conte
nom, masculin · /kɔ̃tə/
Usage : fréquent (14 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Récit court d'aventures imaginaires ou merveilleuses, destiné à distraire.
Ma grand-mère nous racontait un conte avant de nous endormir.
« Nargue des vertus ! On n'en sait que faire ; Aux sots revêtus Le tout est de plaire ; De ses contes bleus L'honneur nous assomme »Béranger (1780-1857)
« Dans ces diverses cosmogonies, on est placé entre des contes d'enfants et des abstractions de philosophes »Chateaubriand (1768-1848)
Familier. Familier, souvent au pluriel. Histoire mensongère ou invraisemblable à laquelle on ne peut croire : ce sont des contes que tout cela.
Tout cela, ce sont des contes : ne l'écoute pas.
Synonyme : baliverne.
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : conte de fées
Grammaire et formes (2)
- contes : pluriel · /kɔ̃tə/
- conte : singulier · /kɔ̃tə/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 3 sens
s. m.
Récit, rapport, et, particulièrement, récit de quelque anecdote, de quelque aventure. Un bon conte. Il sait des contes de toute sorte. Il fait un conte mieux qu'homme du monde. Familièrement. Quel conte me faites-vous avec vos dépenses ? c'est-à-dire, que me parlez-vous de dépenses ? c'est-à-dire encore, vous me parlez de dépenses qui ne sont pas réelles ou auxquelles je ne veux pas prendre part.
Tu fais après cela des contes superflusPierre Corneille (1606-1684)
J'ai une démangeaison naturelle à faire part des contes que je saisMolière (1622-1673)
Récit d'aventures merveilleuses ou autres, fait en vue d'amuser. Les contes de fées. Les contes de Perrault. Contes bleus, contes de fées et autres récits de ce genre, ainsi dits parce qu'ils étaient d'ordinaire couverts d'un papier bleu ; et par extension, récits imaginaires, raisons sans fondement, billevesées. Récit où une aventure plus ou moins libre est racontée. Conte gras, conte graveleux.
On fait en Italie un conte assez plaisantMathurin Régnier (1573-1613)
Boccace en fait certain conte pour rireLa Fontaine (1621-1695)
Par extension, discours ou récit mensonger, peu vraisemblable et auquel on ne croit pas. Faire des contes, dire des choses qui sont sans fondement. On dit en ce sens : conte de bonne femme, conte borgne, conte à dormir debout, conte de vieille, conte d'enfant, conte de ma mère l'oie, conte de ou à la cigogne, conte de peau d'âne. Conte en l'air, mensonge, duperie. Voilà un beau conte, de beaux contes ! se dit pour exprimer qu'on n'ajoute aucune foi aux récits, aux paroles de quelqu'un. Conte fait à plaisir, récit inventé de toute pièce.
Jugez par là combien ce conte est ridiculePierre Corneille (1606-1684)
Certes, ma sœur, le conte est fait avec adressePierre Corneille (1606-1684)
Étymologie : Provenç. conte, comte ; espagn. cuento ; ital. conto (voy. CONTER).
Historique : XIIe s. Ne sont que trois matieres [de poëme] à nul home entendant, De France, de Bretaigne et de Rome la grant ; Li conte de Bretaigne sont si voir et plaisant XIIIe s. Encor est-il [Artus] de tel renom, Que l'en conte de li les contes Et devant rois et devant contes XVe s. Pourquoi vous feroie-je long conte ? XVIe s. Le conte dict que Psammenitus.... Les enfants sçavent le conte du roy Croesus à ce propos Tu te fondes sur les contes des medecins Il y en a qui estiment que ce sont toutes fables, et comptes faicts à plaisir Un conte attire l'autre
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 4 sens
n. m.
Court récit d’aventures imaginaires, soit qu’elles aient de la vraisemblance ou qu’il s’y mêle du merveilleux. Contes de fées. Les contes arabes. Les contes de Boccace, de La Fontaine, etc. Les contes de nos anciens auteurs. Contes en vers. Contes en prose. Dire, réciter un conte. Un conte divertissant, agréable, ennuyeux, etc. Un vieux conte. Ce n’est pas une histoire véritable, c’est un conte.
Fam., Conte de bonne femme, conte de vieille, contes d’enfants, contes de ma Mère l’Oie, conte de Peau-d’âne, conte à dormir debout, conte bleu, Fables dépourvues de toute vraisemblance, telles que sont celles dont les vieilles gens entretiennent et amusent les enfants.
Il se dit aussi familièrement des Histoires plaisantes, vraies ou fausses, que l’on dit pour amuser, railler, médire, etc. C’est un conte fort plaisant. Un mauvais conte. C’est un grand faiseur de contes. N’écoutez pas cet homme, ce qu’il vous dit n’est qu’un conte fait à plaisir. Ce n’est qu’un conte en l’air. Ironiquement, Voilà un beau conte, de beaux contes!
Fam., Conte gras, Conte licencieux.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée conte#17653.