contraire
adjectif, /kɔ̃tʁɛʁə/
Définitions
Qui s'oppose totalement à quelque chose, qui en est l'inverse.
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Qui s'oppose à une direction, une intention ou un mouvement attendu, en allant dans le sens inverse.
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Défavorable, nuisible à quelqu'un ou à quelque chose.
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Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (11 sens)
Littré (1873)
adj.
Qui est l'opposé de. Le froid et le chaud sont contraires.
Qui est dans une direction opposée. La mer soulevée par des vents contraires. Terme de marine. Vent contraire, celui qui oblige à orienter les voiles au plus près et à courir des bordées. Terme de botanique. Synonyme d'opposé. Terme de conchyliologie. Synonyme de senestre.
Son cœur était comme la mer qui est le jouet de tous les vents contraires — Fénelon (1651-1715)
Qui contrarie, qui combat, qui diffère du tout au tout. Deux arrêts, deux propositions contraires. La preuve contraire est toujours admise. Être contraire à soi-même, avoir des volontés qui se contrarient. Terme de logique. Propositions contraires, celles qui sont opposées dans la qualité seulement ; comme tout homme est mortel, aucun homme n'est mortel. Elles diffèrent des contradictoires qui sont opposées dans la qualité et la quantité : tout homme est mortel, quelque homme n'est pas mortel. Cette dernière proposition est particulière, tandis que les autres sont universelles. Terme de musique. Mouvement contraire, mouvement de deux parties qui marchent ensemble, l'une en montant, l'autre en descendant. Terme de palais. Les parties sont contraires en faits, quand, sur les faits dont on leur permet de faire preuve, elles énoncent des assertions opposées. Terme de droit romain. Action contraire, action qui naît accidentellement d'un fait postérieur au contrat, par opposition à l'action directe qui naît directement du contrat. Le dépositaire, l'emprunteur, le mandataire se faisaient indemniser, au moyen de l'action contraire, des frais ou du tort que leur avait causé l'objet du dépôt, du prêt, du mandat.
Et chacun s'est rangé du contraire parti — Mathurin Régnier (1573-1613)
Et l'inclination jamais n'a démenti Le sang qui t'avait fait du contraire parti — Pierre Corneille (1606-1684)
Nuisible. Le café vous est contraire. Défavorable. Avoir la fortune contraire. C'est un homme qui m'a toujours été contraire.
Je sais par quel motif vous m'êtes si contraire — Pierre Corneille (1606-1684)
Quoi ! se pourrait-il faire Qu'à l'œuvre de ses mains Rome devînt contraire ? — Pierre Corneille (1606-1684)
S. m. L'opposé. La vérité se cache souvent sous les apparences de son contraire. Terme de philosophie. Les contraires, sorte d'opposés, comme le froid et le chaud.
On les considérait [le monde et l'Église] comme deux contraires, comme deux ennemis irréconciliables — Pascal (1623-1662)
Les contraires ne paraissent jamais mieux que lorsqu'on les oppose à leurs contraires — Bourdaloue (1632-1704)
Au contraire de, loc. prépositive. Contrairement à. Aller au contraire d'une chose, s'y opposer, y contredire. Au contraire, tout au contraire, bien au contraire, loc. adv. Tout autrement ; loin de là. Je ne lui suis point opposé ; au contraire, je le sers de tout mon pouvoir.
J'ai jugé au contraire de ce que vous jugez — Pascal (1623-1662)
Le pur amour, au contraire de l'autre, pousse sans cesse l'âme hors d'elle-même dans le sein de Dieu — Fénelon (1651-1715)
Au contraire, réciproquement, vice versa. Terme de pratique. Défenses au contraire, réserve que l'on fait d'alléguer en temps et lieu des raisons contraires aux prétentions d'une autre personne.
Pourquoi les astres circulent-ils d'occident en orient [ce qui est leur mouvement réel] plutôt qu'au contraire ? Ils ont l'hiver quand nous avons l'été, et au contraire — Vaugelas (1585-1650)
Étymologie : Wallon, contrâve ; provenç. contrari ; espagn. et ital. contrario ; du latin contrarius, dérivé de contra, contre.
Historique : XIe s. Je t'en mouvrai un tel si grant contraire [chagrin, peine] XIIe s. Mais prend batisme, je' l te di sans contraire Au Mans [ils] erent [étaient] remès [restés] plein d'ire et de contraire ... Forment vous doit desplaire De ce roi orguillox qui manda tel contraire [chose contrariante] Puis seromes ensemble pour faire au roi contraire XIIIe s. Que trestout leur malices leur retourne à contraire Vous li cuidiés grant bonté faire, Et il vous quiert honte et contraire Vésci Guillaume de Lorris, Cui Jalousie sa contraire Fait tant d'angoisse et de mal traire, Qu'il est en peril de morir Demand…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj. des deux genres
Qui est opposé à quelqu’un ou à quelque chose. Le froid et le chaud sont contraires. Avoir le vent contraire. En sens contraire. Cela est contraire à ce que vous en avez dit. Contraire à la vérité. Cela est contraire à la loi de Dieu, à l’honneur, aux bonnes moeurs.
Il signifie aussi Qui est défavorable, hostile, nuisible. C’est un homme qui m’a toujours été contraire. Ce genre de vie est contraire à sa santé.
En termes de Logique, Propositions contraires, Celles qui énoncent des choses opposées, de manière cependant qu’elles peuvent être fausses toutes deux, quoiqu’elles ne puissent pas être toutes deux vraies, comme : Tout homme est vertueux, tout homme est vicieux.
En termes de Procédure, Les parties sont contraires en faits, Leurs allégations sont tout à fait contradictoires.
Il s’emploie aussi comme nom masculin et signifie Ce qui est opposé. Vous m’avez dit le contraire. Je vois tout le contraire de ce qu’on m’avait promis. Je soutiens le contraire. Je vous prouverai le contraire. Je ne dis pas le contraire. Deux contraires ne peuvent subsister ensemble. Concilier les contraires.
AU CONTRAIRE
loc. adv.
Tout autrement, d’une manière opposée. Vous dites que cela arriva de la sorte, au contraire, il arriva que... Il pense que cela sera ainsi ; pour moi, je crois, au contraire, que... On dit aussi Bien au contraire, tout au contraire.
AU CONTRAIRE DE
loc. prép.
à l’opposé de, d’une façon contraire à. Il s’est enrichi au contraire de son frère, qui a toujours été dans la gêne.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- contraires — pluriel — /kɔ̃tʁɛʁə/
- contraire — singulier — /kɔ̃tʁɛʁə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée contraire#17777.