conversion
nom, féminin, /kɔ̃vɛʁsjɔ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. f.
Action de tourner ; mouvement qui fait tourner. Terme de mécanique. Centre de conversion, point autour duquel un corps, quand il est sollicité au mouvement, tourne ou tend à tourner. Terme de théorie militaire. Changement de front. Quart de conversion, mouvement qui fait tourner la tête de bataillon où était le flanc. Terme de marine. Mouvement circulaire exécuté par un corps de bâtiments évoluants.
Ceux-ci, craignant d'être enveloppés de toutes parts, firent un quart de conversion — Rollin (1661-1741)
Transmutation. La conversion des métaux vils en or. Changement dans la forme. La conversion des écus en pièces de cinq francs, des toises en mètres. Terme de finance. La conversion des rentes, l'élévation ou l'abaissement du taux ancien. Terme de jurisprudence. Changement d'un acte, d'une procédure en une autre. La conversion d'une obligation en rentes, d'un procès civil en un procès criminel. En médecine, conversion des maladies, changement d'une maladie en une autre.
Il est étonnant, il est prodigieux que la vaste étendue de la Pologne n'ait pas déjà cent fois opéré la conversion du gouvernement en despotisme — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Terme de logique. Changement qu'on opère dans les propositions, en faisant du sujet l'attribut et de l'attribut le sujet, et qui est soumis à certaines règles selon que les propositions sont universelles ou particulières, affirmatives ou négatives, si l'on veut que la proposition reste vraie après l'opération. Conversion de proposition, c'est changer le sujet de la proposition en attribut et l'attribut en sujet, sans que la proposition cesse d'être vraie, si elle l'était auparavant, Logique de Port-Royal, 2e partie, ch. 14.
Terme d'arithmétique. Proportion par conversion, comparaison de l'antécédent avec la différence qui est entre l'antécédent et le conséquent, dans chaque rapport. Conversion d'un nombre, autre manière de l'exprimer. Terme d'algèbre. Conversion des équations, expulsion des facteurs ou dénominateurs qui contiennent l'inconnue. Terme d'astronomie. Conversion de degrés, action de convertir les degrés en temps et les temps en degrés.
Action de tirer les âmes hors d'une religion qu'on croit fausse pour les faire entrer dans une religion qu'on croit vraie. Saint Paul fut l'instrument de la conversion des gentils. La conversion de protestants au catholicisme, de catholiques au protestantisme. La conversion au mahométisme de populations noires dans l'intérieur de l'Afrique. Conversion de saint Paul, fête qui se célèbre le 25 janvier. Retour aux pratiques de la religion qu'on négligeait. Par extension, retour à une bonne conduite. La conversion de ce mauvais sujet qui s'est enfin rangé. En un sens encore moins particulier, changement d'avis sur quelque point important.
La mort d'Antiochus digne de son impiété et de son orgueil, sa fausse conversion durant sa dernière maladie, et l'implacable colère de Dieu sur ce roi superbe — Bossuet (1627-1704)
C'est que la conversion du monde ne devait être l'ouvrage ni des philosophes ni même des prophètes ; il était réservé au Christ, et c'était le fruit de sa croix — Bossuet (1627-1704)
Étymologie : Provenç. conversio, coversio ; espagn. conversion ; ital. conversione ; du latin conversionem, de conversum, supin de convertere (voy. CONVERTIR).
Historique : XIIe s. Par droit, chier frere, celebret om ui par tot le munde la conversion saint Pol, ki maistres fut des paiens XIVe s. Si comme sont les conversions et les mouvemens du soleil XVe s. Paris où de nouvel estoit une conversion [troubles], rebellion et murmures contre les nobles, et aussi estoit elle en Flandres pareillement
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Action de changer une chose en une autre chose. Les alchimistes croyaient à la conversion des métaux. Conversion d’un procès civil en procès criminel. La conversion des rentes à cinq pour cent en rentes à trois pour cent.
En termes militaires, il se dit du Mouvement par lequel le front d’une troupe change de direction, en tournant ou pivotant sur l’une de ses extrémités. Conversion de pied ferme. Conversion en marchant. Conversion à droite, à gauche.
Il signifie, en termes de Religion, Changement de croyance ou quelquefois Retour aux pratiques religieuses. Demander à Dieu la conversion des pécheurs, des infidèles, des hérétiques. Il signifie, dans un sens plus large, Retour à une bonne conduite.
Il s’emploie aussi par extension pour exprimer un Changement d’opinions philosophiques ou politiques. Conversion aux doctrines spiritualistes. La conversion aux idées d’un parti politique.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- conversions — pluriel — /kɔ̃vɛʁsjɔ̃/
- conversion — singulier — /kɔ̃vɛʁsjɔ̃/
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