comptoir

comptoir

nom, masculin, /kɔ̃twaʁ/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Table petite ou grande sur laquelle le marchand compte son argent et où il l'enferme, et sur laquelle il fait voir la marchandise qu'on lui demande à acheter. Demoiselle, dame de comptoir, demoiselle, dame qui est assise au comptoir et qui y travaille et répond aux chalands. Dans une grande maison de commerce, l'endroit où se font les recettes. Fig. Passer sa vie derrière un comptoir, vivre obscurément dans les affaires du petit commerce.

    La chambre, bien cadenassée, Permettait de laisser l'argent sur le comptoir — La Fontaine (1621-1695)

  2. Bureau général de commerce, établi en différentes localités de l'Inde ou de l'Afrique et ailleurs pour différentes nations de l'Europe.

    Venise avait eu des comptoirs autrefois sur les bords du Tanaïs — Voltaire (1694-1778)

  3. Établissement secondaire d'une maison de commerce, de banque. Comptoir de la banque, succursale de la banque de France dans les principales villes de province. Comptoir national d'escompte, sorte de banque créée pour aider le commerce par l'escompte de ses effets.

    Le buisson, le canard et la chauve-souris, Voyant tous trois qu'en leur pays Ils faisaient petite fortune, Vont trafiquer au loin, et font bourse commune ; Ils avaient des comptoirs, des facteurs, des agents — La Fontaine (1621-1695)

Étymologie : Compter.

Historique : XIVe s. Aucuns siens serviteurs lui avoient rapporté que ilz l'avoient veu furiller et aler autour le dit comptouoir XVe s. Après entrer je le voye En ung comptouer qu'il avoit Le dit petit enfant au comptoir [bureau] estant où notre clerc escrivoit XVIe s. Ces deux aiderent à le porter [le mari] jusques dans sa chambre, où une foulle de parens et de voisins accourans, le roi fut reduit dans le contouer accompagné de son second Il falut ouvrir la porte, cacher les trois compagnons dans un comptoir M. Le Coq, procureur en cour d'Eglise, en serrant certains papiers qui estoient sur son contoir

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Sorte de bureau ou de table longue et étroite sur laquelle le marchand comptait autrefois l’argent et où maintenant le vendeur étale la marchandise. Demoiselle, dame de comptoir, Demoiselle ou Dame qui est mise au comptoir pour recevoir l’argent ou servir l’acheteur. Le comptoir du marchand de vin, Où il débite le vin.

  2. Il se disait, en termes de Commerce et de Banque, du Lieu où travaillent les commis, où se font et se reçoivent les paiements, etc. C’est ainsi qu’on dit encore Comptoir d’escompte. On dit plutôt aujourd’hui Bureau. Il se dit également du Bureau général de commerce d’une nation en pays étranger. Les Hollandais ont plusieurs comptoirs dans les Indes. Plusieurs des nations de l’Europe ont des comptoirs en Asie.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • comptoirs — pluriel — /kɔ̃twaʁ/
  • comptoir — singulier — /kɔ̃twaʁ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée comptoir#16886.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.