contrariété

contrariété

nom, féminin, /kɔ̃tʁaʁjete/ ou /kɔ̃tʁaʁjɛte/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. État de choses qui sont contraires. Esprit de contrariété, disposition à contrarier. Divergence d'opinion, débat.

    Combien par là ne voit-on pas de mérites qui, par l'aliénation des cœurs ou par la contrariété des intérêts, bien loin d'attirer la bienveillance et l'amour, excitent plutôt la jalousie et la haine ! — Bourdaloue (1632-1704)

    L'énorme contrariété qui se rencontre entre leur vie et la nôtre — Bourdaloue (1632-1704)

  2. Contradiction.

    Ils accordent les contrariétés qui se rencontrent entre leurs opinions et les décisions des papes — Pascal (1623-1662)

    Ils trouvent de la contrariété dans cette doctrine — Bossuet (1627-1704)

  3. Terme de jurisprudence. Contrariété d'arrêts, opposition entre deux décisions rendues.

  4. Terme de peinture. Contrariété de couleurs, mélange de couleurs rude à la vue.

  5. Obstacle, traverse, empêchement, contre-temps. Si j'ai réussi, ce n'est pas sans beaucoup de contrariétés. Familièrement. Dépit, humeur. Les mauvais propos tenus sur son compte lui ont causé une vive contrariété.

    Et pour vous prévaloir de mes perplexités, Choisissez-vous exprès ces contrariétés ? — Pierre Corneille (1606-1684)

    L'angoisse, le chagrin, les contrariétés, Dans son cœur inquiet tombant de tous côtés, Lui donnent les ennuis et le trouble en partage — Pierre Corneille (1606-1684)

Étymologie : Berry, contralieté ; provenç. contrarietat ; espagn. contrariedad ; ital. contrarietà ; du latin contrarietatem, de contrarius, contraire.

Historique : XIIe s. Li visce en la fin nos perturbent d'aspre contrarieteit Entre ces contrarietez Qui sunt si grantz, cum vos oez, Cume de freidor et d'arson XIIIe s. La contrarieté des viandes Li articles qui est royés et que se conmanche : se nus, et se fine : pour son user, est ainsi corrigiés por les contrarietés qui y furent trouvées S'aucuns fet testament et il ordene, puis le testament fet, le [la] contrarieté de ce qu'il ordena ou laissa en son testament, li testamens est de nule valeur en tel cas Et par ceste contrarieté que noz avons dite, qui n'est pas à recevoir au juge, poez vos veoir, se vo…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Opposition entre des choses contraires. Il ne s’emploie guère qu’au sens moral. Contrariété d’humeurs. Contrariété de desseins, d’opinions, de sentiments.

  2. Il signifie figurément Action de s’opposer aux autres en paroles ou en actes. Il a l’esprit de contrariété.

  3. Il signifie aussi Obstacle qui empêche d’agir d’aboutir, et, en ce sens, il s’emploie souvent au pluriel. Il a éprouvé de grandes contrariétés. Il pleut au moment où je veux sortir, quelle contrariété!

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • contrariétés — pluriel — /kɔ̃tʁaʁjete/ ou /kɔ̃tʁaʁjɛte/
  • contrariété — singulier — /kɔ̃tʁaʁjete/ ou /kɔ̃tʁaʁjɛte/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée contrariété#17793.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.