compagnon
nom, masculin, /kɔ̃paɲɔ̃/
Définitions
Personne qui accompagne, qui partage une activité avec une autre.
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Homme qui vit en couple avec une personne sans être marié avec elle.
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Ouvrier qualifié ayant achevé son apprentissage dans un métier.
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Voir aussi : forme féminine compagnonne
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (10 sens)
Littré (1873)
s. m.
Celui qui accompagne une autre personne, qui est associé à elle. Se dit des religieux qui habitent ou qui marchent ensemble. Un moine ne doit point sortir de son couvent sans que son supérieur lui donne un compagnon. Fig. Compagnon de la mate, s'est dit pour filou, voleur.
Mais de qui savez-vous un désastre si grand ? - Des compagnons d'Araspe et d'Araspe mourant — Pierre Corneille (1606-1684)
Gouvernez, si vous pouvez, tout seul les affaires, administrez la justice sans compagnons — Guez de Balzac (1597-1654)
Camarade.
Il pouvait, sans sortir, contenter son envie, Avec ses compagnons tout le jour badiner, Sauter, courir, se promener — La Fontaine (1621-1695)
Collègue, confrère. Compagnons d'armes, gens qui font la guerre ensemble.
Le notaire : Moi ! si j'allais, madame, accorder vos demandes, Je me ferais siffler de tous mes compagnons — Molière (1622-1673)
Il appelle ses compagnons de guerre — La Bruyère (1645-1696)
Un égal. Il ne peut souffrir ni compagnon ni maître. En compagnons, sans cérémonie et comme il convient entre camarades. Familièrement. Traiter quelqu'un de pair à compagnon, d'égal à égal.
Je vous supplie, dit-il, vivons en compagnons — Mathurin Régnier (1573-1613)
C'était un gros homme frais, rustre, très volontiers brutal, pair et compagnon avec tout le monde — Saint-Simon (1675-1755)
Autrefois, garçon qui, ayant fait son apprentissage en quelque métier et n'ayant pas le moyen de se faire passer maître, allait servir et travailler chez les autres. Aujourd'hui, ouvrier qui a fini son apprentissage mais qui travaille pour un entrepreneur ou un autre ouvrier jouant le rôle d'entrepreneur. De simple compagnon, il est devenu chef d'atelier. Parmi les maçons, compagnon se dit, entre deux ouvriers, de celui qui aide à l'autre. Dans la typographie, nom que se donnent ceux qui travaillent à une même presse. Compagnons de rivière, ceux qui travaillent sur les ports à décharger et à serrer les marchandises. Ouvrier membre d'une société de compagnonnage. Les compagnons du Devoir. La mère des compagnons, femme qui héberge, aux frais d'une société de compagnons, ceux des membres qui sont en voyage. Travailler à dépêche compagnon, travailler vite et négligemment. C'est un ouvrage fait à dépêche compagnon. Se battre à dépêche compagnon, se battre à outrance, sans dessein de s'épargner.
Il a des compagnons qui travaillent sous lui — La Bruyère (1645-1696)
Homme gaillard, vif, résolu, galant. C'est un compagnon. Être bon compagnon, aimer le vin, la bonne chère, les plaisirs, ne pas reculer devant les dangers. Faire le compagnon, faire l'entendu. C'est un hardi compagnon, c'est un homme déterminé. On a dit de même : il est gentil compagnon ; c'est un gentil compagnon. C'est un dangereux compagnon, c'est un homme capable de faire de mauvais coups. C'est un petit compagnon, c'est un homme sans importance. Qui a compagnon a maître, c'est-à-dire on ne fait rien sans le communiquer, quand on est lié de quelque manière avec une personne ; on est souvent obligé de céder aux volontés des personnes avec qui on est associé.
En son temps aux souris le compagnon chassa — La Fontaine (1621-1695)
Henri IV était bon compagnon, J'ai ouï dire que vous avez été autrefois un bon compagnon — Molière (1622-1673)
Étymologie : Bourguig. compaignon ; provenç. companh, compain, compenh, companho ; anc. espagn. compaño ; ital. compagno, compagnone. Si l'on examine les plus anciens textes rapportés dans l'historique, on y voit que compain est toujours employé comme nominatif, et compagnon comme régime ; de même, dans le provençal, companh est le nominatif, et compagno, le régime ; une telle formation suppose nécessairement un mot dont l'accent se déplace, compánio, companiónem, qui vient de cum, avec, et panis, pain (voy. PAIN) : celui qui mange le même pain. Cette étymologie serait, si elle en avait besoin, confirmée p
Historique : XIe s. Ne Oliver, por ce qu'est sis cumpainz L'arere-garde des douze cumpaignons XIIe s. Joste lui fu ses compaing Olivers Li conpaignon après lui vont siguant [suivant] Si 'n apela [ainsi en apela] Rolant son conpagnon S'il ne vient ci o cent mil compeignons Dorenavant serons nous conpeignon Onques teurtre qui pert son compaignon Ne fut un jour de [que] moi plus esbahie La fu morz Oliviers et ses compainz Rolanz Laienz entra Thomas od mult poi conpaignuns Compagnon d'armes avons esté set ans XIIIe s. Il et si compaignon la laisserent fuïr Quant cil de Melans virent morir leur compaignon Ainsi…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Celui qui est habituellement avec un autre, qui fait avec lui la même chose. Compagnon d’école, d’étude, de fortune, de gloire. Compagnon de voyage. C’est un agréable compagnon, un fâcheux compagnon. Il a deux compagnons préférés.
Il se dit figurément des Choses qui en accompagnent d’autres, qui s’y trouvent ordinairement jointes. L’esprit n’est pas toujours compagnon du bon sens.
Prov. et fig., Qui a compagnon a maître, On est souvent obligé de céder aux volontés de ses associés, des personnes avec qui l’on vit.
Compagnons d’armes se disait anciennement des Chevaliers qui avaient fait ensemble amitié particulière, avec protestation de ne se quitter jamais. Il se dit encore de Ceux qui ont fait la guerre ensemble.
Il signifie quelquefois égal. C’est un homme qui ne peut souffrir ni compagnon ni maître. Traiter, vivre de pair à compagnon, Traiter d’égal avec familiarité.
Un bon compagnon se dit encore d’un Homme qui est gaillard, drôle, éveillé. Il fait le bon compagnon.
Fam., C’est un hardi compagnon, Il est homme d’exécution et déterminé.
Fam., C’est un petit compagnon, se dit d’un Homme qui fait pauvre figure.
Il désigne aussi un Apprenti qui travaille auprès d’un ouvrier plus expérimenté.
Il se dit plus particulièrement des Artisans qui font partie d’une société de gens de métier. Compagnons du Tour de France.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- compagnons — pluriel — /kɔ̃paɲɔ̃/
- compagnon — singulier — /kɔ̃paɲɔ̃/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée compagnon#16694.