conception

conception

nom, féminin, /kɔ̃sɛpsjɔ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Terme de physiologie. Action par laquelle les animaux sont formés dans le sein de la mère. Chacun a en soi, dès sa conception, la cause qui le détruit. Se dit au sens actif, de la mère qui a conçu : la conception de la mère ; et au sens passif, de l'enfant qui a été conçu : la conception de l'enfant.

  2. Terme de théologie. L'immaculée conception, l'opération par laquelle la Vierge fut conçue dans le sein de sa mère sans la tache du péché originel, opinion récemment élevée au rang de dogme, et qui, durant le moyen âge, avait été combattue ardemment par les dominicains et soutenue ardemment par les franciscains. La Conception, fête de la Conception de la Vierge. L'Église célèbre aujourd'hui la Conception. Filles de la Conception, ordre religieux de filles, d'abord sous la règle de Cîteaux, ensuite sous celle de Ste-Claire.

  3. Terme de philosophie. Faculté de comprendre les choses. Avoir la conception facile, lente. État de l'intelligence qui fait apercevoir certains rapports entre les idées et les objets auxquelles elles se rapportent. Dans le langage de l'école écossaise, simple appréhension d'un objet par l'intelligence.

    Sa conception était d'autant plus vive et plus nette que, son enfance n'ayant point été chargée des inutilités et des sottises qui accablent la nôtre, les choses entraient dans sa cervelle sans nuage — Voltaire (1694-1778)

  4. Par extension, création de l'esprit. Cet ouvrage est une des plus belles conceptions de l'esprit humain.

    Les conceptions de vos lettres sont fortes — Guez de Balzac (1597-1654)

    Les conceptions de vos lettres sont conformes au sens commun de ceux qui ont le jugement relevé — Guez de Balzac (1597-1654)

Étymologie : Provenç. conceptio ; espagn. concepcion ; ital. concezione ; du latin conceptionem, de conceptum, supin de concipere (voy. CONCEVOIR). L'ancien français disait concevement.

Historique : XIVe s. Convient arester leur male conception et voulenté XVIe s. Zenobia ne recevoit son mary que pour une charge ; et cela faict, elle le laissoit courir tout le temps de sa conception [grossesse] Cela surpasse la conception et le desir mesme de la philosophie Mes conceptions et mon jugement ne marche qu'à tastons Soubs une si vile forme, nous n'eussions jamais choisi [aperçu] la noblesse et splendeur de ses conceptions admirables [de Socrate] Son parler semblablement, pour les bonnes conceptions et les beaux discours qu'il contenoit, estoit plein de très utile et salutaire instruction

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Action par laquelle un enfant est conçu dans le sein de sa mère. Au temps de la conception de l’enfant. Depuis la conception jusqu’à l’enfantement. La fête de la Conception de la Sainte Vierge, ou simplement de la Conception. L’Immaculée Conception.

  2. Il se dit figurément de la Faculté de comprendre et de concevoir les choses. Il a la conception vive, facile, lente.

  3. Il se dit également des Pensées que l’esprit enfante et, en général, de Ce que l’intelligence crée, produit. Conception hardie, originale. Voilà une plaisante conception. Cet ouvrage est une des plus belles conceptions de l’esprit humain. Se faire une conception personnelle de telle ou telle chose.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • conceptions — pluriel — /kɔ̃sɛpsjɔ̃/
  • conception — singulier — /kɔ̃sɛpsjɔ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée conception#16949.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.