s. m.
Opposition de deux choses, dont l'une sert à faire remarquer l'autre. Contraste d'ombre et de lumière. Le contraste d'une chose avec une autre. Sa vie offre de singuliers contrastes.
Le caractère des Chinois forme un autre mélange qui est en contraste avec le caractère des Espagnols — Montesquieu (1689-1755)
Les différents contrastes qu'offre votre caractère de naturel sans simplicité, de réserve et d'imprudence, contrastes qui viennent en vous du combat de l'art et de la nature — D'Alembert (1717-1783)
Terme de peinture. Variété qui doit être dans les actions, les attitudes et les coloris des figures, d'où résulte plus de force, plus d'agrément et plus de jour. Ce peintre entend bien le contraste. L'art des contrastes, l'art d'imaginer, d'établir des oppositions qui produisent de l'effet.
Bien des peintres sont tombés dans le défaut de mettre des contrastes partout et sans ménagement, de sorte que, lorsqu'on voit une figure, on devine d'abord la disposition de celles d'à côté — Montesquieu (1689-1755)
Terme de littérature. Opposition entre des situations, des discours ou portions de discours. Se dit, dans ce même sens, des oppositions que le musicien établit pour produire de l'effet.
J'aurais aimé à voir le contraste de la tyrannie insolente et du noble orgueil de l'indigence vertueuse — Voltaire (1694-1778)
Les contradictions ne sont pas des contrastes — Jacques Delille (1738-1813)
Terme de physique. Contraste des couleurs, nom de différents états simultanés ou successifs de la rétine produisant les sensations spéciales correspondantes. Contraste simultané, celui dans lequel l'œil voit en même temps deux couleurs contiguës, cas où il les voit le plus dissemblables possible. Contraste successif, celui dans lequel les yeux, ayant regardé pendant un certain temps un ou plusieurs objets colorés, aperçoivent, après avoir cessé de les regarder, des images de ces objets offrant la couleur complémentaire de celle qui est propre à chacun d'eux. Contraste de ton, la modification qui porte sur l'intensité de la couleur, et contraste de couleur, celle qui porte sur la composition optique ou physique de chaque couleur juxtaposée ; c'est-à-dire que, deux couleurs étant juxtaposées, l'œil qui les voit simultanément, voit la foncée plus foncée et la claire plus claire, ce qui est le contraste de ton, et voit tirant sur le violet le rouge qui est à côté du jaune, ce qui est le contraste de couleur.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).