruits, des feuilles, etc., de certains végétaux.
Il se dit également de Certaine bourre qui enveloppe le bourgeon de la vigne et de quelques autres arbres.
Il se dit aussi figurément du Poil follet qui vient aux joues et au menton des jeunes gens. Son menton commençait à se couvrir du premier coton.
Cette étoffe jette son coton, du coton, se dit d’une étoffe qui se couvre d’une espèce de bourre, de duvet, semblable à du coton.
Fig. et fam., Filer un mauvais coton se dit de Quelqu’un dont la santé décline au point de donner les plus graves inquiétudes, et aussi de Quelqu’un qui est sur une pente dangereuse où il risque de perdre sa fortune son crédit, sa réputation, sa probité.
COTON-POUDRE. Voyez
FULMICOTON.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- cotons — pluriel — /kɔtɔ̃/ ou /kotɔ̃/
- coton — singulier — /kɔtɔ̃/ ou /kotɔ̃/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée coton#18523.