commère

commère

nom, féminin, /kɔmɛʁə/ ou /komɛʁə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (7 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Celle qui a tenu un enfant sur les fonts baptismaux, avec un compère ; ce qui crée entre eux une parenté spirituelle.

    Il s'avisa de me prier de lui tenir un enfant, et me donna Mme Coccelli pour commère — J.-J. ROUSS.

    Quelques-uns osaient douter que le pape pût déposer un roi, pour avoir épousé sa commère ou sa parente au 7e degré — Voltaire (1694-1778)

  2. Terme d'amitié, donné surtout entre voisins et gens qui se voient très souvent. Compères et commères.

    Ma commère, quand je danse, Mon cotillon va-t-il bien ?

  3. Par extension, nom donné aux animaux qui ont de grands rapports entre eux.

    Que ferai-je, lui dit-elle [l'ourse], ma bonne commère [la corneille], de ce petit monstre [son petit] ? — Fénelon (1651-1715)

    L'onde était transparente ainsi qu'aux plus beaux jours : Ma commère la carpe y faisait mille tours Avec le brochet son compère — La Fontaine (1621-1695)

  4. Emploi de ce terme avec quelques qualités ou défauts considérés surtout comme très habituels et de tous les instants. Une méchante commère. Une bonne commère. Commère dolente, personne qui se plaint toujours. Femme bavarde et médisante. Propos de commère. Par extension. Cet homme est une vraie commère. C'est une bonne commère, une fine commère, une maîtresse commère, c'est une femme de tête qui ne s'intimide pas facilement. On dit dans le même sens : quelle commère ! Tout se fait ou tout va par compère et par commère, c'est-à-dire tout se fait par faveur et protection.

    Et maintenant je suis ma commére dolente — Molière (1622-1673)

    Heureux l'écot où la commère Apportait sa pinte et son verre ! — Béranger (1780-1857)

Étymologie : Saintonge, coumère ; Berry, coumère, femme en couches ; provenç. comaire ; catal. comare ; espagn. comadre ; ital. comare, comadre ; de co, et mère, parce que la marraine de l'enfant, étant considérée comme sa mère spirituelle, et chargée de le guider et de le secourir en cas de mort de la mère naturelle, était mère en même temps que celle-ci.

Historique : XIIIe s. Ce doit cascuns savoir que nus ne doit espouser cele qui li apartient de lignage, ne se [sa] commere, de quel enfant que ce soit XIVe s. Et s'il est que desconfis soies Et que tes gens mors et pris voies, Jà soit ce que li cuer t'en vueille, Garde que ton œil ne s'en meuille : Car c'est maniere de commere, Qui doit plourer l'ame sa mere XVe s. Ils les reputent folz et chetifz, et dient que ce ne sont que commeres et gens de neant Quant la diablesse vit le chevalier en tel poinct, elle luy escria d'une voix forsennée : Va-t'en, que ne soyes desmembrés ; es-tu une commere ou ung portier…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. La marraine d’un enfant, par rapport tant au parrain qu’au père et à la mère de l’enfant.

  2. Il se dit aussi familièrement d’une Femme de basse condition, qui veut savoir toutes les nouvelles du quartier et qui parle de tout à tort et à travers. C’est une commère, une vraie commère, une franche commère.

  3. Il se dit, par extension, de Toute autre femme, de quelque condition qu’elle soit, qui a le même défaut. On peut même quelquefois l’appliquer aux hommes. Cet homme est une vraie commère.

  4. Il s’emploie aussi comme une appellation familière, entre gens du peuple qui ont des relations fréquentes. Que dites-vous, ma commère?

  5. Fam., C’est une commère, une fine commère, une maîtresse commère, C’est une femme qui a de la tête, une femme hardie, que rien ne rebute.

  6. Il se dit aussi, en termes de Théâtre, d’Un des deux personnages principaux d’une Revue. Voyez

  7. COMPÈRE.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • commères — pluriel — /kɔmɛʁə/ ou /komɛʁə/
  • commère — singulier — /kɔmɛʁə/ ou /komɛʁə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée commère#16681.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.