contradiction

contradiction

nom, féminin, /kɔ̃tʁadiksjɔ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (5 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Action de contredire. Cet avis n'a point éprouvé de contradiction. Esprit de contradiction, disposition à contredire. Par esprit de contradiction. Terme de philosophie. Principe de contradiction, loi de l'intelligence par laquelle nous jugeons faux tout ce qui implique à la fois une chose et son contraire, ou affirmation et négation. Eau de contradiction, eau que Moïse fit jaillir du rocher d'Oreb Terme de droit. Contestation élevée contre un droit ou une prétention. Terme de féodalité. Déclaration par laquelle un tenancier censitaire signifiait au seigneur qu'il méconnaissait sa directe, et qu'il entendait posséder allodialement.

    Son humeur noire lui donnait un esprit de contradiction — Fénelon (1651-1715)

    Quelle que soit la pente ou l'inclination Dont l'eau par sa course l'emporte [le corps d'une femme noyée], L'esprit de contradiction L'aura fait flotter d'autre sorte — La Fontaine (1621-1695)

  2. Action de se contredire. Les contradictions de cet accusé l'ont perdu.

    Il n'y a aucune erreur qui ne tombe en contradiction par quelque endroit — Bossuet (1627-1704)

    Cette séparation implique contradiction — Bossuet (1627-1704)

  3. Opposition à un sentiment, à une doctrine, à un obstacle.

    En suscitant des obstacles et des contradictions à leur vertu [des élus], ils [les impies] couronnent leur persévérance — Massillon (1663-1742)

    Portant au dedans de nous une contradiction éternelle à la loi de Dieu — Massillon (1663-1742)

Étymologie : Provenç. contradicio ; espagn. contradiccion ; ital. contradizione ; du latin contradictionem, de contradicere, contredire.

Historique : XIIe s. Tu defendras els, en tun tabernacle, de la contradictiun des langues XIVe s. Et ce seroit contradittion, car il y seroit et n'y seroit pas ; et c'est impossible XVe s. Et qu'on le paye sans contradicion XVIe s. Les philosophes ont jadis fort curieusement disputé du souverain bien, et en ont debattu avec grande contradiction Dioscorus y presidoit sans contradiction, comme de droit J'apporte à mes jeux une extreme contradiction [répugnance] à tromper Combien nous sentons de contradiction en nostre jugement mesme Par une ridicule contradiction Il y a des gens qui ont un esprit de contradi…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Action de contredire quelqu’un. Il n’aime pas la contradiction.

  2. Esprit de contradiction, Disposition à contredire sans cesse. Il a l’esprit de contradiction. Il se rend insupportable par son esprit de contradiction.

  3. Il signifie encore Action de se contredire. Il est sans cesse en contradiction avec lui-même. Votre défense n’est qu’un tissu de contradictions.

  4. Il signifie, par extension, Opposition vive à quelqu’un, à quelque chose. Cette proposition a été acceptée sans contradiction. Les contradictions ne l’ont point rebuté.

  5. Il signifie également Opposition, incompatibilité entre deux ou plusieurs choses, ou entre les éléments d’une même chose. être et n’être pas implique contradiction. Il y a contradiction entre ces deux propositions. Cette contradiction n’est qu’apparente.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • contradictions — pluriel — /kɔ̃tʁadiksjɔ̃/
  • contradiction — singulier — /kɔ̃tʁadiksjɔ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée contradiction#17768.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.