contrasté · contraste

contrasté

adjectif, /kɔ̃tʁaste/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens)

Littré (1873)

part. passé.

  1. Mis en contraste. Des caractères bien contrastés. Des figures bien contrastées.

    Cette impression était contrastée par le souvenir des caresses.... — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

    Qui rendait ces pays étranges si bizarrement contrastés — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (4)
  • contrastées — pluriel féminin — /kɔ̃tʁaste/
  • contrastés — pluriel masculin — /kɔ̃tʁaste/
  • contrastée — singulier féminin — /kɔ̃tʁaste/
  • contrasté — singulier masculin — /kɔ̃tʁaste/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée contrasté#17797.

contraste

nom, masculin, /kɔ̃tʁastə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Opposition de deux choses, dont l'une sert à faire remarquer l'autre. Contraste d'ombre et de lumière. Le contraste d'une chose avec une autre. Sa vie offre de singuliers contrastes.

    Le caractère des Chinois forme un autre mélange qui est en contraste avec le caractère des Espagnols — Montesquieu (1689-1755)

    Les différents contrastes qu'offre votre caractère de naturel sans simplicité, de réserve et d'imprudence, contrastes qui viennent en vous du combat de l'art et de la nature — D'Alembert (1717-1783)

  2. Terme de peinture. Variété qui doit être dans les actions, les attitudes et les coloris des figures, d'où résulte plus de force, plus d'agrément et plus de jour. Ce peintre entend bien le contraste. L'art des contrastes, l'art d'imaginer, d'établir des oppositions qui produisent de l'effet.

    Bien des peintres sont tombés dans le défaut de mettre des contrastes partout et sans ménagement, de sorte que, lorsqu'on voit une figure, on devine d'abord la disposition de celles d'à côté — Montesquieu (1689-1755)

  3. Terme de littérature. Opposition entre des situations, des discours ou portions de discours. Se dit, dans ce même sens, des oppositions que le musicien établit pour produire de l'effet.

    J'aurais aimé à voir le contraste de la tyrannie insolente et du noble orgueil de l'indigence vertueuse — Voltaire (1694-1778)

    Les contradictions ne sont pas des contrastes — Jacques Delille (1738-1813)

  4. Terme de physique. Contraste des couleurs, nom de différents états simultanés ou successifs de la rétine produisant les sensations spéciales correspondantes. Contraste simultané, celui dans lequel l'œil voit en même temps deux couleurs contiguës, cas où il les voit le plus dissemblables possible. Contraste successif, celui dans lequel les yeux, ayant regardé pendant un certain temps un ou plusieurs objets colorés, aperçoivent, après avoir cessé de les regarder, des images de ces objets offrant la couleur complémentaire de celle qui est propre à chacun d'eux. Contraste de ton, la modification qui porte sur l'intensité de la couleur, et contraste de couleur, celle qui porte sur la composition optique ou physique de chaque couleur juxtaposée ; c'est-à-dire que, deux couleurs étant juxtaposées, l'œil qui les voit simultanément, voit la foncée plus foncée et la claire plus claire, ce qui est le contraste de ton, et voit tirant sur le violet le rouge qui est à côté du jaune, ce qui est le contraste de couleur.

Étymologie : Provenç. contrast ; espagn. contraste ; ital. contrasto (voy. CONTRASTER). Contraste au XVIe siècle signifie lutte, débat, combat.

Historique : XVIe s. Cecy ne s'en va pas sans contraste, car plusieurs tiennent que.... Un soir ils espierent de plus près pour un grand contraste [discussion] entre le maistre d'hostel et l'escuyer au chevet du seigneur Il y eut un grand contraste à deviner par où il falloit entamer une besogne si nouvelle Ceux de dedans, descouverts jusques à l'escarpin, le deffendent [l'assaut] avec tel contraste, qu'il ne demeura aux assiegeans que la pointe Il fust receu fort honorablement, sans aucun contraste, ny apparence de reffus Notre volonté s'esguise par le contraste [lutte], se despite contre le desny

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Opposition de choses contraires. Contraste d’ombre et de lumière. Contraste de caractères, de sentiments. Le contraste d’une chose avec une autre, qu’une chose fait ou forme avec une autre. Ces deux choses forment un singulier contraste, sont en contraste. Sa vie offre de grands contrastes. La nature semble se plaire à multiplier les contrastes.

  2. Il se dit particulièrement, en termes de Peinture, de Sculpture, de Littérature et de Musique. Le contraste de deux idées. L’art des contrastes.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • contrastes — pluriel — /kɔ̃tʁastə/
  • contraste — singulier — /kɔ̃tʁastə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée contraste#17795.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.