conjuration
nom, féminin, /kɔ̃ʒyʁasjɔ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873)
s. f.
Complot contre le prince ou l'État.
Elle accusa Narbal d'être entré dans une conjuration contre Pygmalion — Fénelon (1651-1715)
Dites que tout cela ne se fit pas à l'instigation de la Renaudie en suite des résolutions de cette assemblée ; dites encore que la Renaudie, huguenot lui-même, ne fut pas établi par les huguenots et par leur chef pour être le conducteur de la conjuration d'Amboise, qui éclata quelques mois après — Bossuet (1627-1704)
Par extension, ligue, cabale.
Comment résister à une si forte et si générale conjuration ? On n'aurait encore obtenu qu'une partie de ce qu'on peut espérer d'une conjuration d'hommes éclairés en faveur du progrès des sciences — Condorcet (1743-1794)
En langage ecclésiastique, exorcisme ou cérémonie pour chasser l'esprit malin et d'autres choses nuisibles.
Paroles de sortilége. Le magicien commença ses conjurations.
Platof [général des cosaques] a dit lui-même qu'à cette affaire un officier fut blessé près de lui, ce qui le surprit peu ; mais qu'il n'en fit pas moins fustiger devant tous ses cosaques le sorcier qui l'accompagnait, l'accusant hautement de paresse pour n'avoir pas détourné les balles par ses conjurations, comme il en était expressément chargé — Philippe-Paul de Ségur (1780-1873)
Au pluriel, prières instantes, avec protestations, promesses. Ses sanglots et ses conjurations ne purent le fléchir.
À Rome, serment de mourir pour la patrie, que prêtait solennellement le peuple assemblé.
Étymologie : Provenç. conjuration ; espagn. conjuracion ; ital. congiurazione ; du latin conjurationem, de conjurare, conjurer. La formation régulière est conjuraison ou conjuroison, comme dans les plus anciens textes, la finale latine atio se changeant en aison ou oison, comme dans oraison, raison, etc. L'ancien français avait aussi conjur et conjurement.
Historique : XIIe s. E cume Absalon fist le sacrefise, ces ki od lui furent firent cunjureisun encuntre David Pur ço que vus avez fait cunjureisun encuntre mei, e nuls n'est ki rien me vuille acuinter XVe s. Pour aucunes conspirations, monopoles et conjuroisons longtemps apensées et contrepensées XVIe s. Pompeius eut recours à l'amitié, ou, pour parler plus rondement, à la conspiration et conjuration de Crassus et de Caesar
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Conspiration, complot contre l’état par plusieurs personnes qui se sont prêté serment de fidélité. Tramer une conjuration. Découvrir une conjuration. Tous ceux qui entrèrent dans la conjuration. La conjuration d’Amboise.
Par extension, il signifie Concours de plusieurs personnes ou de plusieurs choses à une action commune. La conjuration des mécontents. La conjuration des éléments.
Il se dit aussi des Paroles, des cérémonies par lesquelles des magiciens prétendaient conjurer les démons, la peste, l’orage, etc. Après avoir tracé un cercle autour de lui, il commença ses conjurations. Dans ce sens et dans les deux suivants, il s’emploie presque toujours au pluriel.
Il signifie encore Exorcisme, prière pour éloigner le démon. On fit des conjurations avec pompe.
Il se dit encore par extension pour Instante prière. Ses sanglots et ses conjurations ne purent le fléchir.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- conjurations — pluriel — /kɔ̃ʒyʁasjɔ̃/
- conjuration — singulier — /kɔ̃ʒyʁasjɔ̃/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée conjuration#17369.