corné · corne

corné

adjectif, /kɔʁne/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens) · 1873 (1 sens) · 1873 (4 sens) — Académie 1935 (1 sens)

Littré (1873) — entrée 1

part. passé

  1. Les chiens cornés par le veneur. Fig. Mauvais propos, cornés dans toute la ville.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 2

part. passé

  1. À quoi on a fait une corne. Carte cornée.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 3

adj.

  1. Qui est de la nature ou qui a l'apparence de la corne. Terme d'anatomie. Tissu corné, nom générique sous lequel on réunit les ongles, les cornes, les sabots.

    La substance cornée de l'ergot [d'un coq] imite assez celle d'une corne — Charles Bonnet (1720-1793)

  2. Terme d'ancienne chimie. Lune cornée, argent corné, le chlorhydrate d'argent.

  3. Pierre cornée, pierre de la nature du jaspe.

  4. Terme de pêche. Harengs cornés, harengs près de frayer, qui deviennent coriaces quand ils ont été mis dans le sel.

Historique : XVIe s. Quant aux masles [boucs] cornés ou escornés

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

adj.

  1. Qui est de la nature de la corne ou Qui a l’apparence de la corne. Substance dure et cornée. Tissu corné, Celui qui forme les ongles.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (4)
  • cornées — pluriel féminin — /kɔʁne/
  • cornés — pluriel masculin — /kɔʁne/
  • cornée — singulier féminin — /kɔʁne/
  • corné — singulier masculin — /kɔʁne/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée corné#18274.

corne

nom, féminin, /kɔʁnə/

Définitions

  1. Excroissance dure et pointue portée sur la tête par certains mammifères.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  2. Matière dure formant ces excroissances, les ongles ou les sabots, utilisée en artisanat.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  3. Épaississement de la peau produit par des frottements répétés.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  4. Instrument d'avertissement sonore, à l'origine fabriqué dans cette matière.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens) · 1873 (14 sens) — Académie 1935 (21 sens)

Littré (1873) — entrée 2

s. f.

  1. Le fruit du cornouiller, dit aussi cornouille.

Étymologie : Voy. CORNOUILLE.

Historique : XIIIe s. Cornes sont froides et sekes ; mais quant eles sont bien meüres, si ne sont pas si froides

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873)

s. f.

  1. Terme d'histoire naturelle. Nom d'éminences coniques et dures qui naissent sur le front des ruminants, sur le nez du rhinocéros. Les bêtes à cornes, les bœufs, les vaches, les chèvres, par opposition aux brebis et aux moutons. Un troupeau de bêtes à cornes. Fig. Attaquer, prendre le taureau par les cornes, entamer une affaire par le côté le plus difficile, et aussi attaquer en face les difficultés. Montrer les cornes, se mettre en état de défense. Lever les cornes, se mettre en état d'agir contre son supérieur. Terme de vétérinaire. Catarrhe des cornes, affection de la membrane muqueuse des sinus frontaux du bœuf, caractérisée par l'inflammation et une sécrétion abondante de mucosités. Fig. Les cornes lui en sont venues à la tête, il en a été tout surpris. Il est aussi étonné que si les cornes lui venaient à la tête, se dit pour exprimer l'étonnement d'un homme pour quelque nouvelle, quelque événement. Faire les cornes à quelqu'un, faire avec les doigts disposés de manière à représenter des cornes, un geste qui est un geste de raillerie et injurieux. On dit aussi dans le même sens : montrer les cornes. Mettre des cornes à un enfant qui ne sait pas ses leçons, qui fait mal ses devoirs, lui placer derrière les oreilles des feuillets de papier roulés en forme de cornes. Fig. Porter des cornes, avoir des cornes, être trompé par sa femme, par allusion sans doute aux cornes, symbole de moquerie.

