constance
nom, féminin, /kɔ̃stɑ̃sə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
s. f.
Force morale par laquelle on garde l'empire sur soi-même. Avoir la constance de, être assez ferme pour, et aussi assez dur pour. Par extension, insensibilité.
Si la constance admirable avec laquelle cette princesse a soutenu ces calamités, ne surpassait de bien loin les crimes qui les ont causées — Bossuet (1627-1704)
Nous croyons souvent avoir de la constance dans les malheurs, lorsque nous n'avons que de l'abattement ; et nous les souffrons sans oser les regarder, comme les poltrons se laissent tuer de peur de se défendre — LAROCHEF.
Persévérance, stabilité dans les goûts. Travailler avec constance.
Ce sont des affections qui nous inspirent des constances inébranlables — Bernardin de Saint-Pierre (1737-1814)
Durée de l'affection, surtout en parlant de l'amour.
Exemple infortuné d'une longue constance — Jean Racine (1639-1699)
La constance en amour est une inconstance perpétuelle, qui fait que notre cœur s'attache successivement à toutes les qualités de la personne que nous aimons — LAROCHEF.
Étymologie : Provenç. et espagn. constancia ; ital. costanza ; du latin constantia (voy. CONSTANT).
Historique : XIVe s. Quand le roi se vit pris, si dit par grant constance : C'est Jehan de Valois, non pas le roi de France, Complainte sur la bataille de Poitiers XVIe s. Tout cela se faict pour gaigner cet advantage d'avoir faict force à leur constance [courage] Ces deux erreurs peuvent souffrir de la constance [persister]
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Fermeté de l’âme qui lui permet de résister aux choses capables de l’ébranler, telles que la douleur, l’adversité, les tourments, etc. Inébranlable constance. Montrer, témoigner de la constance contre la douleur. Souffrir, endurer avec constance. Rien ne peut ébranler sa constance. La fortune a exercé, a éprouvé la constance de ce philosophe.
Il signifie aussi Persévérance. Il a poursuivi ce dessein avec beaucoup de constance. Il faut qu’il ait eu bien de la constance pour ne point se lasser pendant un si long temps. Travailler avec constance. Aimer avec constance. La constance de son amour, de son amitié. Il n’a point de constance en amour.
Il s’emploie quelquefois avec une nuance d’ironie. Il faut que vous ayez bien de la constance pour supporter tant de caprices. Depuis une heure que vous attendez, vous avez de la constance.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- constances — pluriel — /kɔ̃stɑ̃sə/
- constance — singulier — /kɔ̃stɑ̃sə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée constance#17547.