corvée

corvée

nom, féminin, /kɔʁve/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (5 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Terme de féodalité. Journées de travail gratuit que les vassaux devaient à leur seigneur. Corvées réelles, celles qui étaient dues par le fonds ou à cause du fonds. Corvées personnelles, celles auxquelles étaient soumis les habitants d'un lieu par le fait seuil de leur résidence. Prestation de travail personnel pour l'entretien des chemins.

    Sa femme, ses enfants, les soldats, les impôts, Le créancier et la corvée, Lui font d'un malheureux la peinture achevée — La Fontaine (1621-1695)

    Celui [Turgot] qui vient de supprimer les corvées pourrait bien supprimer l'esclavage [mainmorte] — Voltaire (1694-1778)

  2. Terme militaire. Travaux que font tour à tour les hommes d'une compagnie. On commande tant d'hommes de corvée.

  3. Nom que les ouvriers donnent à de petits travaux qu'ils vont faire en ville et qui ne leur prennent qu'une partie de leur journée.

  4. Par extension, travail obligé et gratuit ; chose qu'on est requis ou prié de faire, et qui est une charge. Je me serais bien passé de cette corvée.

    Et commettre aux dures corvées [de la guerre] Toutes ces âmes relevées.... — Malherbe (1555-1628)

    J'ai du déplaisir de la corvée qu'il vous a fait faire — Guez de Balzac (1597-1654)

Étymologie : Bas-lat. corvada, dans le capitulaire de Villis de Charlemagne, et dans des textes postérieurs corruweia, corrua, croata ; du bas-lat. corrogata, corvée, de cum, et rogare, prescrire : corrogata opera, le travail commandé. Corrogata est dans un texte presque aussi ancien que corvada du Capitulaire, et décide la question d'étymologie ; mais corvada prouve que dès le temps de Charlemagne la forme romane existait.

Historique : XIIIe s. Jou Hues de Castemon, quens de St Pol, fach savoir, ke jou tous les homes de Goy ai quité de toute corowée, sauf men droit et me justice Cil qui sont deu par la reson des terres sont cens, gelines, corvées, et plusors autres choses qui plus doivent par la reson des terres que par autres Et se le [la] corvée est d'omme sans queval, quatre deniers N'a gaires que me voliés pendre, Or le poés de vous atendre ; Tele est ore la destinée ; Por moi ferés ceste corvée XIVe s. Comme l'on ait acoustumé de faire au dehors et près des murs d'icelle ville [Langres] un jeu appelé la courvée.... lequ…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Travail et service gratuit qui était dû par le paysan à son seigneur.

  2. Il se dit encore des Prestations en nature ou du Travail exigible des habitants d’une commune pour l’entretien des chemins vicinaux. Voyez

  3. PRESTATION.

  4. Il se dit, en termes militaires, de Certains travaux que font tour à tour les soldats d’une compagnie. On a commandé tant d’hommes de corvée. être de corvée. Corvée de fourrage.

  5. Il signifie au figuré Toute action, tout travail, soit du corps, soit de l’esprit, qu’on fait à regret, avec peine et sans profit. Ce travail est très ingrat : c’est une corvée. Je me serais bien passé de cette corvée. Exemptez-moi de cette corvée. épargnez-moi cette corvée.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • corvées — pluriel — /kɔʁve/
  • corvée — singulier — /kɔʁve/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée corvée#18417.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.