convenance

convenance

nom, féminin, /kɔ̃vənɑ̃sə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (5 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Rapport, conformité. Mariage de convenance, mariage où les conjoints se conviennent par rapport à la fortune et à la position.

    Je vous défie, mes pères, d'y trouver ni la moindre apparence d'ambiguïté ni la moindre convenance avec les sentiments de Genève — Pascal (1623-1662)

    Quelle convenance y eut-il entre l'offrande et celui qui la recevait ? — GODEAU

  2. Qualité de ce qui est convenable. Au plur. Bienséance. Observer, respecter, braver, violer les convenances. On dit aussi au singulier : Il a été d'une convenance parfaite. Raisons de convenance, motifs de pure bienséance. Des raisons de convenance m'ont forcé d'agir ainsi. Dans le langage didactique, raisons de convenance, raisons plausibles, mais qui ne sont pas démonstratives. Peu usité maintenant en ce sens. Convenances oratoires, juste rapport entre le style d'un auteur, le langage d'un orateur, et le sujet qu'il traite, ainsi qu'entre les circonstances, le temps, les lieux, les mœurs, les personnes.

    Convenance et clarté, voilà les deux principales qualités de l'élocution — Jean-Jacques Barthélemy (1716-1795)

    Que signifie ce sacrifice des convenances de la nature aux convenances de l'opinion ? — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  3. Commodité particulière. Avoir une chose à sa convenance. Payer la convenance.

    Le caprice, les convenances arrangent et dérangent tout — Marmontel (1723-1799)

Étymologie : Berry, convenance, convention ; provenç. conveniencia, conveniensa, convinensa, covinensa ; espagn. conveniencia ; du latin convenientia, de conveniens, part. présent de convenire (voy. CONVENIR). Convenance dans l'ancienne langue signifiait ce dont on est convenu, convention.

Historique : XIIIe s. Il s'agenoilla tout plorant, et leur jura seur sains que il à bonne foi tenroit les convenances [conventions] Li noms de convenance est generals à touz les marchiez en quoi les parties se consentent Ci define li capitres de compaignie qui se fet par coustume ou par convenance XVe s. Et s'allierent par certaines convenances, que, si l'un des trois pays avoit à faire contre qui que ce soit, les deux autres le devoient aider Mieux vault courtoisie de gré que ne fait convenance [convention, obligation] XVIe s. Il les remunere des benedictions, lesquelles estoyent deuës à l'observation ent…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Conformité, accord d’une chose avec une autre. Ces choses-là n’ont point de convenance l’une avec l’autre, entre elles. Il y a entre ces deux fiancés une parfaite convenance de fortune, de condition. Il y a convenance d’humeur, de caractère, de goût entre ces deux amis.

  2. Mariage de convenance, Mariage où les rapports de naissance, de fortune ont été plus consultés que l’inclination.

  3. Il se prend quelquefois pour Commodité, utilité particulière. Avoir une chose à sa convenance. Avant tout, j’ai dû consulter vos convenances.

  4. Il signifie aussi spécialement Ce qui est conforme aux règles, aux usages de la société, et, alors, on l’emploie très souvent au pluriel. Observer, respecter, braver les convenances. C’est une conduite qui blesse toutes les convenances. Les convenances sociales. Les convenances oratoires.

  5. Raisons de convenance, Raisons de pure bienséance. Des raisons de convenance l’ont forcé d’agir ainsi.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • convenances — pluriel — /kɔ̃vənɑ̃sə/
  • convenance — singulier — /kɔ̃vənɑ̃sə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée convenance#17935.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.