s. m.
Libération temporaire ou définitive d'un service quelconque, d'une fonction. Dans le langage militaire, la durée légale du service militaire. Mon congé finit dans six mois. Il a fait deux congés. Pour les militaires, acte qui permet de quitter le service ou de s'absenter temporairement du corps. Avoir son congé. Obtenir un congé de semestre. Pour les fonctionnaires, pour les professeurs, permission de s'absenter. Un congé de convalescence. Dans la marine, espèce de passe-port dont doit se munir un capitaine pour aller en mer. Dans l'ancienne législation, certificat qu'un garçon ou compagnon était tenu de prendre du maître qu'il quittait.
On voit Régulus demander son congé au sénat — Bossuet (1627-1704)
N'allez point de nouveau faire courir aux armes Un athlète tout prêt à prendre son congé — Boileau (1636-1711)
Terme de collége. Intervalle de temps pendant lequel les classes sont suspendues durant l'année scolaire. Un congé de deux jours. Un jour de congé.
Pour porter son préfet [d'études] à lui donner congé — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Permission, autorisation. Se marier sans le congé de ses parents.
Je ne puis plus rien que par votre congé — Pierre Corneille (1606-1684)
Le secret est à vous et je serais ingrat, Si sans votre congé j'osais en faire éclat — Pierre Corneille (1606-1684)
Permis donné par l'administration des contributions indirectes pour le transport d'une marchandise qui a payé les droits. On peut expédier le vin ; voici le congé.
Séparation d'avec une personne. Audience de congé, audience qu'un ambassadeur obtient avant son départ. Prendre congé, aller avant de partir saluer les personnes à qui on doit du respect et prendre leurs ordres, ou, simplement, faire ses adieux. Fig. Prendre congé, renoncer à.
Elle m'a donné congé, d'un cœur déjà tout détaché de la terre — Mme de Sévigné (1626-1696)
J'abandonne Byzance et prends congé de vous — Pierre Corneille (1606-1684)
Terme de droit. Acte par lequel un propriétaire ou un locataire signifie qu'une location cesse. Donner, recevoir congé. Accepter le congé. Congé faute de plaider, ou défaut congé, jugement par défaut que le défendeur obtient à l'audience contre le demandeur qui ne se présente pas. Anciennement, congé de cour, renvoi de la demande. Terme d'eaux et forêts. Congé de cour, sentence de décharge délivrée à des adjudicataires.
Sortie d'une personne à gages hors de condition. Ce domestique a demandé son congé. Par extension. Donner à quelqu'un son congé, cesser de le recevoir, ne pas accueillir ses prétentions. Ce jeune homme recherchait une telle jeune fille, mais les parents lui ont donné son congé. Prendre son congé, se retirer, s'éloigner.
L'on me donne aujourd'hui mon congé — Molière (1622-1673)
Il avait donné congé à sa maîtresse — Antoine Hamilton (1646-1720)
Terme d'architecture. Nom de quarts de rond creux, qui font raccordement entre le fût d'une colonne et la ceinture. Transition entre une moulure et un parement. Outil de menuisier qui sert à former cette moulure. Terme de serrurerie. Espèce de renfort évidé. Pour boire de l'eau et coucher dehors, on ne demande congé à personne.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).