coquin
nom, masculin · /kɔkɛ̃/ ou /kokɛ̃/
Usage : d'usage courant (5.91 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Personne, souvent un enfant, dont les espiègleries amusent sans réelle malice.
Ce petit coquin a caché mes clés pour me taquiner.
Synonymes : polisson, galopin.
« C'est mon coquin de fils qui aura mis la main dessus sans doute »Dancourt (1661-1725)
Vieilli. (vieilli) Personne qui agit avec malhonnêteté, se livrant à des tromperies ou des vols, souvent dans un contexte de ruse ou de fourberie.
Ce coquin a fini en prison pour avoir escroqué ses voisins.
« C'est un bon tour que de faire épouser ma vieille gouvernante au coquin qui fit enlever ma jeune maîtresse »Beaumarchais (1732-1799)
« Tu te trompes, si, avec ce carrosse brillant, ce grand nombre de coquins qui te suivent, et ces six bêtes qui te traînent, tu penses que l'on t'en estime davantage »La Bruyère (1645-1696)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Voir aussi : forme féminine coquine
Grammaire et formes (2)
- coquins : pluriel · /kɔkɛ̃/ ou /kokɛ̃/
- coquin : singulier · /kɔkɛ̃/ ou /kokɛ̃/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 5 sens
s. m. et f.
Celui, celle qui a un caractère bas et fripon. Un lâche. Il a fui comme un coquin. Un paresseux, un valet qui ne sert que de parade et n'a rien à faire.
Grâce pour les grands, grâce pour les coquinsPascal (1623-1662)
Vos patrons qui sont de francs coquinsMme de Sévigné (1626-1696)
S. f. Une coquine, une femme débauchée, une femme qui trompe beaucoup d'amants. Adjectivement. Cette femme est bien coquine.
Dépenser son argent auprès de cette coquine de MiddletonAntoine Hamilton (1646-1720)
Ma femme en ce pays et dans cette figure ! La coquine aura su par quelque ami présent Se faire consoler de son époux absentRegnard (1655-1709)
Terme de colère sans signification déterminée.
Tous les jours le coquin lasse ma patienceRegnard (1655-1709)
Que me vient donc conter cet assuré coquin ?Molière (1622-1673)
Par plaisanterie et pour indiquer seulement ce qu'il peut y avoir de malicieux, de mystérieux. Vous êtes un heureux coquin. Cet enfant est un aimable petit coquin. Ah ! petit coquin, je vous y prends.
La curiosité rend ces coquines de femmes si insinuantesJean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Adjectivement. Métier coquin, métier qui ne donne aucune peine. Vie coquine, vie inoccupée, fainéante. Populairement. Ver coquin, ver solitaire. À coquin honteux plate besace.
Je vous nommerai, quand vous voudrez, vingt belles âmes qui ne sont ni sottes ni coquinesVoltaire (1694-1778)
Étymologie : Bas-lat. coquinus, que l'on dérive de coquus, cuisinier, comme qui dirait marmiton. Cela est très probable. Pourtant Diez se demande si on ne devrait pas le rattacher au scandinave kok, gosier, remarquant, à l'appui, que les autres langues romanes n'ont pas le mot coquin. On a proposé d'y voir un dérivé de coq, comme coquet, seulement avec un sens péjoratif d'ordinaire ; ce qui permettrait d'expliquer que coquin n'a pas toujours un mauvais sens (par exemple, ces coquins d'enfants indique une impatience mêlée d'amour) ; mais les emplois anciens de ce mot ne sont pas favorables à cette conjectur
Historique : XIIe s. Truant estoit, pautonier et coquin XIVe s. Or sont venuz meschans devins, Sorceliers, arquimaus, coquins, Qui vuelent, par art d'invoquer, Sans Dieu les malades saver Les quels jeunes hommes ou chemin trouverent un homme en habit de quoquin Un homme querant et demandant l'aumosne, qui estoit vestuz d'un manteau tout plain de paleteaulx, comme un coquin ou caimant XVe s. Quatre coquins ou au moins gens poures qui queroient et mandioient leur vie Truans coquins qui par feintise Faingent maulx en mainte guise En ces moustiers et font tel presse Qu'a peine y puet [peut] l'en oïr messe Par …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 5 sens
n.
Terme d’injure et de mépris — Celui, celle qui a un caractère vil, qui est capable de friponneries, de vols, d’actions déshonnêtes. Un tour de coquin. Un méchant coquin. Un grand coquin. Avoir affaire à un coquin. On dit, par une sorte d’ironie, C’est un fameux coquin, un plaisant coquin.
Il se dit, dans un sens particulier tant adjectivement que comme nom, d’une Femme débauchée, d’une femme qui trompe beaucoup d’amants. Cette femme est bien coquine.
Il se dit aussi dans la colère, sans qu’on attache à ce mot un sens rigoureusement exact. Tais-toi, coquine! Mon coquin de domestique n’est pas encore de retour. Un coquin de neveu.
Il se dit encore, par plaisanterie, d’un Homme qui a ou qu’on suppose avoir quelque bonne fortune. Vous êtes un heureux coquin.
Il se dit aussi, par amitié, d’un Enfant vif et espiègle. C’est un aimable petit coquin.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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