consolation
nom, féminin, /kɔ̃sɔlasjɔ̃/ ou /kɔ̃solasjɔ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (6 sens)
Littré (1873)
s. f.
Allégement de ce qui peine. Être privé de consolation. Écrire une lettre de consolation. J'ai de la consolation à penser que vous prenez part à mes peines.
À un si grand malheur que le mien, il ne fallait pas une moindre consolation que celle que vous m'avez donnée — Voiture (1597-1648)
Ce fut un grand bonheur pour moi de recevoir tant de consolation — Voiture (1597-1648)
Sujet de satisfaction ou d'allégement de peine. C'est une grande consolation pour un père de voir ses enfants se porter au bien.
Ses maladies lui ôtèrent la consolation qu'elle avait tant désirée, d'accomplir ses premiers desseins et de pouvoir achever ses jours sous la discipline de Sainte-Fare — Bossuet (1627-1704)
Quand on rampe dans un petit coin de notre Occident et quand on n'a que deux jours à vivre, c'est une consolation de laisser promener ses idées dans l'antiquité et à six mille lieues de son trou — Voltaire (1694-1778)
Raisons que l'on emploie pour consoler quelqu'un. Adresser, recevoir des consolations. Titre de quelques ouvrages de philosophie morale. Les Consolations de Boèce.
Ma consolation vous serait superflue — Pierre Corneille (1606-1684)
Les consolations indiscrètes ne font qu'aigrir les violentes afflictions — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
La personne ou la chose même qui peut consoler.
Les malheureux dont elle fait la consolation — Mme de Sévigné (1626-1696)
Vous serez ma consolation dans cette solitude — Fénelon (1651-1715)
Terme de jeu de cartes. Fiche de consolation, celle que l'on donne en surcroît de bénéfice. Fig. Fiche de consolation, dédommagement, adoucissement. On l'a envoyé en province, mais, pour fiche de consolation, on a augmenté son traitement. Populairement. Débits de consolation, nom qu'on donne, par dérision, aux cabarets où l'on débite de l'eau-de-vie aux gens du peuple.
Étymologie : Provenç. consolation ; espagn. consolacion ; ital. consolazione ; du latin consolationem, de consolari, consoler. Consolation, signifiant en termes de jeu les fiches de surcroît que l'on donne à celui qui gagne, vient du sens qu'a eu jadis consolation, celui de réjouissance.
Historique : XIIe s. Les tues consolatiuns esledecerent [réjouirent] la meie aneme [âme] XIVe s. Or ont li cristien, à leur maleïchon, Dedens Jherusalem, en consolation, Couronné comme roy Godefroy de Buillon XVe s. Si se continua toute celle semaine en grand consolation [réjouissance], et se continuerent les festes XVIe s. Ces promesses pleines de singuliere consolation Une consolation commune me desconsole et m'attendrit
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Soulagement donné à l’affliction, à la douleur, au déplaisir de quelqu’un. Donner, apporter de la consolation. Recevoir de la consolation. Un grand sujet de consolation. être sans consolation. Elle n’eut pas, avant de mourir, la consolation de revoir son fils.
Il se dit aussi d’un Véritable sujet de satisfaction et de joie. C’est une grande consolation pour un père de voir ses enfants réussir dans leur carrière.
Il se dit également des Discours, des raisons que l’on emploie pour consoler quelqu’un ; et, dans ce sens, il se met fort souvent au pluriel. Adresser des consolations à quelqu’un. Recevoir des consolations. Repousser les consolations de ses amis. Les consolations de l’amitié. C’est parmi vous que j’irai chercher des consolations. Les consolations spirituelles. C’est une triste consolation que vous me donnez là.
Il se dit encore quelquefois de la Chose ou de la Personne même qui console. La philosophie est sa consolation, sa seule consolation. Vous êtes toute ma consolation. Elle est le soutien et la consolation de ma vieillesse.
Fiche de consolation. Voyez
FICHE.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- consolations — pluriel — /kɔ̃sɔlasjɔ̃/ ou /kɔ̃solasjɔ̃/
- consolation — singulier — /kɔ̃sɔlasjɔ̃/ ou /kɔ̃solasjɔ̃/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée consolation#17503.