    Son front large est orné de cornes menaçantes — Jean Racine (1639-1699)

    Un lièvre, apercevant l'ombre de ses oreilles, Craignit que quelque inquisiteur N'allât interpréter à cornes leur longueur, Ne les soutînt en tout à des cornes pareilles — La Fontaine (1621-1695)

  2. Attribut que la mythologie donnait aux représentations des fleuves et aux satyres.

    Qui n'a vu dessous leurs combats Le Pô mettre les cornes bas ? — Malherbe (1555-1628)

  3. Attribut que la légende chrétienne a donné aux diables. Le diable et ses cornes. Fig. Il mangerait le diable et ses cornes, se dit l'un grand mangeur.

    Le Tasse, en donnant des cornes à Satan, l'a rendu presque ridicule — Chateaubriand (1768-1848)

    Voilà qui fut fait, je lui trouvai des cornes [je le trouvai laid] — Mme de Sévigné (1626-1696)

  4. Corne de cerf, le bois du cerf lorsqu'il est employé dans les arts. Terme de vénerie. Corne, la tête du chevreuil. Corne de narval ou de licorne de mer, dont conique, droite et longue de la mâchoire supérieure d'un cétacé. Terme de pathologie. Cornes cutanées, productions morbides qui s'observent chez l'homme, surtout chez les vieillards, à la face, aux mains et aux autres parties du corps habituellement découvertes.

    Qui croirait avilir l'honneur de ses châteaux, Si de cinquante cerfs les cornes menaçantes N'ornaient pompeusement ses portes triomphantes ? — Jacques Delille (1738-1813)

  5. Substance compacte, blanchâtre ou noirâtre, terne ou luisante, dure ou molle, qui revêt ordinairement des parties du corps de certains animaux. La partie dure qui est aux pieds du cheval, de l'âne, etc. Substance cornée. Tabatière, peigne de corne. C'est de la corne, se dit d'une viande qui est dure.

    Voyant son maître en joie, il [l'âne] s'en vient lourdement, Lève une corne tout usée, La lui porte au menton fort amoureusement — La Fontaine (1621-1695)

    L'autre [porte des enfers] est faite de corne, et du sein des lieux sombres Elle donne passage aux véritables ombres — Jacques Delille (1738-1813)

  6. Nom de différents ustensiles. Corne d'amorce, corne de bœuf façonnée en étui et renfermant de la poudre. Terme de jeux. Tenir la corne, avoir les dés et jouer pour son compte. Corne est ici pour cornet. Terme de vétérinaire. Donner un coup de corne à un cheval, le saigner au palais avec une corne de cerf ou de chevreuil dont le bout est pointu et affilé. Il n'a pas besoin qu'on lui donne un coup de corne pour avoir de l'appétit, se dit d'un homme qui mange de grand appétit. Petite palette en corne, dite aussi chausse-pied, dont on se sert pour mettre ses souliers. Instrument à vent, dont se servent les vachers et qui est ordinairement fait d'une corne.

    Les Romains se formaient en bataille aux éclats de la corne et du lituus — Chateaubriand (1768-1848)

  7. Appendice assimilé à une corne. Petites touffes de plumes qui sont sur la tête du duc, sorte d'oiseau de nuit. Éminences pointues que le céraste d'Égypte [serpent] porte au-dessus de chaque œil. Prolongement qui surmonte la tête ou le corselet de divers insectes. Ce cerf-volant a de belles cornes. Pédicules qui supportent les yeux des limaçons. Les limaçons montrent leurs cornes. Terme de botanique. Appendices qui naissent sur la fructification de certains cryptogames. Éperons de certaines fleurs. Terme d'anatomie. Nom de diverses parties plus ou moins saillantes à la surface des organes dont elles dépendent. Les cornes de l'os hyoïde. Les cornes de l'utérus.

    À peine étais-je assis sur une de ces bornes Que deux gros limaçons me présentent les cornes — Boursault (1638-1701)

  8. Terme du langage poétique. Corne d'abondance, corne de la chèvre Amalthée, nourrice de Jupiter, de laquelle il avait voulu, pour récompense, qu'il sortît sans cesse une abondance de toutes sortes de biens. Corne d'or ou d'abondance. On nommait ainsi autrefois le port de Constantinople, parce que le commerce y transportait tous les produits de l'univers.

