convention
nom, féminin, /kɔ̃vɑ̃sjɔ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (7 sens)
Littré (1873)
s. f.
Terme de droit. Accord de volontés entre deux ou plusieurs personnes. Convention verbale. Convention écrite. Dans toute sorte de conventions. Faire une convention. Être de difficile convention, locution qui s'est dite dans le XVIIe siècle pour : être difficile en affaires. Fig. Au plur. Clauses diverses d'un pacte. Voici quelles ont été nos conventions. Conventions matrimoniales, ou, simplement, conventions, les articles accordés à une femme par contrat de mariage.
Pourquoi veut-on que je tienne, malgré moi, une convention qui s'est faite sans moi ? — Montesquieu (1689-1755)
Quelle convention peut-il y avoir entre Jésus-Christ et Bélial, et comment peut-on accorder le temple de Dieu avec les idoles ? — Bossuet (1627-1704)
Dans le langage général, ce qui est convenu entre les hommes. Terme de beaux-arts. Accord tacite pour admettre certaines fictions ou certains procédés. L'artiste est contraint ou juge bon de recourir à certaines conventions ; le spectateur s'y soumet, remplissant ainsi une condition sans laquelle il ne pourrait éprouver les sensations que l'art est destiné à produire. Le théâtre offre plusieurs conventions de ce genre. Manière fausse de certains artistes qui désignent les objets par des traits ou des couleurs qui ne sont pas celles de la nature, et qui comptent que le spectateur acceptera ces conventions tout arbitraires comme les conventions indispensables à chaque art. Dessin de convention. Couleur de convention. De convention, loc. adv. Qui est admis, mais qui n'est pas réel. Signes, langage de convention. L'or a une valeur réelle et une valeur de convention. Dans beaucoup de pièces de théâtre les paysans parlent un langage de convention. Monnaie de convention, monnaie qui a cours dans plusieurs États d'après une convention de leurs gouvernements.
L'or et l'argent avaient été établis par une convention générale pour être le prix de toutes les marchandises, par la raison que ces métaux étaient rares et inutiles à tout autre usage — Montesquieu (1689-1755)
C'est [la puissance paternelle] de toutes les puissances, celle dont on abuse le moins ; c'est la plus sacrée de toutes les magistratures ; c'est la seule qui ne dépend pas des conventions, et qui les a même précédées — Montesquieu (1689-1755)
Assemblée exceptionnelle des représentants d'un peuple, ayant pour objet d'établir une constitution ou de la modifier. La constitution des États-Unis a été rédigée par une convention. La convention nationale, ou, simplement, la convention, l'assemblée qui mit la France en république en 1792, qui se constitua en septembre, et qui exerça tous les pouvoirs jusqu'au moment où elle les remit au Directoire en octobre 1795. Dans l'histoire d'Angleterre, assemblée extraordinaire du parlement anglais en 1688. Anciennement, conventions royales de Nîmes, juridiction royale qui était établie à Nîmes pour connaître des exécutions faites en vertu des obligations passées dans son ressort.
Le jour où, trouvant la salle qui devait nous rassembler [les états généraux], fermée, hérissée, souillée de baïonnettes, nous courûmes vers le premier lieu qui put nous réunir [le jeu de paume], jurer de périr plutôt que de laisser subsister un tel ordre de choses ; ce jour-là même, si nous n'étions pas convention nationale, nous le sommes devenus — Mirabeau (1749-1791)
... Jusqu'à ce qu'une assemblée qu'il indiqua, composée des deux chambres, eût tout réglé ; elle fut appelée convention, parce qu'il n'y a que le roi qui puisse convoquer un parlement — Raynal (1713-1796)
Étymologie : Provenç et espagn. convencion ; ital. convenzione ; du latin conventionem, de convenire, convenir.
Historique : XVe s. En intention d'estre et se trouver à la convention qui se devoit tenir par l'empereur et les autres princes, pour faire resistance contre le Turc et les Infidelles Environ le mois de juillet, alors que certaine convention et assemblée se tenoit entre la ville de Calais et Gravelinghes XVIe s. À la fin ilz en vindrent aux promesses et conventions de mariage Ce travail [de défrichement] n'est petit, sur tout si le fond est argileux ; car le sablonneux est de plus facile convention [composition]
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Accord, pacte que deux ou plusieurs parties font ensemble. Convention expresse, verbale, par écrit. Ils ont fait une convention entre eux... La convention était que... Je m’en tiens à la convention.
Il se prend aussi pour Clause, condition. Voici quelles ont été nos conventions. Une convention spéciale.
En termes de Jurisprudence, Conventions matrimoniales, ou absolument Conventions, Les articles stipulés entre les époux par le contrat de mariage,
CONVENTIONS, au pluriel, signifie, d’une manière générale, Ce qui est convenu, ce qui résulte d’une sorte de pacte implicite, par opposition à Ce qui résulte des lois mêmes de la nature ou de la force des choses. Les conventions sociales. Il poussait fort loin le respect des conventions.
En termes de Beaux-Arts et de Littérature, il se dit d’une Sorte d’accord tacite par lequel on admet certaines fictions, certains procédés qui s’éloignent de la réalité, mais qui paraissent indispensables pour produire l’effet voulu. Le théâtre ne peut se passer de certaines conventions.
DE CONVENTION signifie adjectivement Qui est conventionnel, qui n’a de valeur, de sens, de réalité que par l’effet de certaines conventions. Signes de convention. Langage de convention. Dans ce peintre, dans ce poète, on ne trouve qu’une nature de convention. La comédie italienne a plusieurs personnages de convention.
CONVENTION se dit de Certaines assemblées nationales formées pour établir une constitution, ou pour la changer, la modifier, etc. Pendant la révolution de 1688, le Parlement d’Angleterre s’était constitué en convention. La Convention nationale, ou simplement La Convention, Assemblée nationale qui se réunit à Paris au mois de septembre 1702 et qui exerça tous les pouvoirs jusqu’en octobre 1795. Les décrets de la Convention.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- conventions — pluriel — /kɔ̃vɑ̃sjɔ̃/
- convention — singulier — /kɔ̃vɑ̃sjɔ̃/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée convention#17942.