compliment
nom, masculin, /kɔ̃plimɑ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (10 sens)
Littré (1873)
s. m.
Discours solennel adressé à une personne revêtue d'une autorité. Toutes les compagnies allèrent faire compliment au gouverneur. Petit discours en prose ou en vers qu'on fait apprendre à un enfant pour une fête.
Paroles de civilité adressées à quelqu'un de vive voix ou par lettre, au sujet d'un événement heureux ou malheureux qui le touche ou d'une visite qu'on lui doit. Compliment de remercîment, de félicitation, de condoléance, d'amitié. Allez le voir, il attend votre compliment. Compliment bien troussé. Tourner un compliment, l'arranger d'une façon agréable. Faire compliment à quelqu'un de, le louer de. Par ironie. Je vous en fais mon compliment, se dit à quelqu'un qui a fait une maladresse, une faute. Familièrement, rengaîner son compliment, revenir sur un éloge ou sur l'intention qu'on avait de donner son approbation, et, en général sur ce qu'on avait dit ou avancé.
Je veux que l'on soit homme, et qu'en toute rencontre Le fond de notre cœur dans nos discours se montre, Que ce soit lui qui parle et que nos sentiments Ne se masquent jamais sous de vains compliments — Molière (1622-1673)
On vous en devait bien au moins un compliment — Molière (1622-1673)
Au plur. Paroles de civilité. Terme de civilité qu'on emploie pour se rappeler au souvenir de quelqu'un. Paroles cérémonieuses. Laissons là les compliments. Pas tant de compliments et venons au fait. Trêve de compliments, s'il vous plaît. Au singulier. Sans compliment franchement, sans flatterie.
Rien n'est si inutile qu'une lettre de compliments — Voltaire (1694-1778)
Il vous fait mille et mille compliments — Mme de Sévigné (1626-1696)
Vaines paroles, vaines promesses. Il vous fait des offres de service, mais c'est pur compliment.
Par antiphrase, paroles désobligeantes, mauvaise nouvelle. Voilà un sot compliment. On ne peut faire un plus mauvais compliment.
Comme vous refusez d'épouser ma sœur après la parole donnée, je crois que vous ne trouverez pas mauvais le petit compliment que je viens vous faire [proposition de duel] — Molière (1622-1673)
Hé ! monsieur, rengaînez ce compliment, je vous prie — Molière (1622-1673)
Étymologie : Provenç. complimen ; catal. cumpliment ; espagn. cumplimiento ; portug. cumprimento ; ital. compimento. Le mot signifie, proprement, achèvement, terme, perfection, et de là, par une transition qui se conçoit, parole qui remplit, qui satisfait, compliment. Compliment est le substantif verbal dérivé de l'ancien verbe complir, tandis que complément dérive directement du latin complementum.
Historique : XVIe s. Ce n'est pas assez que vous vous contentiez de faire et accomplir toutes ces choses bonnes et generalement les autres qui regardent le compliment [accomplissement] de vos actions
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Paroles de civilité, obligeantes, flatteuses, par lesquelles on témoigne à quelqu’un le respect, l’affection, l’estime qu’on a pour lui, ou la part que l’on prend à ce qui lui arrive. Compliment sincère. Compliment affectueux. Compliment de remerciement. Compliment de félicitation. Formules de compliments. Compliment bien tourné, mal tourné. Faire compliment à quelqu’un. Je vous fais compliment de votre bonne santé. Je lui fis compliment sur son mariage, sur son retour. Il en reçoit les compliments. Des compliments à perte de vue.
On dit aussi Compliments de condoléance, pour marquer la Part qu’on prend à la perte que quelqu’un a faite.
Il s’emploie aussi comme simple terme de civilité pour se rappeler au souvenir de quelqu’un. Il m’a chargé de vous faire mille compliments. Mes compliments à M. un tel.
Je vous en fais mon compliment, se dit quelquefois, familièrement et par ironie, à celui qui a fait une faute, une maladresse. Vous lui avez dit tout juste ce qui pouvait vous nuire, je vous en fais mon compliment.
Fig. et fam., Rengainer son compliment, Supprimer ou ne pas achever ce qu’on avait envie de dire. Il rengaina son compliment. Rengainez votre compliment.
Il se dit aussi des Paroles désobligeantes ou injurieuses ; mais alors il est toujours accompagné d’une épithète qui indique le sens détourné qu’on lui donne. Vous lui avez fait là un mauvais compliment. Voilà un fâcheux compliment. Il m’est venu faire un étrange compliment, un sot compliment. On dit de même, ironiquement, Voilà un joli compliment, un compliment très flatteur, etc.
Fam., Ne faisons point de compliments ; laissons là les compliments ; trêve de compliments, sans compliment, s’il vous plaît ; point de compliments, etc., Façons de parler dont on se sert pour engager une personne à être moins cérémonieuse.
Sans compliment signifie aussi Franchement, ouvertement, sans flatterie. Voulez- vous que je vous parle sans compliment, sans tant de compliments? Je vous dis, sans compliment, que votre ouvrage est fort bon.
Il est quelquefois opposé à l’Intention réelle, aux promesses effectives. Il vous fait des offres de service, c’est pour compliment. Tout cela se passera, s’est passé en compliments.
Il se dit également d’un Petit discours en vers ou en prose qu’on fait réciter ou présenter par un enfant à son père, à sa mère, ou à quelque autre personne, le jour de leur fête ou le premier jour de l’an, pour les complimenter. Apprendre, réciter un compliment. Un recueil de compliments.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- compliments — pluriel — /kɔ̃plimɑ̃/
- compliment — singulier — /kɔ̃plimɑ̃/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée compliment#16786.