    Il le dépeignait tenant en main la corne d'abondance — Fénelon (1651-1715)

    D'augustes déités Qui viennent sur les pas de la belle espérance Verser la corne d'or où fleurit l'abondance — André Chénier (1762-1794)

  9. Angle saillant et recourbé comme une corne. Les cornes d'un autel antique. Les cornes de la charrue, nom donné au manche de la charrue, parce qu'il présente en effet deux bâtons qui vont en s'écartant l'un de l'autre comme des cornes. Chapeau à trois cornes, chapeau dont le bord a été relevé en trois parties, de manière à présenter trois pointes ou cornes. Il n'est guère en usage que chez les ecclésiastiques. Dans le chapeau d'ordonnance qu'on nomme souvent à trois cornes par suite d'anciennes habitudes, une des cornes s'est aplatie et a disparu ; il n'en reste vraiment que deux. Corne ducale, bonnet que portait le doge de Venise et qui avait une pointe arrondie sur le derrière. Faire une corne à un livre, y faire une marque en pliant le coin d'une page. Cornes du croissant de la lune, les parties du croissant qui sont tournées vers la région du ciel opposée au soleil. Terme de marine. Corne d'artimon, vergue qui porte la voile du mât de ce nom. Terme de géographie. Sommet anguleux d'une montagne, dit aussi aiguille et dent.

    Nouveau Cincinnatus, on l'a vu [M. Lullin de Châteauvieux] tenir alternativement les rênes du gouvernement et les cornes de la charrue — Charles Bonnet (1720-1793)

    Le capuce et la toque à trois cornes Ont extorqué des hommages sans bornes — Voltaire (1694-1778)

  10. Terme de fortification. Ouvrage à cornes, pièce extérieure, dont la tête est fortifiée de deux demi-bastions, joints par une courtine, et fermés de deux côtés par deux ailes parallèles l'une à l'autre.

    Prendre les dehors du plus bel ouvrage à cornes — Mme de Sévigné (1626-1696)

    C'est la prise d'un ouvrage à cornes — Mme de Sévigné (1626-1696)

  11. Terme d'architecture. Corne d'abaque, encoignure du tailloir des chapiteaux corinthiens. Corne de bélier, ornement qui sert de volute au chapiteau ionique composé. Corne de vache, espèce de voûte, en cône tronqué. Maison corne en coin, maison mal orientée.

  12. Terme de botanique. Corne de cerf, nom vulgaire de la sénebière corne de cerf et du plantain.

  13. Corne d'Ammon, genre de coquillage fossile, en forme de corne de bélier. Voy. AMMON.

  14. Terme de métiers. Éminence qui dépasse le rebord d'un réchaud. Nom de plusieurs outils de tonnelier et de charron. Raie blanche sur la tranche de cuir indiquant qu'il a été mal tanné.

Étymologie : Bourguig. cone ; wallon, coine ; provenç. corn ; espagn. cuerno ; ital. corno ; du latin cornu ; grec, ϰέρας ; allem. Horn. On remarquera dans l'historique, arc de cor : c'est un arc fait de deux cornes reliées par le milieu avec du bois d'if ; que cor puisse provenir de cornu, c'est ce que prouvent les cors du cerf.

