congé
nom, masculin · /kɔ̃ʒe/
Usage : fréquent (21 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Autorisation de s'absenter temporairement de son travail ou de ses obligations, ainsi que la période correspondante.
Elle a pris un congé de deux semaines en août.
« Pour porter son préfet [d'études] à lui donner congé »Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Période de suspension des cours dans un établissement scolaire.
Les congés de la Toussaint commencent vendredi soir.
Synonyme : vacances.
« Rustic eût dû donner congé.... à semblable écolière »La Fontaine (1621-1695)
Notification par laquelle on met fin à un contrat, en particulier le renvoi d'un employé ou d'un domestique : donner son congé à un employé.
Le patron a signifié son congé à la gouvernante.
Synonyme : renvoi.
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : prendre congé · signifier son congé à quelqu'un
Grammaire et formes (2)
- congés : pluriel · /kɔ̃ʒe/
- congé : singulier · /kɔ̃ʒe/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 8 sens
s. m.
Libération temporaire ou définitive d'un service quelconque, d'une fonction. Dans le langage militaire, la durée légale du service militaire. Mon congé finit dans six mois. Il a fait deux congés. Pour les militaires, acte qui permet de quitter le service ou de s'absenter temporairement du corps. Avoir son congé. Obtenir un congé de semestre. Pour les fonctionnaires, pour les professeurs, permission de s'absenter. Un congé de convalescence. Dans la marine, espèce de passe-port dont doit se munir un capitaine pour aller en mer. Dans l'ancienne législation, certificat qu'un garçon ou compagnon était tenu de prendre du maître qu'il quittait.
On voit Régulus demander son congé au sénatBossuet (1627-1704)
N'allez point de nouveau faire courir aux armes Un athlète tout prêt à prendre son congéBoileau (1636-1711)
Terme de collége. Intervalle de temps pendant lequel les classes sont suspendues durant l'année scolaire. Un congé de deux jours. Un jour de congé.
Pour porter son préfet [d'études] à lui donner congéJean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Permission, autorisation. Se marier sans le congé de ses parents.
Je ne puis plus rien que par votre congéPierre Corneille (1606-1684)
Le secret est à vous et je serais ingrat, Si sans votre congé j'osais en faire éclatPierre Corneille (1606-1684)
Permis donné par l'administration des contributions indirectes pour le transport d'une marchandise qui a payé les droits. On peut expédier le vin ; voici le congé.
Séparation d'avec une personne. Audience de congé, audience qu'un ambassadeur obtient avant son départ. Prendre congé, aller avant de partir saluer les personnes à qui on doit du respect et prendre leurs ordres, ou, simplement, faire ses adieux. Fig. Prendre congé, renoncer à.
Elle m'a donné congé, d'un cœur déjà tout détaché de la terreMme de Sévigné (1626-1696)
J'abandonne Byzance et prends congé de vousPierre Corneille (1606-1684)
Terme de droit. Acte par lequel un propriétaire ou un locataire signifie qu'une location cesse. Donner, recevoir congé. Accepter le congé. Congé faute de plaider, ou défaut congé, jugement par défaut que le défendeur obtient à l'audience contre le demandeur qui ne se présente pas. Anciennement, congé de cour, renvoi de la demande. Terme d'eaux et forêts. Congé de cour, sentence de décharge délivrée à des adjudicataires.
Sortie d'une personne à gages hors de condition. Ce domestique a demandé son congé. Par extension. Donner à quelqu'un son congé, cesser de le recevoir, ne pas accueillir ses prétentions. Ce jeune homme recherchait une telle jeune fille, mais les parents lui ont donné son congé. Prendre son congé, se retirer, s'éloigner.
L'on me donne aujourd'hui mon congéMolière (1622-1673)
Il avait donné congé à sa maîtresseAntoine Hamilton (1646-1720)
Terme d'architecture. Nom de quarts de rond creux, qui font raccordement entre le fût d'une colonne et la ceinture. Transition entre une moulure et un parement. Outil de menuisier qui sert à former cette moulure. Terme de serrurerie. Espèce de renfort évidé. Pour boire de l'eau et coucher dehors, on ne demande congé à personne.
