contribution
nom, féminin, /kɔ̃tʁibysjɔ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (6 sens)
Littré (1873)
s. f.
Ce que chacun donne pour sa part dans une charge commune. Il a donné tant pour sa contribution. Contribution au sou la livre, au marc la livre, au marc le franc, la répartition de ce qui doit être payé par chacun proportionnellement à une certaine quotité. L'interprétation de la locution est : contribution d'un sou pour une livre, etc. Terme de pratique. Distribution judiciaire de deniers entre créanciers chirographaires, par opposition à ordre, qui est la distribution de deniers entre créanciers hypothécaires. Terme de commerce maritime. Contribution au jet dans la mer, répartition des pertes et dommages quand un navire a été obligé de jeter à la mer une partie du chargement ou des agrès.
Action de contribuer. Contribution aux charges d'une succession.
Impôt. Contributions directes, les impôts directement établis sur les biens ou sur les personnes. Contributions indirectes, les impôts établis sur les objets de consommation ou sur certaines choses d'un besoin éventuel ; tels sont les droits d'octroi, les droits sur les boissons, sur le tabac, les droits de douane, de timbre, d'enregistrement, etc. Ce qu'on appelle contributions indirectes aujourd'hui était nommé droits réunis sous le régime impérial. Elles sont ainsi dites parce qu'elles n'astreignent le contribuable qu'indirectement et qu'autant qu'il use des choses Contribution personnelle, contribution payée par tous les habitants d'une commune, quel que soit leur sexe ; elle est fixée sur le prix de trois journées de travail. Contributions publiques, nom donné depuis 1790 jusqu'au Directoire au ministère des finances.
Ce qu'on donne à l'ennemi pour se garantir des exécutions militaires. Mettre tout le pays à contribution. Par extension, mettre à contribution, faire contribuer. Quand il s'agit de secourir les malheureux, elle met tous ses amis à contribution. Fig. Mettre à contribution la curiosité publique. Mettre un auteur à contribution, puiser abondamment dans ses ouvrages.
Le général Steinbock se fit donner de force plus qu'il n'avait demandé ; on exigea même de la ville [Dantzick] une contribution de cent mille écus, par laquelle elle paya son refus imprudent [de donner passage aux Suédois] — Voltaire (1694-1778)
Il n'était point d'étang dans tout le voisinage Qu'un cormoran n'eût mis à contribution — La Fontaine (1621-1695)
Étymologie : Provenç. contributio ; espagn. contribucion ; ital. contribuzions ; du latin contributionem, de contribuere, contribuer.
Historique : XIVe s. Quiconques ne povoit payer cest treü [tribut] ou escot ou contribucion XVIe s. À l'adventure falloit il l'accord de huict ou de dix sens, et leur contribution, pour l'appercevoir en son essence Ce moyen, soit qu'il vinst maintenant par les papes, ou par l'authorité des princes, et qu'on l'appellast croisade ou contribution, seroit pourtant necessaire pour aider aux potentats à satisfaire aux despenses Pour persuader un chascun de departir des moyens qu'il avoit pour ceste contribution si necessaire En deconfiture, tous creanciers viennent à contribution au sol la livre sur les meubles …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Ce que chacun donne pour sa part d’une dépense, d’une charge commune. Il se dit surtout en Matière d’impôts. Contribution foncière, mobilière, personnelle, Receveur des contributions. Rôle, registre des contributions. Répartir, percevoir une contribution. Payer les contributions.
Contributions directes, Les impôts nominativement établis sur le contribuable à raison de ses biens acquis ou de sa fortune présumée.
Contributions indirectes, Les impôts établis à raison d’un fait, d’un achat, d’un échange, sans considérer la fortune de la personne qui les paie et qui n’en est frappée qu’indirectement : tels sont les droits d’octroi, de douane, de timbre, d’enregistrement, etc.
Il se dit aussi de Ce que sont forcés de payer ou de donner les habitants d’un pays occupé par l’ennemi pour se garantir du pillage. Lever des contributions sur les vaincus. Mettre tout le pays à contribution.
Par extension et familièrement, Mettre à contribution signifie Faire contribuer de quelque manière à une dépense. Quand il s’agit de secourir des malheureux, elle ne craint point de demander, elle met tous ses amis à contribution. Fig., Il a mis à contribution tous les auteurs qui se sont occupés de cette matière.
Il signifie encore Apport, concours, collaboration à une oeuvre littéraire, scientifique, etc. Ce mémoire est une contribution importante à l’histoire de ce pays.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- contributions — pluriel — /kɔ̃tʁibysjɔ̃/
- contribution — singulier — /kɔ̃tʁibysjɔ̃/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée contribution#17890.