cornette
nom, /kɔʁnɛtə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) · 1873 (1 sens) · 1873 (1 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873) — entrée 1
s. f.
Sorte de coiffure de femme en déshabillé. Fig. Laver la cornette à une femme, la gronder. On dit très familièrement qu'une femme est cornette, quand son mari lui est infidèle. On rapproche alors par plaisanterie cornette de cornes qui se dit de l'homme.
Sans nuls atours qu'une simple cornette — La Fontaine (1621-1695)
Attends.... que la belle en cornette.... — Boileau (1636-1711)
Autrefois, large bande d'étoffe de soie que les docteurs en droit portaient autour du cou pendante jusqu'à terre. Bande de soie que les professeurs du collége royal à Paris portaient autour du cou, et qui leur avait été accordée par François 1er [le collége royal est aujourd'hui le collége de France]. Autrefois, dans plusieurs villes, sorte de chaperon que les magistrats portaient sur l'épaule pour caractère de leur dignité.
....Si j'eusse étudié, Jeune laborieux sur un banc à l'école, Galien, Hippocrate ou Jason ou Bartole, Une cornette au col debout dans un parquet, À tort et à travers je vendrais mon caquet — Mathurin Régnier (1573-1613)
Terme de fauconnerie. Houppe ou tiroir de dessus le chaperon de l'oiseau.
Autrefois étendard de compagnie de cavalerie et de dragons. Compagnie de cavalerie. Gros de cavalerie. Cornette blanche était, en France, le nom du premier régiment de cavalerie. S. m. Cornette, l'officier qui portait l'étendard dans chaque compagnie de cavalerie et de dragons ; son poste dans un combat était à la tête de l'escadron. Officier de certains corps de la maison du roi, mais ne portant point l'étendard. Il était cornette dans la première compagnie de mousquetaires. S. f. Emploi de cornette dans la maison du roi. Acheter une cornette dans les chevau-légers. Ces différents emplois du terme cornette n'existent plus dans l'armée.
Il défit six mille Hongrois avec quinze cornettes de cavalerie — SARAZIN
Il y a telle rose de soulier qui vaut mieux que neuf cornettes impériales — Voiture (1597-1648)
Terme de marine. Sorte de long pavillon à deux pointes, insigne du commandement d'une division de trois bâtiments au moins. La cornette se hisse à la tête d'un mât comme une flamme.
Étymologie : Cornet, la cornette ayant été comparée à une petite corne ; wallon, coirnète. La cornette, étendard, a été dite ainsi à cause de sa forme ; puis le nom de l'étendard a passé à celui qui le portait.
Historique : XIIIe s. Et si ont les longues cornettes Et leurs solers faits à blouquetes [petites boucles] XVe s. Chapperons à courtes cornettes Grans chaperons et cornette à visiere, Peaulx de chameulx, et draps fors et entiers, Garnissez-vous avant qu'iver vous fiert Pour cornette ou guidon suivre plustost on doit Les branches d'hierre ou d'if, qui monstrent où l'on boit Par commun proverbe on dit Qu'on congnoit femme à sa cornette Le duc de Savoye alla à icelle place de Ripaille où il print habit de hermite selon l'ordre de saint Morice, c'est à sçavoir grise robbe, long mantel, et chapperon gris et cou…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Littré (1873) — entrée 3
s. f.
Terme de construction. Ferrement qui défend un coin de mur.
Étymologie : Cornet, qui s'est dit dans l'ancien français au sens de coin.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Littré (1873) — entrée 2
s. f.
Un des noms du blé de vache (mélampyre des champs), dit aussi plumelle, queue de renard et rougeole.
Étymologie : Cornet.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Sorte de coiffure dont les femmes se servaient dans leur déshabillé. Cornette à dentelle. Cornette de nuit.
Il désigne aussi la Coiffure de certaines religieuses.
Il signifie, en termes de Marine, Sorte de long pavillon à deux pointes ou cornes, qui est la marque distinctive de l’officier qui commande une division de trois bâtiments au moins. La cornette se hisse à la tête d’un mât comme une flamme.
Il se disait pareillement autrefois de l’étendard d’une compagnie de cavalerie ou de chevau-légers, et du Porte-étendard.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- cornettes — pluriel — /kɔʁnɛtə/
- cornette — singulier — /kɔʁnɛtə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée cornette#18258.