s. m.
Récit, rapport, et, particulièrement, récit de quelque anecdote, de quelque aventure. Un bon conte. Il sait des contes de toute sorte. Il fait un conte mieux qu'homme du monde. Familièrement. Quel conte me faites-vous avec vos dépenses ? c'est-à-dire, que me parlez-vous de dépenses ? c'est-à-dire encore, vous me parlez de dépenses qui ne sont pas réelles ou auxquelles je ne veux pas prendre part.
Tu fais après cela des contes superflus — Pierre Corneille (1606-1684)
J'ai une démangeaison naturelle à faire part des contes que je sais — Molière (1622-1673)
Récit d'aventures merveilleuses ou autres, fait en vue d'amuser. Les contes de fées. Les contes de Perrault. Contes bleus, contes de fées et autres récits de ce genre, ainsi dits parce qu'ils étaient d'ordinaire couverts d'un papier bleu ; et par extension, récits imaginaires, raisons sans fondement, billevesées. Récit où une aventure plus ou moins libre est racontée. Conte gras, conte graveleux.
On fait en Italie un conte assez plaisant — Mathurin Régnier (1573-1613)
Boccace en fait certain conte pour rire — La Fontaine (1621-1695)
Par extension, discours ou récit mensonger, peu vraisemblable et auquel on ne croit pas. Faire des contes, dire des choses qui sont sans fondement. On dit en ce sens : conte de bonne femme, conte borgne, conte à dormir debout, conte de vieille, conte d'enfant, conte de ma mère l'oie, conte de ou à la cigogne, conte de peau d'âne. Conte en l'air, mensonge, duperie. Voilà un beau conte, de beaux contes ! se dit pour exprimer qu'on n'ajoute aucune foi aux récits, aux paroles de quelqu'un. Conte fait à plaisir, récit inventé de toute pièce.
Jugez par là combien ce conte est ridicule — Pierre Corneille (1606-1684)
Certes, ma sœur, le conte est fait avec adresse — Pierre Corneille (1606-1684)
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).