Historique : XIIe s. Je dis as mesfaisanz : ne voilez [veuillez] exalcer la corne Si ad enpaint Reinalt qu'ariere rehusa [recula], E le corn del mantel hors des mains li sacha Sedechias, li fiz Chanaa, se fist cornes de fer, si dist.... E Sadoc prist une corne à ulie [huile] del tabernacle, e enuinst à rei Salomun XIIIe s. [La mitre] a deux cornes, dont l'une senefie confession et l'autre satisfacion Jehan le Ermin, qui estoit artillier le roy, ala lors à Damas pour acheter cornes et glus pour faire arbalestres Belin [le bélier] s'esmuet de grant ravine ; Quant vint au leu [loup], ses cornes cline Et Turc …

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Excroissance pointue et dure qui surmonte la tête des ruminants et de quelques autres animaux. Corne de taureau, de vache, de bélier, de daim, de licorne, de narval, de rhinocéros, etc. Un taureau qui donne, qui frappe de la corne. Le bélier heurte de ses cornes. Prendre, saisir, attacher une bête par les cornes. On dit aussi Les cornes du diable.

  2. Il se dit, par extension, des Ouvrages faits en corne. Peigne de corne. Manche de corne.

  3. Il se dit spécialement d’un Instrument à vent, appelé aussi CORNET et ordinairement fait d’une corne. Il se dit aussi de la Moitié d’une corne coupée dans sa longueur et dont on se sert pour relever ou maintenir le quartier d’un soulier.

  4. Bêtes à cornes, se dit seulement des Boeufs des vaches et des chèvres, par opposition aux brebis et aux moutons. Un troupeau de bêtes à cornes.

  5. Fig. et fam., Attaquer le taureau, la bête par les cornes, prendre le boeuf par les cornes, Entamer une affaire par le côté le plus difficile.

  6. Fig. et fam., Montrer les cornes, Se mettre en état de se défendre.

  7. Fig. et fam., Il mangerait le diable et ses cornes, se dit d’un Grand mangeur.

  8. Fig. et fam., Porter les cornes, avoir des cornes, se dit d’un Mari trompé ou d’une Femme dont le mari est infidèle.

  9. Fam., Faire les cornes à quelqu’un, Faire par dérision avec deux doigts un signe qui représente des cornes. Il lui fit les cornes.

  10. Corne d’abondance. Voyez

  11. ABONDANCE.

  12. Corne de cerf, Le bois du cerf, lorsqu’il est employé dans l’industrie. Un couteau emmanché de corne de cerf. De la raclure de corne de cerf. De la gelée de corne de cerf.

  13. Corne-de-cerf, en termes de Botanique, est le Nom de diverses plantes, et particulièrement d’une Variété de Cochléaria, de la famille des Crucifères, dont les feuilles sont divisées à peu près comme le bois du cerf, et aussi d’une Espèce du genre Plantain.

  14. En termes de Conchyliologie, Cornes d’Ammon, Genre de coquilles fossiles qui ressemblent à des cornes de bélier et qu’on nomme plus ordinairement AMMONITES.

  15. En termes d’Anatomie, il se dit de Certaines parties du corps humain qui ressemblent à des cornes. Les cornes de la matrice, du larynx.

  16. Il désigne aussi la Partie dure qui est au pied du cheval, du mulet, de l’âne, etc. Dans ce sens, il ne se dit qu’au singulier. Ce cheval est difficile à ferrer, il a la corne ferme, dure, molle, sujette à s’éclater.

  17. Il se dit, par analogie, de Certaines pointes que les limaçons, quelques serpents et quelques insectes portent sur la tête. Les limaçons montrent leurs cornes, resserrent leurs cornes. Les cerfs-volants ont des cornes.

  18. Il se dit, par extension, des Pointes, des angles saillants que présentent certains objets. Les cornes d’un croissant. Chapeau à cornes. On appelait cornes les crêtes dont étaient surmontés les anciens bonnets carrés. Bonnet à trois cornes, à quatre cornes.

  19. Faire une corne à un livre, à un feuillet, etc., Plier le coin, l’angle d’un feuillet, dans un livre, pour marquer l’endroit qu’on veut retrouver. On dit de même Faire une corne à une carte, etc.

  20. En termes de Fortification, Ouvrage à cornes, Ouvrage avancé hors du corps de la place et qui consiste en une courtine et en deux demi-bastions.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • cornes — pluriel — /kɔʁnə/
  • corne — singulier — /kɔʁnə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée corne#18247.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.