Étymologie : Wallon, cangî ; provenç. comjat, conjat ; catal. comiat ; ital. congedo ; du latin commeatus, de commeare, aller, s'en aller, passer, de cum, et meare, aller (voy. MÉAT) ; l'e ou l'i se changeant en j dans ces sortes de mots : somniare, songer, serviens, sergent, etc.
Historique : XIe s. E s'il passe la devise [règle] sans le congé à la justice.... Sire, dist Guenes, donez mei le cungied Prenent conget, à cel mot s'en tornerent XIIe s. Congié [permission] [je] demande à Guibor l'honorée Je n'ai congié que plus raison [je] vous die Et comment Conviendra-il qu'à la fin congié [je] prenne ? Et s'il ne fust de remanoir viltance Et reproche, j'alasse demander à ma dame congié de demeurer Senz le congié le rei ne deüst nuls duner Iglise en tut sun fiu.... XIIIe s. Dont pristrent li message congié à l'empereour Kyrzac Congié [elle] a pris du roy, si prent à souspirer Et grant …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 10 sens
n. m.
Permission d’aller, de venir, de s’absenter, de se retirer. Congé de convalescence. être en congé. Accorder un congé de huit jours. Ce député a demandé un congé à la Chambre, pour cause de maladie. Cet employé a obtenu un congé de huit jours.
Il se dit particulièrement en parlant d’un Domestique qui demande à se retirer tout à fait ou que son maître renvoie, et, dans ce sens, on l’emploie assez ordinairement avec l’adjectif possessif. Un domestique qui demande son congé. Son maître lui a donné congé, son congé.
Fig. et fam., Donner à quelqu’un son congé, lui donner congé, lui signifier son congé, Lui déclarer ou lui faire connaître qu’il doit se retirer pour ne plus revenir, qu’il doit se désister de quelque chose. Il allait librement dans cette maison, mais depuis peu on lui a donné son congé. Il recherchait cette jeune fille en mariage, mais on lui a donné son congé, il a eu son congé. J’ai pris mon congé, sans attendre qu’on me le donnât.
Il signifie de plus Exemption générale de classe ou de cours qu’on accorde aux écoliers ou aux étudiants pendant l’année scolaire. Jours de congé. Les élèves ont eu congé. C’est demain congé. Les congés de Noël, de Pâques.
Il signifie aussi simplement Permission, autorisation. Se marier sans le congé de ses parents.
En termes de Contributions indirectes, il signifie Permission de transporter la marchandise dont les droits ont été acquittés. On peut expédier ce vin, voici le congé.
En termes de Procédure, Congé faute de plaider, Défaut que le défendeur obtient à l’audience contre le demandeur qui ne se présente pas pour soutenir sa cause.
Prendre congé signifie aussi Aller, avant de partir, saluer les personnes à qui l’on doit du respect et prendre leurs ordres. Il part pour une mission à l’étranger et il a déjà pris congé du ministre, ou simplement Il a pris congé. Il se dit également en parlant des Adieux que l’on fait à ses amis, aux personnes de sa connaissance, quand on s’éloigne d’elles pour quelque temps. Il part dans deux jours, et il est allé prendre congé de ses amis. Je vais prendre congé d’eux.
Audience de congé, Dernière audience publique qu’un ambassadeur obtient avant son départ. Cet ambassadeur a eu, a pris son audience de congé.
Il se dit encore de l’Acte, écrit ou verbal, par lequel le propriétaire ou le principal locataire d’une maison, d’une ferme, etc., signifie à un locataire ou fermier qu’il ait à vider les lieux dans un certain temps. Ce propriétaire a donné congé à son fermier, à son locataire. Recevoir congé. On le dit également d’un Locataire à l’égard du propriétaire ou du principal locataire. Il a donné congé à son propriétaire.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée congé#17316.